Editoriaux - Live - 3 juillet 2018

Cédric Herrou, ce moralisateur en sarouel, est l’idiot utile !

Cédric Herrou a profité de la crise migratoire pour sortir de son silence et recadrer le président de la République : « Il faudrait qu’il prenne une petite leçon de fraternité. »

C’est que Herrou ne se contente plus d’organiser des squats dans les oliveraies ; depuis qu’on l’a vu au Festival de Cannes, il se prend pour un prophète vengeur, le mégot rebelle au coin des lèvres.

Sans doute est-il plein de bonnes intentions. Malheureusement, enfermé dans des catégories mentales étroites, il réduit la vaste question migratoire à un dilemme moral et croit, évidemment, se placer du côté des bons face aux méchants. Il ignore que le mal que l’on provoque pèse davantage que le bien que l’on rêve.

Ainsi, lorsque le cuisinier d’Auschwitz préparait ses soupes d’épluchures de pommes de terre, il contribuait moins à prolonger de quelques jours la vie des malheureux promis à l’extermination qu’il ne s’inscrivait dans une mécanique homicide globale. Cédric Herrou n’est pas nazi ; en revanche, il participe lui aussi à un processus mortifère qui le dépasse totalement.

La réalité migratoire est d’abord celle du passeur, dont les activités s’étendent au trafic de drogue et d’armement et qui a partie liée avec les réseaux islamo-mafieux sahéliens. L’argent extorqué aux migrants finance les bombes qui arrachent les membres et tuent les gens sur les marchés africains. La route de l’exil passe ensuite par des pistes écrasées de soleil où succombent les plus faibles, souvent les enfants, comme au temps des caravanes d’esclaves. Ceux qui ne meurent pas sont livrés avec les jeunes femmes du groupe au plaisir des passeurs et de leurs clients ; viols et prostitution forcée ne sont pas monnaie courante, ils sont la règle sur cette route de l’enfer. Quant aux hommes, ils peuvent bénir le Ciel s’ils ne sont pas vendus comme du bétail pour quelques centaines de dollars sur les places libyennes.

Tout cela n’importe ni à Cédric Herrou ni aux militants de l’Aquarius. Petits Blancs ethnocentrés, leurs préjugés moraux sont imperméables à la réalité, à commencer par les souffrances de ceux qu’ils prétendent aider. Ils n’aiment pas l’étranger mais idolâtrent leur propre ego ; ils ne cajolent l’opprimé supposé qu’en tant que miroir leur renvoyant une image valorisante de sauveur. Ils incitent alors les migrants à se jeter à l’eau sur des embarcations de fortune et se glorifient de les repêcher presque tous ensuite. « Presque tous » seulement, parce que ce jeu tue. Quant à Herrou, il se place au bout d’une chaîne de douleur partie du fond de l’Afrique, comme l’actionnaire moral ou l’idiot utile d’une multinationale de la traite migratoire qu’il est devenu.

Évidemment, Cédric Herrou et les activistes de sa mouvance ne tuent directement personne de leurs belles mains blanches, mais ils sont aux migrants d’ébène ce que sont les acheteurs d’ivoire aux éléphants. Les tartuffes gauchistes sont devenus, par procuration, des assassins en sarouel.

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