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Editoriaux - Education - 19 juin 2020

Vers un Big Brother éducatif ?

L’on avait déjà eu droit, récemment, au joli concept de « vacances apprenantes » (pourquoi ne pas les qualifier tout simplement de studieuses ?). pousse le bouchon encore un peu plus loin, dans son immersion dans notre vie de famille. Peut-être espère-t-il, en son for intérieur, que chaque professeur garde nos enfants soirs et week-ends ? À entendre la déclaration du ministre de l’Éducation nationale, hier, il y a légitimement de quoi s’inquiéter. Le macronisme est en marche subrepticement vers un totalitarisme doux.

Auditionné, hier, par la commission d’enquête au Sénat sur la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre, il a tout simplement déclaré : « Je suis de plus en plus favorable à une vision où l’emploi du temps de l’enfant serait vu pas seulement sur les heures de cours, mais un petit peu sur ce qui se passe dans sa vie le mercredi et le week-end, sans arriver à un big brother éducatif. »

Une déclaration qui n’a pas manqué de faire réagir immédiatement sur Twitter Anne Coffinier, initiatrice de la fondation Kairos pour l’innovation éducative : « Vincent Peillon, 2012 : “arracher l’enfant au déterminisme familial”, @jmblanquer 2020 : contrôler l’emploi du temps de l’enfant le mercredi, et le week-end… Tentation liberticide quand tu nous tiens. #LoiAvia #libertés #BigBrother »

L’intention d’origine du ministre n’est pas mauvaise en soi, lorsqu’il s’agit de lutter contre l’islamisme radical et empêcher l’emprise de certaines associations sur des enfants dans les cités. Mais encore une fois, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Sous prétexte de viser certaines dérives, pour lesquelles on aimerait une condamnation ferme, il traite tout le monde à la même enseigne et annonce paisiblement, comme si de rien n’était, souhaiter garder l’œil sur nos enfants, un peu tout le temps finalement, afin de renforcer son contrôle sur les familles et, pourquoi pas, un coup parti, mieux les formater et surtout les niveler ? Trop d’enfants libres sortant de trop d’écoles libres, n’est-ce pas là un danger pour la République ?

Faut-il rappeler à M. Blanquer que si les parents choisissent de déléguer l’instruction à l’école, ils demeurent, puisqu’ils leur ont donné la vie, et en tant que détenteurs de l’autorité parentale, les premiers éducateurs de leurs enfants ? Jusqu’où ira cette intrusion dans notre vie privée ?

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