Le syndicat des buralistes s’est dit prêt à vendre du cannabis ; avec la même rigueur, sans doute, que celle avec laquelle ses membres appliquent l’interdiction de la vente du tabac aux mineurs. Pour s’assurer une clientèle de 14 millions de fumeurs, il faut débuter précocement leur recrutement (tabac responsable, chaque année en , de 79.000 morts et de multiples handicapés).

Pernod-Ricard, deuxième groupe alcoolier mondial, s’émeut à l’idée que la puisse concurrencer l’ (responsable, annuellement en France, de 49.000 morts et de multiples handicapés physiques et/ou psychiques). Transformant cette crainte en occasion, il envisagerait, par un enrichissement en cannabis, d’intensifier ses ventes d’alcool. Apprenons ou rappelons à ces apprentis sorciers quelques éléments utiles :

Les sujets alcoolo-dépendants, tout comme les cannabinophiles, sont majoritairement incapables de s’affranchir de leur addiction. Aussi, l’addiction simultanée à ces deux drogues rendra l’abstinence impossible.

Trois femmes sur quatre fumant tabac et cannabis sont incapables d’y renoncer quand elles deviennent enceintes. L’alcool s’en mêlant, ce sera, pour le fœtus, la triple peine. Le syndrome d’alcoolisation fœtale – le SAF (qui n’a rien de safe) – a régressé, en quarante ans, d’une naissance sur 100 à une sur 1.000 ; il repartirait immanquablement à la hausse.

Sur la route, le cannabis associé à l’alcool multiplie par 14 le risque d’accident mortel.

Un individu sous l’effet du cannabis ne perçoit plus le niveau d’alcoolisation à partir duquel il devient incapable de maîtriser la suite de sa consommation. Cette situation ouvre la voie à la « biture expresse » (“binge drinking”), conduisant au coma alcoolique et aux troubles graves, voire mortels, qui lui sont associés.

Le cannabis incite à la consommation d’alcool. Poussant avec facilité sous les climats où s’est effectuée l’expansion arabe, la musulmane s’est prémunie de cette double addiction en interdisant le cannabis et en imposant une interdiction encore plus forte de l’alcool. Il serait dramatique que les Occidentaux, qui (tels des pruneaux) macèrent dans l’alcool, rajoutent à cela le cannabis.

Le THC du cannabis interagit avec l’alcool, non pas sur le mode additif, mais sur le mode d’une synergie potentialisatrice. La somme conjuguée des deux (alcool et cannabis) a un effet très supérieur à la somme des deux effets élémentaires. Il potentialise ainsi divers méfaits de l’alcool : la sédation, l’ivresse ; la désinhibition avec prise de risques, les troubles sensoriels, l’incoordination motrice, la perturbation de l’équilibre ; les troubles délirants et hallucinatoires…

Le « détricotage » insidieux de la loi Évin fait flamber la de l’alcool ; ce qui stoppe la baisse régulière de sa consommation, qui est passée, sur une quarantaine d’années, de 24 à 12 litres d’alcool pur par Français et par an.

Pour se disculper d’une association cannabis-alcool, Ricard invoquera que d’autres l’ont fait avant lui. Ainsi, Constellation Brand, qui produit la bière Corona, vient de racheter un producteur de cannabis au Canada, tandis qu’une filiale de Heineken a lancé, en Californie, une boisson infusée à la feuille de cannabis.

Pour que nos ados s’adonnent à l’alcool, peu agréable à leur palais, les alcooliers ont conçu les premix/alcopops, qui dissimulent sa saveur derrière les bulles du gaz carbonique, le sucre, les saveurs et fragrances de fruits. Pour accompagner leur rencontre de plus en plus précoce avec le cannabis, pourquoi nos alcooliers ne faciliteraient-ils pas leur consommation par le « deux-en-un » (alcool plus THC) ?

Insoutenable légèreté d’un capitalisme fou faisant passer les revenus somptueux de quelques-uns avant l’attention portée à l’homme, et plus particulièrement à ses enfants, qui sont ses germes d’éternité.

7 septembre 2018

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