Emmanuel Macron parle aux Français : trop peu, trop tard !

Emmanuel Macron ne pouvait plus faire autrement et n’avait plus le choix qu’entre de mauvaises solutions. Continuer à se taire ? Impossible. Parler enfin ? Mais pour dire quoi ? Faute de mieux, il a donc opté pour la seconde solution, ce lundi. Il a la mine grave, le sourire crispé et les joues rasées de loin. Ambiance cellule de crise, un peu comme s’il revenait de Baden-Baden.

Tout d’abord, il condamne les violences de ces semaines dernières. Le moyen de faire autrement ? L’ensemble de la classe politique et mêmes les gilets jaunes ont fait de même. Le sourire de plus en plus crispé, il assure comprendre « la colère profonde » du peuple. C’est donc à croire qu’il lit les journaux comme tout un chacun. Et d’affirmer comprendre aussi la détresse de ceux qui peinent à boucler les fins de mois. On voit que ça n’a pas chômé, chez les communicants élyséens. Dans la foulée, il regrette « ses propos qui ont pu blesser ». Sans blague : ceux « qui ne sont rien », pour reprendre ses propres mots, sont décidément d’une susceptibilité de rosière…

Mais à heures graves, mesures d’exception, devant « l’urgence économique et sociale ». C’est donc la fin de la hausse du prix du diesel et du taux de la CSG sur les retraites. Sans oublier un SMIC qui devrait être revalorisé à hauteur de cent euros et des heures supplémentaires censées être à nouveau défiscalisées. Et une prime de Noël, tant qu’à faire. C’est à la fois beaucoup et rien. C’est surtout à côté de la plaque, sachant que si l’envolée des prélèvements sociaux et des taxes a été l’élément déclencheur de la crise qu’on sait, les raisons de cette dernière ne sont pas que financières.

Cela, Emmanuel Macron paraît l’avoir saisi, mais n’en parle que peu. Le ressentiment qu’éprouve une écrasante majorité du peuple – et pas seulement celui des gilets jaunes – de se trouver dépossédée de son propre destin, il estime pouvoir l’apaiser avec un peu de proportionnelle et la reconnaissance du vote blanc. Là encore, c’est à la fois trop ou trop peu. La question migratoire et celle, identitaire, qui en découle de fait sont vite évacuées. La preuve : il a promis un débat sur le sujet. Et propose même, après consultation des maires, un « nouveau contrat pour la nation ». Contrat pour faire quoi ? Contrat signé par qui ? On ne le saura pas.

Pour le reste, rien. Ah si, on allait oublier cette solennelle déclaration : « Mon seul souci, c’est vous ! » C’est beau, chic et entraînant. Un peu comme un slogan d’agence bancaire. Un non-événement, donc. Mais qui nous en dit aussi beaucoup sur cette autre détresse, celle qui semble régner dans les plus hautes sphères de l’État.

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