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Editoriaux - Polémiques - Politique - 29 janvier 2020

What is the question?

Moi, je l’aime bien, … Comme la reine d’Angleterre, elle a compris que pour qu’on la distingue dans la foule, rien ne valait les couleurs flashy et les tenues de grands couturiers. Et surtout, elle est pleine d’idées, notre porte-parole du gouvernement. Ou plutôt notre government spokesperson, si adepte de ce globish qui montre au petit peuple qu’on a été « aux écoles ».

C’est ainsi qu’en grande communicante, elle vient de lancer sur Twitter un hashtag qui n’a pas tardé à faire fureur : #ASKPPG. Traduction en langue vernaculaire : « Posez vos questions à la porte-parole du gouvernement. » Après tirage au sort (probablement effectué par un community manager auquel on souhaite bien du plaisir), certaines d’entre elles se verront honorées d’une reply après chaque Conseil des ministres.

Et ça n’a pas traîné, une masse d’internautes ont tweeté les questions térébrantes dont un peuple au bord de la crise de nerfs rêve de connaître les réponses, à commencer par celles d’un pack d’humoristes très supérieurs à ceux de France Inter : « Qui a tué le petit Grégory ? », « Pourquoi la première crêpe est-elle toujours ratée ? », « Jusqu’où les chauves se lavent-ils le visage ? », ou « Quel est le contenu de la valise RTL ? »

Avec Sibeth, on ne risque pas de s’ennuyer au Conseil des ministres !

Et puis, il y a quand même les questions plus sérieuses, dont on peut penser que les auteurs auraient plus de chances de gagner à l’EuroMillions que de voir la leur tirée au sort, comme par exemple : « Quelle est la différence entre un régime spécial et un régime particulier ? », « Quels sont les liens entre la vente d’Alstom et la campagne d’E. Macron ? » et – in cauda venenum« Où est le coffre d’Alexandre Benalla ? »

Du Mossad à la CIA, et du MI5 au FSB, on imagine devant leurs écrans tous les services étrangers de surveillance électronique, à l’affût malgré le décalage horaire des révélations extraordinaires attendues des Twitter replies de la porte-parole du gouvernement, à l’issue du Conseil de ce mercredi.

Sans oublier, toutefois, qu’il pourrait ne s’agir que des notes aigrelettes du pipeau que Sibeth pratique en virtuose, elle qui, selon les journalistes de L’Express, n’hésita pas à affirmer devant eux, en juillet 2017 : « J’assume parfaitement de mentir pour protéger le Président. »

On est prévenu !

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