Editoriaux - Politique - 20 juin 2019

Un gaullisme dépoussiéré pour rassembler à droite ?

Après les dernières élections, force est de constater qu’entre la fin des clivages politiques traditionnels, la déroute des partis « traditionnels », la persistance de la bulle « macroniste » et le recours au vote sanction (inutile), il devient urgent de se rassembler derrière une ligne claire si l’on veut pouvoir changer les choses.

Mais quelle ligne ?

Personnellement, j’ai de forts doutes quant à la possibilité de réaliser, un jour, l’union des droites patriotes souverainistes : ceux qui nous rabâchent les oreilles avec ça du matin au soir ne font-ils pas, inconsciemment, le jeu du gouvernement en nous enfermant dans une utopie ? Utopie qui nous amènera inéluctablement, en 2022, à un deuxième tour Macron/Le Pen avec une victoire d’Emmanuel Macron.

Et, entre nous, lorsqu’on constate :
– une certaine porosité de l’électorat entre La France insoumise et le RN ;
– qu’une partie des LR, complètement laminés et abasourdis, passe allègrement vers La République en marche par manœuvre électoraliste et que l’autre se cherche une raison pour continuer d’exister ;
– que Debout la France ressort bien vivant mais affaibli d’une élection exceptionnellement dure…

Où est la droite patriote souverainiste ?

De plus, il y a trop de problèmes d’ego, de volonté de leadership, de coups bas, dans une composante politique pourtant laminée. La recomposition ne pourra passer, à mon avis, que par une union beaucoup plus large du spectre anti-Macron, passant par les électeurs et non les partis.

Mais, en fin de compte, de quoi avons-nous besoin ?
­­­- d’une ligne où les gens de droite pour la plupart se reconnaîtront, mais également des sympathisants de gauche ;
– d’une ligne prônant l’indépendance de la France, financière et culturelle ;
– d’une ligne où le retour à nos frontières nationales ira de pair avec une ouverture sur le monde ;
– d’une ligne où la solidarité pour nos concitoyens cohabitera avec leur implication citoyenne.

Et pourquoi pas le gaullisme, qui reprend ces valeurs essentielles, mais un gaullisme dépoussiéré et tourné vers l’avenir. Un gaullisme moderne adapté à notre temps et capable de relever les défis d’aujourd’hui et de demain.

Et si on l’imaginait ensemble ?

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