Des voies de chemin de fer abandonnées, des trains régionaux qui avancent au ralenti... Un cow-boy joue de l'harmonica. C'est le blues du TER. Il était une fois dans l'Ouest, le Sud et partout ailleurs, la désespérance des associations d'usagers, des sénateurs, des syndicats et du régulateur des transports. Le budget alloué à l'entretien des petites lignes est insuffisant. À terme, certaines pourraient fermer tandis que la vétusté des autres amènerait les trains à rouler de moins en moins vite. 2,8 milliards d'euros sur dix ans ne permettent pas de maintenir un réseau secondaire en bon état de marche. À 40 km/h, l'heureux habitant de Périgueux se rendra à Agen. S'il faut pousser dans les côtes et bien soit, il descendra pour aider la machine à vaincre la pente.

La France profonde agace les hautes instances progressistes. L'image du provincial qui revient du marché les bras chargés de volailles vivantes et de paniers débordant de poireaux perdure dans l'esprit du technocrate. Ces déplacements sont d'un autre temps. -Nice d'accord, Paris-Bordeaux bien sûr, Strasbourg, Marseille, Lille... Et quoi d'autre ? Pour le rural pressé de rentrer du marché, aucune hésitation : un billet Périgueux-Paris, puis Paris-Agen. Changement à Bordeaux, perte d'une poule dans l'escalier mécanique, vol de trois poireaux sur le quai, mais un gain de temps non négligeable.

À coups de budgets anémiques savamment calculés, les autorités ont adopté la stratégie dite du « voleur chinois » pour en finir lentement mais sûrement avec le réseau ferré intérieur. De restrictions peu voyantes en économies discrètes, l'usager se retrouve un jour seul face à sa gare devenue résidence secondaire d'une bobo en mal de pittoresque. Les maisons de garde-barrière s'arrachent, le charme des voies ferrées attire l'écolo de salon. Après la campagne sans coqs vient le temps des rails sans trains. La culture du décor sans la vie qui a justifié son existence...

À l'heure où l'idéologie Hidalgo dingo voue un culte aux transports en commun, le pouvoir coupe les rails du déplacement interrégional. Ce qui est bon pour le ici ne marche pas là-bas. Poulets et poireaux importés des quatre coins du monde seront chargés dans le coffre de la voiture électrique.

Un conducteur SNCF confirme sur le ralentissement ferroviaire en perspective : « Une ligne sans entretien se détériore avec le passage des trains. Il faut un entretien régulier. Sans argent, pas d'entretien. Et pour éviter des accidents, on va baisser la vitesse progressivement. » Dans un monde inversé, à 5 km/h, l'usager regarde passer les vaches.

 

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6 juillet 2022

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17 commentaires

  1. La SNCF est comme le reste en France : soins éducation sécurité etc..Le pays le plus taxé est le prochain pays du tiers monde .Mais rassurez vous nos élus se paient grassement , s’assurent de bonnes retraites et placent tous les copains à ces bons postes .Parce que pays le plus taxé est aussi le pays qui comptent le plus d’élus ne servant à rien .

  2. A vouloir privatiser , privatisez radio France télévision, tous ces journalistes nocifs pourraient être embauchés comme cantonniers.Ils ont déjà les reins solides ,ayant fait des courbettes toute leur vie , ils sont au point pour soulever des rails ou des traverses.

  3. La SNCF coûte c’est un fait , mais elle est utile et encore moins nocive.Je trouverais facilement de l’argent pour entretenir les voies et le matériel supprimons ces instances ,conseils constitutionnel , d’état , économique et social qui ne servent qu’à mettre des bâtons dans les roues de ceux qui veulent,avancer Supprimons les subventions à toutes les associations nocives :ligue des droits de l’homme SOS racisme…elles sont légion ,sans l’argent du contribuable elles ne nuiront plus.

  4. Depuis des années, la Redistribution (34 % du PIB) passe avant l’investissement (12 %, divisé par 2 en 20 ans…) ! Résultat ? tout s’écroule.
    Même le simple entretien ! SNCF, centrales nucléaires, routes, etc…
    Un Pays sans investissement, devenant dépendant de tout, est Mortel !

  5. L’argent que l’on donne à toute la misère du monde serait bien mieux utilisé pour entretenir les vois de chemin de fer .

  6. La meilleure solution pour ces très petites lignes secondaires c’est de les transformer en pistes cyclables … ( les rails servant a apporter le béton.. et a le stabiliser ) .

    1. Dans la petite ville de Lot et garonne où j’habitait avant ils l’on osé (socialos bobos), <<<<presque 650 000 €pour 4 km où il n'y avait jamais un chat.

  7. La SNCF est à l’image du pays : elle s’effondre. Des lignes qui ferment, des tarifs aberrants, fondés sur la fréquentation et non sur les coûts réels au km, un service qui diminue en raison inverse du prix du voyage, une sécurité aléatoire… Qui plus est, on obéit aux élucidations des technocrates de Bruxelles en mettant en place une concurrence qui n’en est pas une sur un réseau unique. Bref, une pagaille organisée et inextricable.

  8. Il est à craindre qu’avec la renationalisation de EDF le même problème ne se pose là comme à la SNCF. Lorsque l’Etat est maître, tout croule… Ces énarques ont un cerveau inversé.

  9. Même sur les grandes lignes, les retards ou annulations de dernière minute sont fréquents. J’ai vu une émission l’an dernier où un journaliste suisse je crois, traversait ( en tout cas essayait !) notre beau pays en prenant des trains régionaux.Une catastrophe: Lignes supprimées, retards, absence de personnel à peu près partout un désastre. Résultat de plus de 40 ans de socialisme sans parler des écolos qui ont interdit le glyphosate, rendant l’entretien des voies ferrées encore plus compliqué !

  10. Quant on habite un petit village, comme c’est mon cas pas à moins de 20 Kms de commerces, sans aucun transport hormis particulier, on est bien obligé de prendre son automobile de préférence à diesel, choix contraire nous dit on à l’écologie. Les petites lignes SNCF vue l’évolution de la production de l’énergie à la baisse qui ferme le choix aux véhicules électriques sont de plus en plus nécessaire et la réouverture des petites lignes fermés de puis des années devraient rouvrir.

  11. Il s’agit là ENCORE d’une des conséquences du fameux « Principe de Précaution » pratiqué souvent à l’extrême par la SNCF (je le sais!).
    « Trop de sécurité tue la sécurité » (et par là-même tue aussi l’activité).
    Comme disait ma grand-mère : »le mieux est l’ennemi du bien ».
    La meilleur façon de ne pas avoir d’accidents, c’est de rester chez soi.

  12. La SNCF est un gouffre financier, mais l’argent injecté ne suffit jamais. Jérémiades perpétuelles, grèves á répétition, retards, complexité invraisemblable des tarifs, bon courage à celui qui voudra bien tenter de mettre de l’ordre dans ce foutoir.

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