La gauche redoutait un retour vers les heures les plus sombres. C'est chose faite. À la mairie de Bègles, une cérémonie a officialisé cette entrée dans la noirceur des temps. La loi Immigration a plongé monsieur le maire et huit de ses conseillers dans un désespoir que rien ne pourra atténuer. Réunis autour du buste de Marianne, les élus vont masquer celle qui ne mérite plus de figurer dans la salle de réunion. L'instant est solennel. Le mélodrame se joue entre amis. Dans le rôle du fossoyeur, Clément Rossignol-Puech. Mise en scène de William Shakespeare. La mairie n'a reculé devant aucune grandiloquence pour marquer l'arrivée des troupes fascistes sur le territoire français.

Dans un geste que tous suivent des yeux, le résistant en chef recouvre le buste noir d'un tissu noir. « Black is black, il n'y a plus d'espoir », chantait Johnny. Non. Pas d'accompagnement musical. Pas de dialogue. Les grandes douleurs sont muettes. Le maire vient se replacer face caméra. Plus rien ne sera comme avant. Sous le voile, Marianne sourit. On ne l'avait jamais sollicitée pour jouer dans une parodie de deuil national. Clément Rossignol-Puech s'empresse de diffuser la captation vidéo de ce grand moment de mythomanie. Le message qui l'accompagne informe que la pauvre fille restera couverte jusqu'à ce que Laurent Fabius et ses hommes repoussent les forces fascistes qui sont aux portes de Bègles. Dans son empressement, l'auteur a amputé Marianne d'un « N ». On ne se ruine pas en lettres « N » pour une traînée qui couche avec « l'ultra-droite ».

Des représentants de l'immigrationnisme délirant

Comment valider la loi Immigration après une telle démonstration de neurasthénie collective ? Pour les membres du Conseil constitutionnel qui s'apprêtaient à donner leur accord plein et entier, la question se pose désormais avec gravité. Rester insensible à la détresse de ces neuf élus de Bègles et de la gauche tout entière serait inhumain. En entrant dans la salle du Conseil, Alain Juppé s'est exclamé : « Il faut sauver la Marianne de Bègles ! » De son côté, Laurent Fabius a calmé les esprits en suggérant qu'il s'agissait peut-être de la première partie d'un numéro de prestidigitation. Apparition, disparition. « Dans une prochaine vidéo, ils soulèveront le voile et hop... une statuette représentant un imam. »

Au sein de la vénérable institution, l'inquiétude grandit. Préférer les migrants aux Français ramènerait la sérénité dans les mairies de gauche. Les élus béglais décrocheraient les cordes auxquelles ils menaçaient de se pendre, les futurs veuves décommanderaient les couronnes et autres opérations de compostage des corps. Et la vie reprendrait ses droits. Bon an mal an, l'africanisation de la Gironde enchanterait tout le monde, sauf 75 % des habitants... Le chantage aux valeurs de la République prend un tour grotesque. Huit élus de Bègles et le maire, bientôt seuls survivants d'un immigrationnisme délirant.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 23/12/2023 à 20:59.

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22 décembre 2023 à 19:30

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37 commentaires

  1. « souriez, vous êtes filmés » ……Visiblement, ils sont mal à l’aise, auraient-ils mauvaise conscience pour avoir de telles trombine ?

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