Editoriaux - Table - 12 mai 2018

Hidalgo et le Sangatte parisien : chronique d’un désastre annoncé

Anne Hidalgo ne cesse d’améliorer son record d’hypocrisie politicienne sur la question des clandestins qui s’agglutinent à Paris.

Elle actionne depuis des années la pompe aspirante en multipliant les déclarations sirupeuses et larmoyantes et en incitant ces migrants, principalement mus par des considérations économiques, à s’installer dans un centre d’hébergement en forme de grosse bulle qu’elle ouvrait porte de la Chapelle.

Mais la coupe était pleine et la bulle, en piteux état, a éclaté. Les communes de banlieue à qui elle renvoyait discrètement les clandestins, une fois les caméras parties, n’en peuvent plus. Les migrants s’agglutinent donc désormais autour des canaux, près du périphérique et dans les squares du Nord parisien.

Hidalgo fait semblant de n’être en rien responsable et n’a plus de solution à proposer. Elle fait son show devant les caméras et stigmatise l’État ainsi que les affreux « populistes ». Sa dernière trouvaille : une lettre ouverte à Édouard Philippe.

Mais les phillipards modernes n’y peuvent plus grand-chose, si tant est que la tentation macronienne ne soit de laisser Hidalgo croupir dans la mouise qu’elle a suscitée.

Hidalgo a d’abord appelé, en avril dernier, l’État à « mettre à l’abri », selon son vocabulaire pseudo-compassionnel, plus de 2.000 migrants installés sur des campements « indignes » de la capitale, promettant de se rendre chaque vendredi porte de la Villette pour garder « visible » une situation « inacceptable ».

« On voit réapparaître des campements dans Paris, avec 1.500 personnes porte de la Villette, 800 sur le canal Saint-Martin… » dans le nord-est de Paris, a-t-elle fait semblant de déplorer dans un entretien à l’AFP, quelques jours après la fermeture du « centre de premier accueil » qui servait de « sas » aux migrants depuis novembre 2016.

Et elle a, au passage, remis une couche de défaitisme migratoire en déclarant :

On peut toujours porter un message de fermeté, dire “On va renvoyer tous les dublinés”. Mais ce message n’est pas réaliste. Ça ne se passe pas du tout comme ça.

Bref, il faudrait, selon elle, continuer de subir et chouiner pour que l’État dépense ensuite des dizaines de millions en structures d’accueil qui seront autant de nouvelles pompes aspirantes, celles que la ville de Paris ne peut plus payer.

Rappelons qu’Hidalgo a, par son attitude même, mis en place ces aspirateurs à migrants dans Paris. Le centre pour réfugiés inauguré avec cellule d’accueil dans une bulle gonflable en novembre 2016, à proximité de la porte de la Chapelle, au 70, boulevard Ney dans le XVIIIe arrondissement, comptait d’abord 400 lits, puis rapidement 600.

Évidemment, le baratin qui voulait que « les migrants aient vocation à rester cinq à dix jours dans le centre » n’a pas résisté aux réalités. L’engorgement quasi immédiat a été synonyme de débordement, d’autant qu’Hidalgo, jamais à cours de démagogie, avait posé l’accueil inconditionnel comme principe à l’entrée.

Les camps sauvages ont donc rapidement ressurgi, les évacuations aussi, et tout cela coûte cher. Le seul centre du XVIIIe revenait à environ 8,6 millions d’euros annuels en frais de fonctionnement, dont 7,24 millions pour l’État. Et les locaux se sont immédiatement dégradés. La situation était donc ingérable et il a fallu fermer les lieux. Pas étonnant que l’État en ait assez des promesses inconsidérées d’Hidalgo.

Aujourd’hui, le système est au bord de l’explosion et des milliers de clandestins vont essaimer en plusieurs petits Sangatte parisiens. Le maire de Paris, nourrice autoproclamée de tous ces pauvres hères (souvent possesseurs d’iPhone et autres Samsung, quand même…), va donc continuer de larmoyer et tenter de faire porter aux autres le chapeau de son incompétence et de ses mensonges.

La vie va être merveilleuse dans les arrondissements du nord de Paris !

À moins qu’Hidalgo, aidée par Macron et sous l’influence directe du communiste Brossat, ne parvienne à créer, selon le dernier état de son ambition, une sorte de ville de clandestins dans le bois de Boulogne, une jungle dans un jardin, une agglomération entre Neuilly, Auteuil et Passy, un ghetto dans le ghetto, un rêve islamo-gauchiste enfin réalisé.

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