Audio - Editoriaux - Entretiens - Histoire - Polémiques - Politique - 14 septembre 2018

Jean-Marie Le Pen : « Le moment n’est pas bien choisi pour débattre sur les aspects sanglants de la guerre d’Algérie »

Emmanuel Macron vient de reconnaître la responsabilité de l’État français dans la mort du militant communiste Maurice Audin à Alger, en 1957.

Interrogé par Boulevard Voltaire, Jean-Marie Le Pen déplore la réouverture de ce débat impliquant l’armée française, soixante ans ans après la guerre d’Algérie, alors que le massacre des Harkis, par exemple, est passé sous silence.

Je trouve insensé que le Président de la République ait soulevé ce débat.
60 ans après la guerre d’Algérie, le Président de la République française de 2018 n’a-t-il pas d’autres préoccupations que de soulever le cas individuel de monsieur Audin en impliquant les responsabilités de l’armée française ? La plupart des gens n’ont pas connu cette guerre puisqu’ils n’étaient pas nés à ce moment-là.


Vous aviez participé à ce qu’on a du mal à appeler la guerre d’Algérie. À l’époque, on l’appelait pudiquement les événements d’Algérie. Maurice Audin aurait disparu dans des circonstances assez confuses.
Ne fallait-il pas que l’État reconnaisse son implication dans cette disparition ?

Je ne connais pas le détail de cette affaire. Je sais que monsieur Audin a été accusé d’abriter des terroristes du FLN dans son appartement. Par conséquent, il a été une des victimes de cette guerre civile. Je ne vois pas ce que son cas a de particulier, hormis le fait d’être communiste.
La guerre fait des morts, des victimes et des dégâts. Pour l’instant, on n’a parlé que de l’arrestation de monsieur Audin. Il paraît que le Général Aussaresses aurait fait des confidences entre deux verres !

Les enfants des disparus de la guerre d’Algérie attendent toujours des excuses de la part de l’État pour cet abandon.
Vous qui avez fait cette guerre, qu’en pensez-vous ?

150 000 Harkis ont été massacrés et livrés. On peut dire qu’ils l’ont été par le gouvernement français au FLN et au gouvernement algérien. Cela relève de notre responsabilité.
Je ne suis absolument pas sûr que le moment était bien choisi pour faire l’ouverture d’un débat historique sur des aspects sanglants de la guerre d’Algérie.
On pourrait dire la même chose pour la guerre mondiale. N’oublions pas que des dizaines de milliers de gens ont été tués par des bombardements alliés dont le but était la libération de la France.

À quoi attribuez-vous la décision d’Emmanuel Macron ?

Je me perds en conjectures sur les intentions de monsieur Macron.
Voulait-il faire un petit clin d’oeil sympathique au parti communiste ?
La fête de l’Humanité est proche. On sait que c’est un homme qui porte beaucoup d’intérêt à la communication.
Peut-être croit-il qu’il faut parler de tous les sujets à tout moment. Je crois qu’il a tort de le faire.

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