Economie - Editoriaux - Environnement - 5 octobre 2018

Environnement et économies d’énergie : le bidon de la voiture électrique

Le Mondial de l’auto s’est ouvert en grandes pompes (encore à essence), ce jeudi 4 octobre. L’automobile, avec ou sans plomb, essence ou diesel, électrique ou hybride, est une vache à lait. La preuve : si l’on en croit le dernier rapport de la Cour des comptes sur le sujet, jamais les infractions routières n’ont autant rapporté à l’État que l’année passée. Record toutes catégories en 2017, soit 1,97 milliard d’euros de recettes, dont 1,01 milliard collecté par les seuls radars. Bref, c’est une affaire qui marche !

L’automobile, donc, notre fleuron industriel. Le Président Macron a reçu à l’Élysée les dirigeants du secteur, puis il s’est rendu au salon pour flatter les capots comme d’autres flattent le cul des vaches, puis, réunissant autour de son auguste personne tout le gotha de la profession, il a annoncé avoir confié à l’ancien directeur général de Renault, Patrick Pélata, « une mission sur les nouvelles mobilités et les véhicules électriques et autonomes ». Il sera assisté, dans cette entreprise, par Xavier Mosquet, « spécialiste de l’industrie automobile et ancien conseiller de l’administration Obama ». Excusez du peu…

Comme le souligne Le Point, notre omniscient chef de l’État « a donc pris les commandes de ce dossier, une première pour un président de la République ». C’est dit, c’est « acté », gravé dans le marbre : nous allons tous, demain, rouler électrique et autonome. Question : est-ce si économe en énergie qu’on veut bien nous le dire ? Pas sûr du tout. On est même, en l’état actuel des ressources, sûr du contraire.

C’est François Lenglet qui a soulevé le lièvre sur RTL en révélant les omissions volontaires des tenants du meilleur des mondes électriques, notamment les constructeurs occidentaux qui prévoient, à eux seuls, « 160 milliards d’euros d’investissement pour électrifier leurs gammes d’ici à 2023 ». Pourtant, dit François Lenglet, « plusieurs choses désagréables sont omises sur les voitures électriques. D’abord, la voiture électrique n’est propre que si l’électricité est générée à partir d’énergie décarbonée. » Or, si cela est le cas en France, où 70 % de la production est nucléaire, ça ne l’est évidemment pas en Allemagne, où « charbon lignite (une forme de charbon) et gaz comptaient encore pour 50 % en 2017 », et encore moins en Chine, « puisque 71 % de l’électricité proviennent de l’énergie fossile ». Pour résumer, « au lieu de mettre du pétrole dans une voiture, on fait de l’électricité avec du pétrole [ou du charbon] pour alimenter une voiture électrique ».

Reste la solution de la voiture électrique produite à l’énergie « propre ». Sauf que…
« la construction d’un véhicule électrique demande bien plus d’énergie qu’un moteur thermique. Et son recyclage, en particulier celui de la batterie, génère une pollution très problématique, tout comme la fabrication elle-même de la batterie, avec des métaux rares dont l’extraction est très polluante », dit Lenglet. Bref, tout cela n’est qu’un bidonnage destiné, une fois de plus, à nous culpabiliser pour nous faire changer de véhicule car « si l’on prend donc le bilan environnemental total d’un véhicule électrique, du berceau au recyclage, il n’est pas si brillant comparé à une bonne vieille diesel ».

Les faits le prouvent, « la voiture électrique ne supprime pas la pollution, elle la déplace, en l’éliminant des centres-villes (avec une émission zéro), mais en la faisant apparaître dans les décharges à batteries ou les mines de métaux rares ».

Qu’importe, nos dirigeants, qui savent très bien tout cela, n’en ont cure. La pollution n’est pas leur souci. L’important est de faire rentrer l’argent. À cela, tout est bon, comme le prouve cette mesure, anecdotique en apparence, qui consiste à changer, sous prétexte d’harmonisation européenne, le nom du carburant à la pompe. Dans une semaine, le sans-plomb 95-E10 s’appellera E10, les sans-plomb 95 et 98 deviendront E5, et le diesel sera B7.

Touché, coulé !

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