Lundi 2 mars, dans la soirée, le président Erdoğan a menacé l’ de l’arrivée de millions de migrants. Depuis quelques jours, la tranquillité des îles grecques est étouffée par des scènes de violences barbares : de jeunes adultes débarquent par centaines – sans les familles – et scandent des « Allah akbar » en défonçant des points de contrôle. Les scènes d’affrontements et d’échanges de tirs se multiplient, transformant la zone en une poudrière, au sein du territoire de l’.

Comment en est-on arrivé là ? En 2015, l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne, communément appelée Frontex, recense plus de 1,2 million de passages illégaux aux frontières extérieures de l’Union européenne. Une donnée chiffrée quatre fois supérieure à celle de l’année 2014, qui avait vu « seulement » 300.000 migrants franchir les frontières illégalement. Au même moment, en octobre 2015, l’Allemagne encourage la coopération avec la .

Soutenue par la Commission européenne, affaiblie dans son pays et au sein de son parti par sa folle politique d’accueil des migrants, Angela Merkel choisit de faire un chèque à la Turquie pour gérer ce problème. En mars 2016, la Turquie et l’Union européenne s’accordent sur un plan global. La Turquie gardera les migrants dans son pays et servira de garde-frontière en Grèce. En contrepartie, l’Union européenne s’est engagée à lever les restrictions sur les visas attribués aux Turcs pour entrer dans l’espace Schengen. L’autre compensation est financière : deux tranches de 3 milliards d’euros chacune versées à la Turquie pour l’accueil de ces migrants. À ce jour, presque la totalité de ces 6 milliards a été perçue par le régime d’Erdoğan .

En plus de la catastrophe financière que cet accord représente pour l’Union européenne et, donc, ses États membres, dont la , il représente une catastrophe diplomatique et une démonstration de l’impossibilité, pour l’Europe, de faire face aux défis de son temps.

Catastrophe diplomatique car, même en étant payé pour garder nos frontières, le Grand Turc peut choisir à tout moment de ne plus le faire. Et Erdoğan ne s’en prive pas, qui met à la disposition des migrants des bus et des bateaux pour leur permettre de gagner la Grèce, leur fournissant même des cartes de l’Europe. L’Union européenne a donc mis dans les mains de la Turquie un formidable moyen de pression sur elle-même et, pas encore satisfaite, a payé pour cela ! Nous sommes devenus les pantins des lubies impérialistes ottomanes d’Erdoğan.

Incapacité de l’Union européenne, enfin : l’immigration a, certes, officiellement diminué entre 2015 et 2016, mais elle ne cesse d’augmenter depuis. Quel moyen, par ailleurs, pour l’Union européenne, de vérifier l’efficacité de l’action turque ? Les événements actuels de Lesbos prouvent qu’aucun contrôle ne peut être effectué, et Erdoğan ne se prive pas d’utiliser ce levier que nous lui avons offert.

Aujourd’hui, ce sont les Grecs qui se révoltent et se défendent contre cette invasion, les « sans-dents », les exclus de la mondialisation, « ceux qui ne sont rien », a dit , et qui ont tout à perdre et que seuls des partis patriotes, de Viktor Orbán à Marine Le Pen, de Matteo Salvini à , défendent. Pour une fois, le principe de solidarité de l’Union européenne devrait être appliqué et les pays comme la France devraient envoyer de l’aide policière, voire militaire, au gouvernement grec pour stopper cette invasion.

Ce nouvel épisode doit mettre un terme définitif à tout accord avec la Turquie, à la fin du processus d’adhésion à l’Union européenne et de tous les financements qui y sont attachés.

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