Sardou récompensé par Macron : Sandrine Rousseau s’insurge

Michel Sardou

De Djadja aux Lacs du Connemara, il n’y a qu’un pas. Après avoir offert à Aya Nakamura une énorme exposition médiatique, Emmanuel Macron s’apprête à rendre hommage à un chanteur d’un autre genre : Michel Sardou. Le président de la République va lui-même remettre au chanteur de 77 ans ses décorations de grand officier de l’ordre national du Mérite lors d’une cérémonie prévue en juin, à l’Élysée. Un cadeau d’adieu à l’artiste, qui vient de mettre un terme à sa carrière avec une ultime tournée ayant réuni près de 400 000 spectateurs.

 

Levée de boucliers anti-Sardou

Immédiatement, l’info sortie par L’Obs a suscité une vague de haine et de tweets indignés. L’entourage d’Emmanuel Macron a beau défendre un choix du cœur, beaucoup y voient d’abord un geste politique. Une justification apportée par l’Élysée a particulièrement déplu : « [Michel Sardou] a su diagnostiquer, des décennies avant Michel Houellebecq, le mal-être masculin dans ses textes », aurait ainsi déclaré un proche du Président. De quoi s’attirer les foudres des meutes féministes. Présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Mailfert a ainsi raillé une information digne d’un poisson du 1er avril, tandis que la sénatrice socialiste Laurence Rossignol s’en est directement prise à Sardou en allant exhumer les paroles d’une de ses chansons enregistrées dans les années 70. « "J’ai envie de violer des femmes, de les forcer à m’admirer". Nous voilà rassurées, c’est juste l’expression du malaise masculin. Et c’est sûr que ça mérite une décoration ! », a fulminé l’ancien ministre de la Famille. Il faut croire que la liberté d’expression des artistes qu’on invoque sans cesse au bénéfice des humoristes de France Inter n’a plus lieu d’être quand on s’appelle Michel Sardou…

Sardine contre Sardou

Mais c’est encore à Sandrine Rousseau que l’on doit la réaction la plus insensée. À la manière de son double parodique Sardine Ruisseau, la député s’est fendue d’un de ces tweets baroques dont elle a le secret. « Le patriarcat va tomber, il vacille déjà. Mais ils se décoreront tous mutuellement avant », a-t-elle ainsi écrit, pleine d’emphase, sur X.

 

Vous ne voyez pas le rapport entre Michel Sardou et le patriarcat ? C’est normal : il n’y en a pas. Sauf à considérer qu’en raison de son sexe, de sa couleur de peau ou de son âge, le chanteur aurait participé malgré lui à la perpétuation d’un ordre profondément inégalitaire et sexiste… Mme Rousseau étant de gauche et humaniste, on ne saurait la soupçonner d’une telle essentialisation.

Reste que la députée sait parfois dénoncer le patriarcat avec davantage de mesure. Dans l’affaire du meurtre de Shamseddine à Viry-Châtillon, on ne l’a pas vue s’élever contre l’oppression machiste des « grands frères » qui avaient interdit à leur sœur de librement discuter avec un garçon de son âge. Dans l’agression de Samara à Montpellier, Sandrine Rousseau a bien évoqué la dimension sexiste du drame, mais sans toutefois qualifier précisément cet ordre moral d’importation qui dicte aux femmes ce qu’elles doivent faire et porter. Voilà un patriarcat qui ne vacille nullement et contre lequel les féministes auraient toute légitimité à s’élever. Mais il est moins périlleux, c’est vrai, de s’en prendre au patriarcat de l’homme blanc de plus de 50 ans qui, lui, est déjà mort et enterré depuis longtemps.

Jean Kast
Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

21 commentaires

  1. Sandrine Rousseau se cramponne à ces propres algarades en croyant empêcher les votes pour un bord qui n’est pas le sien au lieu de se demander “pour quelle raison les gens votent pour ce bord” . Moralité, EELV et LFI diminue, et les votes de la droite s’envolent ! CQFD !

  2. Si Mme Mailfert était un tant soit peu honnête, elle remettrait ces paroles dans leur contexte, c’est à dire le délire d’un homme sous l’emprise de l’alcool qui veut bousculer tous les interdits ! Quant à Mme Rousseau, il va bientôt falloir qu’elle consulte, son obsession contre un « patriarcat » n’existant que dans son imagination devient lassante.

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