Stéphane Ravier, sénateur RN des Bouches-du-Rhône, revient, pour Boulevard Voltaire, sur la manière dont il a été traité, le 5 janvier, sur le plateau de LCI. Parce que non vacciné, le sénateur s'est retrouvé à « une bonne dizaine de mètres » des autres invités, une marche en dessous. Il évoque également la position du Rassemblement national au sujet du passe vaccinal, avant de parler de la gestion de la par le gouvernement, gestion qu'il qualifie de « catastrophique ».

Stéphane Ravier s'explique au micro de Boulevard Voltaire.

 

Le 5 janvier, sur le plateau de Ruth Elkrief, vous avez été tenu à distance car vous êtes non vacciné. Comment jugez-vous cette séquence ?

Mme Elkrief savait que je n’étais pas vacciné car je lui avais dit lors d’une précédente interview. Elle m’avait prévenu que je serais placé à trois mètres des autres invités. Je me suis retrouvé à une bonne dizaine de mètres, une marche en dessous, comme un paria, un pestiféré. Je serais presque tenté de la remercier car, grâce à elle, on sait désormais comment seront traités bientôt cinq à six millions de Français. Ce qui m’est arrivé sur le plateau de LCI concernera les non-vaccinés demain, dans leur quotidien social. C’est annonciateur et ce traitement est indigne.

Les députés et les sénateurs sont dispensés de vaccination obligatoire.

C’est le cas pour accéder à l’Hémicycle, mais dans notre vie quotidienne, nous redevenons des citoyens jusqu’à ce que le Président Macron annonce que nous ne le serions plus, si nous ne sommes pas vaccinés. Il nous faut cette vaccination pour pouvoir obtenir nos droits. Nous sommes dans une République vaccinale, nos droits dépendent d’une vaccination, c’est tout à fait nouveau. C’est une forme de dictature inventée par Emmanuel Macron.

Certains parlementaires sont très remontés, mais au final, dans leur vote, ils sont pro-passe vaccinal, notamment chez les LR. Comment jugez-vous ce débat parlementaire ?

Le sujet est hystérisé par le président de la République et son qui diabolisent ceux qui s’opposent à ce passe vaccinal et ne souhaitent pas être vaccinés. Il est difficile de débattre sur le fond. Le Rassemblement national s’oppose au passe vaccinal, comme il s’est opposé au passe sanitaire. Il reste cohérent sur la défense des libertés publiques et reste en accord avec la liberté de se vacciner ou pas. Le gouvernement est dans une logique de dénonciation, de mise à l’écart et de division des Français. Par ailleurs, Emmanuel Macron fait diversion en pointant du doigt les non-vaccinés et fait oublier sa lourde responsabilité dans la gestion catastrophique de la pandémie.

Là, on est dans la stratégie électoraliste et non dans la stratégie sanitaire…

S’il y avait une stratégie sanitaire de la part du président de la République et du gouvernement, ils auraient tiré des leçons de leurs erreurs successives depuis le début de la crise. Ils auraient investi dans l’hôpital plutôt que de le sabrer et auraient ouvert des lits au lieu d’en fermer 5.700 en renvoyant du personnel soignant, car non vacciné. Au lieu de s’enfermer dans cette voie unique de la vaccination, ils auraient investi dans la recherche. On voit bien qu’il ne s’agit pas d’une démarche de protection sanitaire mais de protection électorale pour le président de la République qui ne va pas tarder à être candidat.

 

7 janvier 2022

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