[SATIRE A VUE] Pénurie d’œufs : écrasées sous les normes, les poules ne pondent plus

La libération de la poule est au centre de la pénurie d'œufs qui frappe la France.
poulailler
Photo de Will H McMahan sur Unsplash

Au micro de BFM, le ministre de l'Agriculture dénonce la complexité des normes françaises en matière de structures vouées à l'élevage de poules pondeuses. Ce handicap lié à l'hostilité des riverains expliquerait la pénurie d'œufs qui affecte les rayons des magasins.

La libération de la poule est au centre de la pénurie d'œufs qui frappe la France. Dame Pondeuse doit pouvoir vivre sa vie loin de la cage où son éleveur patriarcal l'astreignait à des cadences infernales. Son besoin d'espace pour mettre au monde une future omelette de qualité est désormais reconnu du législateur qui s'en alla durcir les normes entourant la construction de bâtiments d'élevage.

Le bien-être de la poule, la fin de son esclavage en batterie sont une avancée dont les riverains refusent de payer le prix. Outre cette réticence à côtoyer de jeunes emplumées bruyantes et odorantes, les espaces dévolus à leur bavardages font l'objet de calibrages complexes.

Gallophobie réglementaire

Nourrir des Français de plus en plus demandeurs de cet aliment bon marché est le casse-tête abordé par le ministre au micro de BFM. Après les avoir appauvris, il faut désormais leur fournir de quoi remplacer le steak qu'ils n'ont plus les moyens d'acheter. Sans complexe, Annie Genevard qualifie la crise de l’œuf de « symptomatique ». Avant d'en arriver aux rutabagas, il convient de ravitailler en protéines le symptomatique citoyen réduit à rogner sur ses dépenses alimentaires. La France s'est fixé pour objectif d'atteindre 90 % d'élevages alternatifs à la cage. Or, selon Apolline de Malherbe, il faut deux ans pour adapter une structure aux rudes impératifs franco-français. Pris en étau entre une législation trop pointilleuse et des riverains poulophobes, le ministre confie son désarroi à la journaliste.

Sortie de sa coquille le 21 septembre 2024 dans le gouvernement Barnier, Annie Genevard dit avoir inscrit la simplification au fronton de son ministère. D'en finir avec l'élevage de technocrates en batterie elle a fait son combat. De ses deux bras, qu'elle soutient la loi Duplomb-Menonville visant à « lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur ». La première mesure consistant à importer d'Amérique du Sud des denrées trop fatigantes à cultiver, il reste aux poules péruviennes à combler le retard pris par leurs consœurs françaises. Le ministre cite quatre projets d'élevages retoqués par les riverains. Quid des milliers d'éoliennes érigées au nez et à la barbe des habitants ? Point de Mercosur à incriminer en la matière. Tout semble néanmoins mis en place pour un même résultat. En guise de conclusion, le ministre lance un appel pour que « les Français acceptent qu'on construise des poulaillers ». Dans les mats des éoliennes, des places sont à prendre. Les poules sont sur les dents.

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Jany Leroy
Chroniqueur à BVoltaire, auteur pour la télévision (Stéphane Collaro, Bêbête show, Jean-Luc Delarue...)

Vos commentaires

54 commentaires

  1. Ah ? Eh bien, j’ai bien fait de lire cet article. On m’a dit que c’était à cause du froid… ( il y a quelques jours ). La personne étant de bonne foi ( … ) , je l’ai cru(e). Bref, la chienlit donc !

  2. Si on manque d’œufs c’est parce que les poules refusent de pondre le dimanche, c’est bien connu !
    C’est la raison pour laquelle les œufs ne sont vendus que par boites de six !

  3. Sans rire …Vous la voyez venir la famine organisee , mainrenant ?….
    Mais un peuple aussi lache devant ses diplomes du premier rang merite-t-il de survivre ?

  4. Je conseille les oeufs de Loué. Ils sont excellents. Loué produit même des oeufs bio. Et, bizarrement, je trouve toujours des oeufs de Loué au supermarché. Et il y a, aussi, toujours des oeufs chez mon marchand bio !

