Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur RMC Info, ce jeudi matin, sur les violences en banlieue, est resté égal à lui-même, c’est-à-dire lamentable. Il reconnaît des « tensions », qu’il explique, notamment, par le confinement. Il a eu ce mot terrible, qui en dit long sur son appréhension de la situation : « Ces tensions ne sont pas d’un niveau de gravité exceptionnelle. » Autrement dit, c’est la routine. Circulez, y a rien à voir !

Pour éviter une mauvaise interprétation d’une citation extraite de son contexte, réécoutez l’ensemble du passage où il a abordé ce thème. Vous y retrouvez les éléments de langage qui lui tiennent lieu d’argumentation. Ces « tensions sporadiques » ne sont pas « acceptables », il exprime la volonté de les « condamner » mais, que voulez-vous, ce sont les effets du confinement : dans la « galère » où sont plongés ces jeunes, avec les difficultés actuelles du trafic de drogue, ils sont bien obligés de se livrer à quelques activités « ludiques ». Les forces de l’ordre sont présentes et « quelquefois cela provoque des tensions ».

Ces propos ne sont guère étonnants de la part d’un ministre qui n’a jamais manifesté de zèle pour dénoncer les violences commises dans les quartiers « sensibles », comme on dit pudiquement. Son collègue Laurent Nuñez, si l’on en croit Le Canard enchaîné, s’était illustré par un pareil laxisme en déclarant, le 18 mars dernier : « Ce n’est pas une priorité que de faire respecter dans certains quartiers les fermetures de commerces et de faire cesser les rassemblements. » Si l’on comprend bien, il y a les Français qui doivent respecter la loi et ceux qui ont le droit d’y déroger. Tout dépend de leur quartier.

Mais ces propos scandaleux, qui distinguent deux catégories de Français, sont significatifs de la politique impulsée par . Il suffit de rappeler quelques sorties du chef de l’État pour s’apercevoir que son attitude à l’égard des excités des banlieues n’est pas claire. Non seulement il victimise une grande partie de ses habitants quand il répète que le colonialisme est « une faute de la République » mais, plus généralement, son multiculturalisme et son électoralisme le conduisent à faire preuve d’une grande indulgence envers ceux qui refusent de s’assimiler. Et que dire de ses réticences à dénoncer le communautarisme ?

Dans ces conditions, peut-on reprocher à Christophe Castaner, ce socialiste bon teint passé au macronisme, d’avoir des propos plus durs pour les Français qui manifestent contre la politique sociale et économique du gouvernement que pour les « sauvageons » ou la « racaille » qui règnent dans les banlieues ? C’est tout juste s’il ne montre pas en exemple le motard blessé, le 18 avril, à Villeneuve-la-Garenne, lors d’une collision avec un véhicule de police, qui a appelé « au calme » les jeunes qui affrontent les policiers. Bien connu pour son casier judiciaire chargé, ce n’est pourtant pas un enfant de chœur.

Faut-il, alors, s’étonner que notre ministre de l’Intérieur rejette la proposition d’Éric Ciotti, qui défend « le concours de l’armée afin que la loi de la République soit respectée partout et que la violence prenne fin » sous prétexte qu’« envoyer l’armée serait courir le risque de l’embrasement » ? Comme une soubrette négligente, qui cache la poussière sous le tapis, il estime qu’il fait bien son travail en camouflant la répétition des violences dans les banlieues. Un jour viendra où il faudra le congédier. Avec tous les membres du gouvernement complices de ses silences. Le plus tôt sera le mieux !

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