Audio - Editoriaux - Entretiens - 9 août 2019

Serge Federbush : « En 18 ans de gestion Delanoë-Hidalgo, la dette de Paris a été multipliée par 7 ! »

Serge Federbush, candidat à la mairie de Paris, analyse les données de l’iFRAP sur la situation financière dégradée de la ville de Paris.


Le rapport de l’IFRAP concernant la ville de Paris est accablant. Les emplois sont illisibles, la ville est suradministrée et surendettée.
Ce rapport est-il crédible ?

Ce rapport est tout à fait crédible. Ces études proviennent de la chambre régionale des comptes et de critiques des analystes. J’aurais d’ailleurs pu les faire moi-même sur mon site Delanopolis en reprenant les chiffres budgétaires de la mairie. Cette dernière a tendance à dissimuler la réalité des chiffres derrière des opérations de communication.
La triste réalité c’est qu’au départ la situation de Paris était florissante, au niveau budgétaire avec simplement 1 milliard d’euros de dettes. En 18 années de Delanoé et de Hidalgo, tout a changé et tout s’est extrêmement dégradé. La dette a été multipliée par 7, sans compter les engagements hors bilan, les dépenses dissimulées, la très mauvaise gestion des dépenses de communication, de clientélisme, les subventions, avantages en tout genre et tous les maux habituels du socialisme. Tout cela ne fait que confirmer les choses.
Une chose importante échappe à l’IFRAP. Paris, contrairement à la totalité des villes françaises, voit une part importante de ses dépenses prises directement en charge par l’État. Par exemple, le jardin des Tuileries est pris en charge par l’État et la police est en partie prise en charge par l’État. Malgré cela, la situation s’est extrêmement dégradée. Il n’y a rien de neuf, il y a simplement un résumé de turpitudes et d’un laisser-aller financier terrible.


Peut-on mettre cela sur le dos de l’organisation des Jeux olympiques ?
Peut-on espérer que les JO auront est un retour sur investissement et peut-être une diminution de la dette parisienne ?

C’est plutôt le contraire qu’il faut craindre. A part les jeux Olympiques aux États-Unis qui étaient entièrement sous-traités et privatisés par un certain nombre d’entreprises privées, les Jeux olympiques ont toujours fait perdre de l’argent. Les dépenses dépassent souvent les budgets initiaux. Plus l’administration est inefficace et le pays est corrompu, plus la dérive entre les dépenses prévues et les dépenses finales sont importantes. Les pays les moins efficaces et les plus corrompus comme la Russie, la Chine et autres ont souvent des budgets multipliés par 15, 20 ou 30.
Même les mieux gérés comme l’Angleterre ou d’autres pays européens, le budget est multiplié par 3 ou 4. On peut craindre que le budget donné pour Paris 2024 soit au moins triplé. Tout cela va accabler davantage le budget de la ville.


Est-ce la gestion de Hidalgo qui a fait exploser cette dette ou était-ce déjà le cas avec monsieur Delanoé ?

Elle est sur la lancée de Delanoé. Ce dernier est un piètre gestionnaire. Pas mal de gens pensent que c’était un bon maire, alors que ce fut un maire catastrophique. Hidalgo était sa première adjointe, elle a donc continué. Elle n’a pas d’autres méthodes pour gérer une ville que d’accentuer les dépenses, dès que quelque chose ne va pas. Elle s’était engagée, à la suite de la campagne de 2014, de ne pas augmenter le taux des taxes d’habitation et foncière. On avait à ce moment-là introduit cette idée de Paris libéré. Elle a fait des augmentations détournées de taxe en particulier sur les automobiles et sur les stationnements. Elle masque surtout les dépenses et la dette dans les comptes des offices HLM. Elle a reporté à plus tard le fait de devoir solder le désastre d’Autolib. Tout cela fait que la situation financière de la ville, qui était en 2001 florissante, est aujourd’hui très très mauvaise.

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