Dans l'étape du Tour de France suivie par Emmanuel Macron, la remontée de la cote de popularité est l'épreuve la plus redoutée. La pente est raide, mais le Président ne ménage pas ses efforts. Dans les méandre pyrénéens, il salue les uns et les autres, essuie quelques sifflets, mais rien ne l'arrête dans sa tentative d'ascension. Au micro de France Télévisions, il vante les paysages français et la grandeur de l'événement : « C'est un moment de rayonnement de la France dans le monde entier. » L'ex-champion puise dans ses dernières ressources pour retrouver les sommets où il triomphait naguère. Il est de cette France populaire, de cette tradition : « C'est une forme de voyage à travers nos paysages, notre Histoire et cet attachement. » Quel énergumène sans foi ni loi oserait prétendre qu'il n'y a pas de culture française ? Le coureur est déchaîné.

Inarrêtable dans sa course éperdue vers les points de popularité, Emmanuel Macron se rend ensuite dans le village d'Argelès-Gazost, dans les Hautes-Pyrénées. La foule s'est massée sur la place pour assister au passage du compétiteur. Aux bergers qui déplorent les ravages des loups sur leurs troupeaux, il promet une « brigade d'intervention loup ». Son osmose avec la corporation est totale. Lui-même connaît les affres de la bête sauvage d'extrême qui vient éclaircir les rangs de sa majorité. Certains de ses députés n'ont pas survécu aux attaques électorales de candidats venus des profondeurs des départements. La solidarité entre victimes de prédateurs impose de souscrire à leurs revendications.


Soudain, une chorale constituée de gaillards locaux entame un chant qu'Emmanuel Macron a déjà entendu dans sa prime jeunesse, du temps où il venait dans la région passer des chez sa grand-mère. Les paroles de la ritournelle « Le Refuge » lui reviennent. Il se joint aux chanteurs, une main pose un béret basque sur sa tête. Il ne se souvient que d'un mot sur quatre, mais peu importe, la séquence peut finir de convaincre les Français qu'il n'est pas ce mondialiste dépourvu de fibre patriotique. L'espace d'un instant, il est ce citoyen pétri de terroir, ce Français enraciné dans la terre de ses ancêtres. À regret, le béret est rendu à son propriétaire. Déjà, le Président doit quitter les lieux. The show must go on. La Bretagne l'attend pour un solo de cornemuse, l'Auvergne le réclame pour une bourrée endiablée : l'agenda folklorique déborde de rendez-vous. La prochaine allocution en patois berrichon pourrait achever l’œuvre de recadrage d'image pilotée par l'équipe de communication. Franchaises, Franchais...  Ah ch'tou éteindre la vouifi et ch'te loupiote... La rédaction est en cours.

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22 juillet 2022

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