Il fallait oser l’imaginer : le PS est, en fait, un mutant. Le moribond Parti socialiste renaît de ses cendres dans un étrange amas fait d’alliance Verte, de France insoumise, de Parti communiste et d’extrême gauche.

Pris un à un, ces partis politiques français ne représentent pas grand nombre d’électeurs ; mais déguisé sous le label vert de l’écologie, cet étrange alliage se met à sentir bon la campagne, à vendre des promesses de planète dépolluée, d’artères piétonnières paysagées, de sacs en amidon de maïs et de trottinettes électriques. Gentillet.

Le parti écologiste a remporté son premier pari, dimanche, lors des élections municipales : celui du recyclage politique.

Grégory Doucet, élu maire de Lyon dimanche soir, sans aucun mandat ni expérience politique, a fait alliance avec le Parti socialiste et les listes France insoumise. Léonore Moncond’huy, élue maire de Poitiers, a été également soutenue par le Parti communiste, Génération.s, Nouvelle Donne et Génération Écologie, au sein d’un gloubi-boulga appelé « Poitiers collectif ».

Génération.s, qui dans sa charte déclare, levant toute ambiguïté : « Nous sommes de gauche. Nous sommes écologistes.[…] Nous sommes les filles et les fils de la Commune, des suffragettes, du Front populaire, de la décolonisation », a également soutenu Jeanne Barseghian. La nouvelle édile EELV de Strasbourg n’a pas dérogé, en fédérant autour d’elle le Parti communiste français, le soutien de Benoît Hamon et – cerise sur le gâteau du gaucho-accompli – en arborant fièrement une candidate voilée sur sa liste électorale.

La vague verte des gentils écolo-bobos est, en fait, le faux alibi de la gauche dure, dont le vert se rapproche d’un islam revendiqué et en quête d’opprimés à défendre, mais abandonnant dorénavant la défense de l’ouvrier pour celle de l’immigré.

Yannick Jadot, secrétaire général d’Europe Écologie Les Verts, ancien soutien de Daniel Cohn-Bendit aux européennes de 1999, ne cache pas sa vision de la défense d’une Europe multiculturelle. Pour lui, « le discours de la jeunesse, c’est le métissage » (« Télématin », 12 avril 2017).

Un discours politique écologique qui, s’il se raccroche, à l’occasion, à l’épaisseur de la couche d’ozone et à l’avenir congelé de nos chères banquises, réchauffe avant tout le cœur des immigrationnistes de tout poil et autres défenseurs du multiculturalisme revendiqué.

En novembre 2012, des organisations islamiques signent un accord avec la ville de Hambourg afin d’offrir des jours fériés aux musulmans (Le Parisien), une première en Allemagne, qualifiée d’« intéressante » par Yannick Jadot, qui avait fait inscrire une proposition similaire dans le programme d’Eva Joly pour l’élection présidentielle de 2012.

Dans son édition Internet du 29 juin 2020, le journal Le Monde exulte, par la plume d’Abel Mestre, en mentionnant, suite aux résultats des élections municipales, que “les écologistes s’imposent comme une force politique de premier plan”. Allant jusqu’à parler de basculement historique. Cet enthousiasme littéraire teinté d’idéologie ancrée à la gauche de la gauche résume, en quelques lignes, l’immensité du leurre que constituent ces victoires dites écologistes.

Dimanche dernier, les mairies de Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Grenoble ou Annecy ont été ravies par une gauche dure, celle qui exulte l’Internationale, promeut le mondialisme et fait de l’ massive son seul credo.

La droite, tétanisée par toute idée d’alliance politique avec le RN, décrété nauséabond par ses adversaires de gauche, reste au garde-à-vous et regarde passer la caravane verte. Les écologistes, eux, ont fait de la politique politicienne, cheval de Troie d’une résurrection de la gauche et de l’extrême gauche. Pensée émue aux électeurs crédules qui ont cru à l’hégémonie du vélo et du bio.

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