Dans Le Guignolo, de Georges Lautner, le dialoguiste Michel Audiard faisait dire ceci à Jean-Paul Belmondo : “Vous savez quelle est la différence entre un con et un voleur ? Un voleur, de temps en temps, ça se repose !”

Ce petit interlude culturel est la transition toute trouvée pour évoquer la dernière sortie du syndicat SUD Éducation, dont l’antenne du 93 s’était déjà illustrée il y a peu avec ses ateliers en non-mixité pour évoquer le « racisme d’État » – quoi de mieux que le racisme pour lutter contre le racisme ! –, se justifiant ainsi sur son site : “La non-mixité choisie et temporaire est une stratégie de résistance politique à des dominations structurelles telles que le racisme ou le sexisme.”

Cette démarche profondément discriminante avait provoqué l’ire de l’actuel ministre de l’Éducation, ce dernier ayant d’ailleurs porté plainte pour diffamation. Mais, selon les informations de Marianne, le parquet de Bobigny l’a classée sans suite, à cause d’une boulette juridique, paraît-il…

SUD Éducation peut donc continuer à oser le pire, et c’est précisément ce qu’il vient de faire en décidant de ne pas suivre la proposition du même Jean-Michel Blanquer, qui avait « “écrit aux personnels de l’Éducation nationale pour prescrire un moment de recueillement en hommage au seul colonel Arnaud Beltrame”, le syndicat y [voyant] dans l’incitation “à faire don de leur vie à une nation qui les dépasserait”, un discours qui “renoue avec la rhétorique nationaliste et l’aggrave” » (Valeurs actuelles).

Un peu plus light, le SNES-FSU a lui aussi montré des réticences à relayer la demande du ministre, avançant que “ce travail demande du temps, du recul, et s’accommode mal des réactions dans l’urgence commandées par l’émotion”.

On passera sur l’indécence d’un tel parti pris, au mépris de la reconnaissance que méritait le défunt, pour nous focaliser sur la nécessaire unité du pays, si souvent mise à mal et sur laquelle SUD Éducation s’assoit allègrement, participant ainsi activement à l’entreprise de démolition de l’autorité de l’État, particulièrement dans les établissements scolaires.

On connaît la réussite de cette idéologie, au regard du nombre d’enseignants injuriés, voire agressés physiquement, par des élèves et, à l’occasion, leurs parents, sans parler de l’impossibilité de diffuser certains enseignements. La négation de ladite autorité participe de ces manifestations de violence. Et là, pas moyen de sortir le mâle blanc du tiroir, car ce dernier rase souvent les murs dans ces écoles, collèges, lycées – et maintenant universités – gangrenés par une haine viscérale de la France et ses symboles, dont Arnaud Beltrame n’est pas des moindres.

Évidemment, sur cet événement qui aurait dû les faire bondir, les médias, chantant encore récemment la geste du « héros » après son sacrifice qui lui coûta la vie, ont été d’une pudeur de communiante.

En un mot comme en cent, SUD Éducation préfère donc la rhétorique communautariste à la nation. Message reçu !

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