[TRIBUNE] Édouard Philippe lance sa campagne et s’attarde sur ses mérites

L'ex-premier ministre tenait son premier meeting de campagne des présidentielles à Paris ce dimanche.
Capture d'écran Youtube Avec Edouard
Capture d'écran Youtube Avec Edouard

Il est dommage que le candidat d'Horizons n'ait pas atteint le premier de ses objectifs : remplir l'Adidas Arena plutôt que de laisser quelques places vides. Car le discours d’Édouard Philippe est incontestablement plus flamboyant que celui de Bruno Retailleau ; même s'ils ne présentent pas de différences fondamentales sur le fond : retour à l'ordre en France, souveraineté européenne, maintien de l'immigration, libéralisme économique. Rien d'étonnant, en fait !

Un curriculum vitae incomplet

L'ancien Premier ministre a longuement détaillé sa carrière en insistant sur deux aspects : l'élu local mais aussi, et surtout, le père de famille. C'est bien évidemment ce qui le différencie d'Emmanuel Macron mais aussi, et surtout, de Gabriel Attal : les intéressés auront certainement apprécié le crochet du droit de l'ancien boxeur. Mais que les deux cibles se rassurent : leur nom n'a pas été cité une seule fois ; à croire que le Président en exercice est encore René Coty. Il est vrai que seul le nom de Gérald Darmanin a été mentionné : l'avenir nous dira sans doute pourquoi.

Aidons maintenant M. Philippe à réparer une première omission : il a été membre du Parti socialiste de 1990 à 1992, de tendance rocardienne. Pourquoi a-t-il oublié cet engagement aux côtés du pape de l'autogestion ?

Autre pan de son amnésie : en 2011, il a été lauréat du programme « Young Leaders » de la French American Foundation. Serait-ce si gênant ?

L'énigme de la dette

Le candidat s'attarde sur ses mérites en tant que Premier ministre ; ce qui n'a pas manqué d'étonner les spécialistes. En effet, entre 2016 et 2020, la dette publique s'est accrue de 23 % et le déficit budgétaire de… 178 %. Cette période a, certes, vu arriver le Covid-19 ; mais il est quand même un peu osé d'affirmer que nos finances publiques n'ont pas dérapé dans l'intervalle.

Pour l'avenir, M. Philippe prévoit un serrage de vis, dont l'ampleur et le rythme ne sont cependant pas spécifiés. Et il envisage, à l'inverse, une accentuation de la politique de l'offre, c'est-à-dire une baisse des charges fiscales et sociales prélevées sur les entreprises. Mais alors, qui va payer l'addition ? Car le retour à l'équilibre budgétaire nécessitera une augmentation des impôts pour les autres contribuables.

Il a tout de suite annoncé qu'il solliciterait la solidarité des retraités, considérés comme des nababs, et qui seront les dindons de la farce. Il est vrai que les pensionnés s'y attendaient un peu, depuis qu’Édouard Philippe a dégradé leur situation fiscale en matière de CSG. Mais les salariés, dont l'âge de la retraite sera encore reculé, devraient être eux aussi mis à contribution.

Enfin, comment peut-on, en France, assener un discours-fleuve sans consacrer un seul mot à nos agriculteurs ?

 

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 07/07/2026 à 15:39.
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Pr Jean-Richard Sulzer
Agrégé des Facultés de l'Université Paris Dauphine. Président du Cercle national des économistes

Vos commentaires

101 commentaires

  1. Son meeting avec 3000 personnes dans une salle de 10000 places dont une oartie soigneusement vaches pour faire croire que la salle etait pleine, une supercherie de plus de ce personnage qu’en aucun cas je ne veux voir president. Lui, attal, Bertrand, de villepin et toute la gzuche c’est niet

  2. 10 ans de macronisme…10 ans de trop. On va pas recommencer et en prendre pour 5 ans. Ce personnage qui préfère voter melenchon que le pen et aller a la fête de l’humanité, on n’en veut pas. 10 ans de catastrophe, on ne veut plus de ces gens. Ses orageuses…il y a que lui qui y croie. Nous c’est fini

  3. Cet ancien premier violon du Mozart de la finance a collectionné les mauvaises notes, alors sa sérénade sonne faux.

  4. Edouard Philippe ne sera jamais qu’un Macron bis !
    Peut-être moins dans le paraitre mais tout aussi dépensier et ch… t !
    C’est bien lui les 80 km/h, et son unique projet bien clair semble de s’en prendre aux retraités.
    Candidat à exclure dans tous les cas !

  5. Après un passage plus que calamiteux à Matignon, il faut être particulièrement culoté ou amnésique, pour se gausser de son bilan, mais comme aurait dit Coluche: « Je m’arrange avec la honte ».

  6. Contrairement à Retailleau, un discours qui a porté. Boosté Philippe !
    Je n’ai pas pu rester longtemps devant son auto satisfaction. Je ne veux plus voir aucun revenant !!!

  7. 3 ans Premier Ministre sous Macron 1er ! Voilà son péché originel. Au milieu d’une macronie informe, pour ne pas dire diforme, Monsieur Philippe n’a incarné l’espoir d’une remise sur rails du Pays que quelques mois. Puis il s’est dilué dans le flot sans queue ni tête du « en même temps » présidentiel. Il a trop déçu et cela va lui coller à ses semelles de candidat.

  8. Les chiens aboient, la caravane RN passe…
    Emmanuel Macron va disparaitre dans les poubelles de l’Histoire, nous n’avons pas besoin de ses caniches.

  9. Eh le pompier pyromane!!
    On connaît la musique, aucun charisme, aucune remise en question de son piètre bilan..sauf essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes..
    Macron ou lui c’est exactement la même sauce

  10. Le comble de l’ironie, ce sont ces candidatures d’hommes politiques ayant contribué à la situation actuelle du Pays France. Champions du déni, F. Hollande et E. Philippe, tout comme E. Macron , sont fiers de leurs bilans. Irresponsables patentés.

  11. « S’attarde », c’est peut-être le bon mot, mais dans un sens péjoratif, comme « le p’tit retardé de la classe » pour ne pas dire « demeuré ». En résumé, ce monsieur n’a pas honte, après avoir contribué à dépecer la France, il veut participer de son agonie.

  12. Aucun Français je l’espère n’a oublié ses 80KM/h, sa surtaxe carburants et sa gestion des gilets jaunes. Personne n’a osé montré la salle presque vide. L’enfumage médiatique continue.

  13. Mais quand les Français vont-ils « mettre à jour » leur mémoire. Un 1er ministre qui se mets à genoux devant les zadistes de Notre Dame des Landes, un premier ministre qui ne respecte pas le référendum des citoyens de la Loire Atlantique et qui pour se justifier dit qu’il va investir 600 millions dans l’aéroport vétuste actuel. En fait il s’agit d’un milliards et 100 millions. Un monsieur qui a trahi son parti et qui démontre le peu de convictions profondes. Et les gilets jaunes , et les 80 kms/h pour faire plaisir aux écolos sans consultations des provinciaux . Un monsieur qui préfère voter communiste. En résumé, un centriste de gauche tout mou.

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