« Nous devons aujourd’hui nous préparer à un scénario où il nous faut nous passer en totalité du gaz russe » : telle est l’annonce faite par le Président, ce 14 juillet, lors de son interview par deux journalistes, lesquelles avaient visiblement oublié leur pugnacité au fond de leur sac Hermès™.

De fait, alors que rien n’indique que le projet de Bruno Le Maire de mettre l’économie russe à genoux prospère, la balle du jokari est en train de nous revenir dans l’œil à grande vitesse. « La Russie utilise l’énergie comme elle utilise l’alimentation, comme une arme de guerre », a assené le chef de l’État devant la décision de Gazprom de suspendre les livraisons de gaz via le gazoduc Nord Stream 1 pour une période de dix jours. Alors ça, pour une surprise, c’est une surprise !

La France se hâte donc de remplir ses réservoirs en prévision de l’hiver (100 % cet automne, selon le Président), grâce à l’Algérie, au Qatar et à la Norvège. Pourvu que l'Algérie ne saisisse pas l’occasion pour refuser des passeports consulaires à ses nombreux ressortissants expulsables détenus chez nous…

Mais comme gouverner c’est prévoir, ce ne sera peut-être pas suffisant. Alors, place à un plan de sobriété qui rappellera aux plus anciens le « En France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées » de 1973, lors du choc pétrolier entraîné par la guerre du Kippour : réduction de la vitesse sur route, limitation du chauffage, extinction des vitrines et… arrêt des programmes télé à 23 heures. Et il n’y avait pas Netflix, je ne vous dis pas la souffrance ! Toutes mesures, notons-le, excellentes pour la planète. Cette planète, à l’époque, n’avait pas encore une bande d’illuminés pour défendre sa cause.

Et le Président de reprendre le tube de l’époque : « On va essayer de faire attention collectivement, le soir aux éclairages quand ils sont inutiles, on va faire un plan pour les administrations publiques, on va faire un plan de sobriété dans lequel on va demander à tous nos compatriotes de s’engager, et on va faire un plan de sobriété et de délestage - c’est de gaz et d’électricité dont (sic) on parle là -, avec nos entreprises. » Délestage, ce n’est pas très loin de coupure, surtout d’électricité (celle du gaz étant, techniquement, beaucoup plus difficile.)

Certains ont même commencé par évoquer celle de l’éclairage de la tour Eiffel, ce à quoi la mairie de Paris a immédiatement répondu qu’« il faudrait le faire de manière coordonnée, par l’ensemble des grands monuments français ». En clair, d’accord seulement si tout le monde le fait. Ça commence bien !

Devant l’annonce du plan de sobriété, le vice-président RN de l’Assemblée nationale Sébastien Chenu a estimé, sans doute en application du principe de la charité bien ordonnée, qu’il [le président] devrait commencer « par éteindre les lumières de l’Élysée ». Un peu mesquin, certes, et où irions-nous si nos seigneurs ne suivaient pas les règles qu’ils nous imposent, un usage plus souple ?

Le député RN a aussi rappelé que le prix des énergies est indexé sur le prix du gaz, en omettant de dire que c’est surtout l’Allemagne qui l’impose, façon de faire oublier la calamiteuse politique énergétique d'Emmanuel Macron. Mais le Président l’a dit plusieurs fois dans cette interview, il agit « en Européen ».

Beaucoup préféreraient qu’il agisse plus souvent « en Français », mais c’est sans doute trop demander…

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15 juillet 2022

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