Un voile islamique sur le site gouvernemental de la réserve civique… mais si

voile islamique

Sans la pugnacité de la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio, qui en a fait l’objet d’une question au gouvernement mercredi dernier, l’épisode, pourtant éminemment emblématique, n’aurait jamais dépassé le cadre des réseaux sociaux.

L’histoire commence il y a quelques jours, le 7 juin. Alors que la controverse sur l’abaya à l’école bat son plein, une capture d’écran, prise sur le site gouvernemental officiel dédié à la réserve civique, circule sur les réseaux sociaux. On peut y voir une mosaïque de visages souriants, un panel de « citoyens réservistes » engageant par leur exemple d’autres à leur emboîter le pas. Parmi ces photos, celle d’une jeune fille… voilée. On se frotte les yeux, mais pas de doute possible : sur la page d’accueil de jeveuxaider.gouv.fr, à côté du drapeau bleu blanc rouge, de la devise liberté, égalité, fraternité et du profil de Marianne, un voile islamique !

La charte de la réserve civique stipule que le réserviste doit « observer un devoir de réserve, de discrétion et de neutralité pendant l’exercice de sa mission ». Le voile islamique est-il vraiment discret, neutre et réservé ?

Rappelons que la réserve civique a été instituée en France par la loi Égalité et Citoyenneté du 27 janvier 2017, dans le sillage des attentats de janvier 2015, dans le but d'« encourager l’engagement républicain de tous les citoyens et citoyennes pour faire vivre la fraternité ».

L’autorité nationale en est la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA), sous la tutelle… du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse : « Au sein du ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, la DJEPVA élabore et pilote les politiques en faveur des jeunes, de l'engagement, de l'éducation populaire et de la vie associative. » Le ministre qui prétend lutter contre « les atteintes à la laïcité » permet donc qu’un organisme officiel sur lequel il a autorité fasse apparaître une femme voilée, érigée, pour la jeunesse, en modèle d’engagement et de civisme ?

La capture d’écran est devenue, évidemment, virale sur Twitter, suscitant l’indignation et les interrogations de nombre d’internautes. Surprise : deux jours plus tard, le 9 juin, sur la mosaïque de portraits, la jeune femme voilée - et seulement elle - a disparu, remplacée subrepticement par une fille à la tête découverte. Que s’est-il passé ? Qui a pensé qu’ériger une fille voilée en modèle de service citoyen était une bonne idée ? Qui a compris, au vu des réactions, que c’était une boulette et l’a fait disparaître, ni vu ni connu ? Impossible à dire. Les prises de contact à la DJEPVA restent vaines. Les services se renvoient la balle. Le directeur, le sociologue Thibaut de Saint-Pol, ancien collaborateur du cabinet de Sarah El Haïry (secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et du SNU) et du ci-devant ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, est injoignable, « en déplacement » selon son secrétariat. Son service communication est aux abonnés absents.

Quoi qu’il en soit, mercredi, la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio, a interpellé le gouvernement : « Comment nous faire croire que le gouvernement lutte contre les abayas lorsqu’il affiche ouvertement, sur un site gouvernemental, une jeune fille voilée, sous le drapeau français ? Et, donc, plus globalement, quelle est la ligne du gouvernement en matière de lutte contre l'inquiétante offensive islamiste dans notre pays ? »

Sonia Bakes, secrétaire d’État chargée de la Citoyenneté, répond… qu’elle ne peut pas répondre : « Il ne m’appartient pas de commenter l’exemple que vous avez pris. » Et pourquoi pas ? Sonia Bakes ne le dit pas. En revanche, elle concède que « depuis la rentrée 2022, les services de renseignement, en lien constant avec les responsables des communauté éducatives, documentent une tendance préoccupante sur les atteintes à la laïcité, et notamment à l'école »... mais elle affirme « suivre cette évolution en lien étroit avec le ministre de l'Éducation nationale et ses services ». Mais bien sûr. Comment y croire une seconde quand, en l'occurrence, l'atteinte à la laïcité a été générée de l'intérieur, par les propres services du ministère de l'Éducation ?

D'autant que l'offensive dans ce secteur n'en est pas à son coup d'essai. Déjà, une manœuvre du même type avait eu lieu, à l'échelon, cette fois, d'une préfecture, autre partie prenante du service civique. Déjà, le 27 août 2020, la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio avait posé une question écrite sur une « atteinte au principe de laïcité dans le cadre du service civique », la préfecture du Gard ayant diffusé, sur Facebook, « le portrait d’une jeune femme, arborant le voile islamique, présentée comme effectuant une mission de service civique bien que le guide pratique du service civique à destination des collectivités affirme que "la mission proposée doit répondre à l’exigence de neutralité et de laïcité" ». Elle n’avait reçu, à l'époque, aucune réponse.

En attendant, on peut en tirer deux leçons : la première est que l’entrisme islamique, tel que décrit dans le récent livre de Florence Bergeaud-Blackler, Le Frérisme et ses réseaux (Odile Jacob), est bien à l’œuvre, jusque, semble-t-il, dans nos administrations : lent, patient, à bas bruit, faisant feu de tout bois pour investir l'Éducation nationale et la Jeunesse, entrant par la fenêtre (de la réserve civique) quand on a cru le chasser par la porte (de l’école), offrant le visage engageant de l’altruisme, usant de la lénifiante méthode des petits pas : deux pas en avant, un pas en arrière quand il vient à être découvert.

L’autre leçon est que la résistance bruyante paie. On peut encore faire reculer cet entrisme. Pour le moment...

Gabrielle Cluzel
Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

52 commentaires

  1. Comment avoir du respect pour un tel Gouvernement qui n’est qu’une association de malfaiteurs qui n’opposent aucune résistance aux envahisseurs dont le but est de nous REMPLACER. Quand on n’oppose aucune résistance, c’est de l’incompétence ou de la complicité. Chaque jour qui se lève confirme que nous sommes prisonniers du tourbillon du déclin et de la décadence, rien ne va plus, tout s’est déconstruit en l’espace de quelques décennies. Ce Gouvernement n’aura rien fait d’autre que de relayer les précédents pour que notre civilisation disparaisse en encourageant ces peuplades à nous envahir au nom du devoir humanitaire et des droits de l’Homme de notre pays. En se soumettant à la tutelle de l’U.E. comme des veaux incapables de réagir, ce Gouvernement sera un jour jugé pour avoir conduit la France à sa ruine totale.

  2. Cela s’appelle être pris la main dans le pot de confiture. L’hypocrisie en est l’ingrédient principal. Le petit Ministre de l’Education Nationale en est l’étiquette. Et de l’islamisme on en mange maintenant tous les jours. Il est plus que temps pour les Français de faire ce qu’il faut pour que ces personnages indécents (car ils sont nombreux dans ce Gouvernement) soient boutés dehors.

  3. Voilà quarante ans que les islamistes nous ont indiqué leur stratégie d’entrisme et nous en sommes à le découvrir! Faut-il en rire ou en pleurer?

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