Rixe de bandes. Qui sont ces “jeunes”?

Pour Boulevard Voltaire, Xavier Raufer analyse les codes et le fonctionnement de ces bandes qui terrorisent les quartiers.

Les rixes ne se produisent pas au Ritz ! Elles se produisent dans certains quartiers, qui ne sont évidemment pas les beaux quartiers. On est plutôt sur les territoires de la fameuse politique de la ville ou à proximité immédiate, dans des quartiers qui sont devenus de véritables coupe-gorge. La loi y est sous la coupe de gangs et non plus de la police nationale.

Il faut bien que les gens qui n’ont pas l’habitude de ces phénomènes les comprennent bien. Des bandes s’y constituent de proche en proche. Pourquoi ? Parce qu’à chaque fois qu’une bande est constituée dans un quartier de la périphérie d’une grande ville, immédiatement, le quartier d’à côté doit aussi en constituer une. Si ce n’est pas le cas, les jeunes de ce quartier deviennent une proie pour les autres. Se crée ainsi une espèce d’équilibre de la terreur. Quand chacun reste sur son territoire, tout se passe bien.

Mais deux territoires sont hors du contrôle de la bande. C’est là que se déroulent les affrontements, les rixes ou les guerres, selon leur gravité. Ces deux territoires sont le bassin du réseau de transport de la ville et l’école.

On remarque que des agressions se produisent dans le RER ou dans les grandes banlieues. C’est un endroit neutre où des bandes rivales, ou des individus qui en font partie peuvent se rencontrer.

Autre territoire, soi-disant neutre, où deux éléments de bandes peuvent se trouver face à face et, donc, s’affronter pour sauver l’honneur du gang, c’est l’école, les collèges.

Il y a donc trois fronts en matière de guerre entre bandes : le front des cités, les transports et l’école.

Chacun sa cité, chacun tient sa cage d’escalier et s’y fait respecter par les autres bandes. C’est, d’ailleurs, la raison de l’usage immodéré du mot “RESPECT” par ces individus. Chacun fait respecter son territoire.

Parfois, ils ne sont pas dans leur quartier et, alors, les autres les pourchassent. Ils peuvent se retrouver dans le RER, parce qu’il faut bien circuler de temps en temps pour aller vendre la drogue ou dépenser l’argent qu’ils ont gagné en la vendant. Dans ce cas, c’est affrontement dans le RER.

Mais cet affrontement peut aussi avoir lieu devant les collèges où certains individus membres de gangs ont été repérés par, si j’ose dire, la maison d’en face.

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