Editoriaux - International - 7 mars 2019

Veut-on remplacer Trump par Hillary Clinton avant l’élection présidentielle de 2020 ?

Trump annonce régulièrement au public américain que la Chambre des représentants transforme ses commissions parlementaires en tribunaux révolutionnaires pour le sortir du jeu. Après les cris d’orfraie du récent shutdown budgétaire, et après les larmes de crocodile sur sa prononciation de l’état d’urgence sur la question des migrants, l’histoire est passée de Trump-est-un-traître à Trump-est-un-dictateur et, enfin, à Trump-est-un-mafieux-russe. Impeachment!

Il s’agit ici de la survie du « parti unique » hégémoniste américain qui s’accroche au vrai pouvoir (l’armée et la dette) pour gérer la vraie affaire : la transformation par Washington de la planète entière en une chaîne de colonies asservies à une super-classe mondiale assise sur quelques centaines de méga-entreprises. Plus besoin d’États, de nations, de religions et d’empires concurrents. Fin de la diversité.

C’est pourquoi, dès le 13 novembre 2016 (ainsi qu’alors noté par la revue Politico du lendemain), la stratégie de sédition ne s’était pas fait attendre : réunis par George Soros et Nancy Pelosi dans les salons privés de l’hôtel Mandarin à Washington, un groupe de riches donateurs mettaient au point une stratégie de « réallocation des ressources » afin de « reprendre le pouvoir », terme vague pouvant dire bien des choses. On connait la suite : pour le grand public, il s’agissait de mobiliser les groupes militants et souvent violents (les victimes professionnelles) sous le thème #NotMyPresident, rapidement suivi de #Impeach45!, cependant que l’administration Obama (encore au pouvoir jusqu’au 21 janvier suivant), appuyée sur le lobby des agences de renseignement et du FBI, lançait un coup d’État en souplesse contre (le traître) Trump sous l’argument Poutine (ce dernier restant la cible principale de l’ire du parti unique hégémoniste).

Le génie du parti unique a donc été de lancer les chiens contre Trump, de lui rogner les griffes et de lui couper les ailes en l’encerclant de personnels néoconservateurs. Et le chef-d’œuvre aura été de convaincre la planète autant que les républicains mous que Trump était sur un siège éjectable. Pendant deux ans, Trump n’a pas pu faire passer au Congrès – républicain ! – « son » programme (immigration, infrastructures, système de santé, rapatriement des fonds étrangers des entreprises), se bornant à signer des textes favorables aux donateurs de l’establishment républicain (déréglementations, baisses d’impôts des entreprises) ou se trouvant dans l’impossibilité de vraiment prendre la Chine à bras-le-corps. Bref, il a perdu la Chambre et se mord les doigts de sa patience à l’égard de l’establishment républicain.

En conséquence, « l’agent de Poutine » a fait « au mieux », se disant qu’avec sa maestria médiatique, il devrait gagner facilement l’élection présidentielle de 2020. Ce qui est son problème. Car le bougre, malgré la sédition qui l’enchaîne, a toutes les chances de gagner. D’où l’acharnement. Il est en particulier curieux de voir Hillary Clinton réapparaître dans les médias. Ce qui fait dire à certains (The Hill, 15 janvier) qu’un impeachment de Trump comme de son vice-président permettrait à Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, de prendre la présidence pour nommer Hillary comme vice-présidente avant de démissionner pour lui laisser la place.

Auquel cas, Hillary pourrait gagner la présidentielle de 2020 sans passer par l’enfer des primaires. Alors, politique fiction ? Ah, le pouvoir…

À lire aussi

4 juillet 2019 : Trump proclame sa version de l’exceptionnalisme américain

Trump, contre l’avis de tous, a donc fait de la résistance en transposant à Washington - d…