On aura tout vu, tout lu, tout entendu. L’imagination des minorités est sans fin pour mettre en avant leurs revendications. Dernière en date, le port du voile comme signe d’émancipation et de la de la femme avec ces photos de musulmanes s’affichant sur les réseaux sociaux, le #PasToucheAmonHijab écrit dans le creux de la main. Un touche pas à mon pote revisité à la sauce Insta, un peu plus glam sur ces clichés que la main jaune ou arc-en-ciel du SOS Racisme des années 80. Alors, comme à l’accoutumée dans le « wokisme », le phénomène démarre aux États-Unis avant d’être imité en France. Quelques minorités s’agitent sur les réseaux sociaux, et c’est bien là leur force, le mouvement relayé prend de l’ampleur jusqu’à renvoyer l’illusion qu’il est un courant majoritaire.

S’inspirant donc du #HandsOffMyHijab lancé quelques jours auparavant par des personnalités américaines – la députée américaine Ilhan Omar, la championne d’escrime Ibtihaj Muhammad, la mannequin Rawdah Mohamed, les journalistes Amani et Noor Tagouri, révèle Le Parisien -, des musulmanes en France tentent de faire entendre leurs voix. Celles-ci réagissent au récent vote du Sénat sur l’interdiction du port du voile dans les piscines publiques, lors de sorties scolaires ou pour les mineures.

« Parce que tu ne peux pas accepter qu’il existe d’autres visions d’émancipation, de et d’indépendance que la tienne », affirme l’une. « J’ai porté le voile à 17 ans, par choix, par convictions religieuses, avec honneur et dignité. Cela fait maintenant quatre ans de combat, des refus de travail, des regards insistants et des restrictions qui s’ajoutent sans cesse. Nous ne sommes pas sujettes à vivre comme les autres femmes ? », s’interroge l’autre, oubliant que la France n’est pas encore un pays musulman et que le voile n’est pas un tissu comme les autres. C’est « un bout de charia », estime Jean Messiha, sur CNews, ajoutant : « Le voile n’appartient pas à l’identité française, personne ne rêve de voir une France couverte de femmes voilées. »

Las, certains catholiques pensent naïvement bien faire en apportant leur soutien.

Même confusion dans l’esprit de Frédéric Durand, directeur de la revue L’Inspiration politique, comparant le voilement d’une fillette à l’aube de l’enfant de chœur. Fort heureusement pour nous, certaines féministes (même de gauche !) s’offusquent contre ce combat multiculturaliste. Dans le le magazine Elle, Caroline De Haas se dit choquée « par celles qui affirment que porter le voile est un libre choix. Penser la individuelle sans penser la globalité d’un système d’oppression (économique, culturel, religieux ou politique), c’est aberrant ! Affirmer que c’est seulement une question de liberté, cela permet de tout justifier. »

Jusqu’à oublier celles frappées, violées ou jetées en prison si elles refusent de le porter. Celles-là ne s’afficheront pas sur Twitter ou Insta.

19 avril 2021

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