    • Pour avoir des oeufs en hiver, bio ou pas, il faut maintenir les poules dans des conditions de lumière et de chaleur artificielle dans des hangars.
      En hiver, les poules ne pondent pas naturellement. Autrefois n’importe quel gosse des campagnes savait cela. C’est pour cela qu’il y a les oeufs de Pâques en Europe, on fêtait le retour de la ponte des poules vers le mois d’avril.

      Pour l’hiver, pendant des siècles, on stockait pendant des mois les oeufs dans une solution chimique de chaux et les gens étaient contents d’avoir des oeufs chimiques même si on n’employait pas le mot chimie.

      • La chaux n’a jamais produit les conséquences induites par les antibiotiques et autres médicaments et pesticides des élevages industriels d’aujourd’hui !

      • Face à autant d’absurdités irrationnelles sorties d’un bréviaire écologiste récité par coeur, je renonce à vous répondre Mme Léa Elisabeth.
        Je suis scientifique, je débats selon la science et la raison.

  5. De construire des poulaillers ou de construire de gigantesques hangars ? Elle défend la loi Duplomb, donc elle est pour les élevages intensifs ! Cette ministre est la pire des ministres de l’Agriculture de la France, depuis que nous avons des ministres pour nos paysans, et ce n’est pas peu dire !

    • Les agriculteurs vous remercient pour votre contribution à leur vie misérable, à leurs journées de travail de 12h, à leur absence de vacances et à leur destruction.

      • Parce que ceux qui exploitent des entreprises gigantesques sont pour vous des agriculteurs ? Je respecte profondément ceux qui peinent sur leurs terres pour nous nourrir mais, je l’avoue je suis l’ennemie des exploitants industriels qui méprisent tout ensemble le bien-être animal et le souci de la santé humaine. Car pour permettre le gigantisme, les normes sanitaires exigent l’emploi d’antibiotiques et de médicaments dans ces élevages de la honte, produits qui se retrouvent dans la viande de ces malheureux animaux ! Produits nuisibles que l’on peut facilement trouver dans le sang et qui se stockent dans l’organisme, responsables de maladies graves.

  6. Ce que l’article ne dit pas est que nos anciennes cages ont été vendues à ‘ukraine qui s’en sert pour avoir une production d’oeufs malsains et qu’elle nous revend !

    • Ce n’est pas nos élevages à 10 000 poules en batterie qui vont permettre aux ukrainiens de mettre des cages dans leurs élevages d’un million de volailles. En outre le coût de démontage et de transfert rend l’hypothèse dénuée de sens économique.

  7. Un classique. On enquiquine les éleveurs français avec des normes ubuesques tandis qu’on importe massivement des œufs pourris d’Ukraine que la grande distribution achète à vil pris pour faire toujours plus de marge. Le massacre de l’agriculture et des intérêts français continue…

  8. Madame Genevard assez de découvrir l’Amérique ! Vous et vos amis (vos complices), votre idéologie sont responsables des faits que vous déplorez. Alors de grâce taisez vous et partez !

  9. Là encore, nos braves écolos ont sévi et ont imposé des normes draconiennes et complètement débiles. Ceci dit, nous sommes en hiver. Le jour se lève tard et se couche tôt. Les poules ne pondent que lorsqu’il y a de la lumière.

    • Certes, mais qui a laissé faire ? qui les a encouragés ? qui n’arrête pas de tenir des discours qui leur ouvrent la voie ? qui n’a pas respecté le référendum de Notre Dame des Landes ?

      • Et qui sont les y di heaux qui ont signé les yeux fermés et le cerveau lessivé, la pétition écolo contre la loi Duplomb ?

  10. Vive les poules en liberté, vive les oeufs sans coquille plus faciles à pondre et qui leur feront moins mal au cul en sortant. Vive les oeufs carrés plus facile à ranger. Chaque famille française devra adopter trois poules de couleur bien sur et se satisfaire de leur ponte, promenade obligatoire géolocalisée deux fois par jour. Contrôle par l’agence nationale de la poule pondeuse familiale, ANPPF à créer, 10 000 fonctionnaires. Voilà des mesures fortes.

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