Italie : au service du système, le président fait du blocage

Le peuple italien, ayant balayé lors des élections législatives du 4 mars 2018 les représentants politiques du système en place, se voit désormais confronté à une série d’attaques et de mesures d’évitement orchestrées par la presse internationale, des politiciens étrangers, l’Union européenne et le président de la République Sergio Mattarella.

Ce dernier a réalisé une carrière politique au sein de l’ancien système. Il a été membre de la Démocratie chrétienne jusqu’à la disparition de cette formation politique à la suite de l’effondrement de ce qui est appelé de manière informelle la « Première République » (1948-1994), conséquence de l’Opération Mains propres qui a conduit à de nombreuses mises en examen de politiciens du régime. Sergio Mattarella a ensuite adhéré à des partis centristes héritiers de la Démocratie chrétienne avant de se retrouver au sein du Parti Démocrate de centre-gauche.

Il a été élu en janvier 2015 président de la République, après que le Premier ministre de l’époque et homme fort du Parti Démocrate Matteo Renzi avait indiqué sa préférence pour cet ancien ministre et vice-Premier ministre.

Mattarella, survivant de l’ancienne époque, tente désormais de mettre au pas le futur gouvernement italien réunissant le parti antisystème M5S et la Ligue. Un rapport de force est engagé entre d’une part sa personne et l’institution qu’il représente et d’autre part les dirigeants des deux partis, Luigi Di Maio et Matteo Salvini.

Après que Mattarella a imposé au futur Premier ministre Giuseppe Conte une déclaration confirmant la vocation européenne du pays, son appartenance à l’OTAN et le désir de rester dans l’euro, il bloque le nom proposé par la Ligue du futur ministre des Finances, l’eurosceptique Savona.

Ancien ministre du Commerce et de l’Industrie, Paolo Savona, âgé de 81 ans, bénéficie d’une grande expérience dans le domaine économique. Il a été le président de différentes banques.

Savona dénonce l’euro en tant que « cage allemande » pour l’Italie.

Il déclare : « Les difficultés de l’Europe sont dues aux élites qui la dirigent : elles disent s’occuper du peuple mais elles ne s’occupent que d’elles-mêmes. »

Ce conflit entre le président et les deux partis de gouvernement risque de laisser des traces dans le fonctionnement institutionnel du pays, car si le président Mattarella est chargé d’assurer le respect de la Constitution, il n’a pas à rejeter la nomination d’un ministre parce que ce dernier développe des thèses qui ne lui conviennent pas car non-conformes à la ligne idéologique prônée par l’establishment et les institutions internationales et aux intérêts de la haute finance.

Mattarella doit rester l’arbitre du jeu politique et ne pas descendre dans l’arène afin d’y jouer le rôle qui est celui dévolu aux partis d’opposition au sein des deux chambres.

Mais il faut bien constater que lorsque les intérêts fondamentaux du système en place sont en jeu, les règles ont tendance à être modifiées, comme cela a été le cas en Grèce et en Italie lors de la crise de la dette dans la zone euro, ou en 2000, voire en 2017, en Autriche où des élus du parti patriotique FPÖ se sont vus refuser par la présidence de la République l’accès à des postes de ministre car leur ligne idéologique n’a pas l’heur de convenir au système.

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