[SANTÉ] Cette violence faite aux femmes que taisent nos féministes

Ne cherchez pas l’information dans la presse, vous ne la trouverez pas !
Photo de Eric Wardsur Unsplash
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« À l’époque, j’ai 26 ans, je suis amoureuse et heureuse de découvrir un test de grossesse positif, même si ce n’est pas le moment. Mon conjoint est totalement paniqué face à cette nouvelle inattendue et il me somme d’avorter. Je lui réponds que je n’avorterai pas. » Ce témoignage bouleversant, c’est celui de Charlène, qui a été auditionnée par une commission du Parlement européen, ce mardi 23 juin. Elle raconte aux députés européens comment, au Planning familial, elle pensait s’adresser à une psychologue, alors que face à elle se tenait une idéologue. Charlène annonce vouloir garder son bébé, la femme lui répond que « ce n’est qu’un tas de cellules » et prend les rendez-vous devant mener à l’avortement « au cas où ». Malgré les « harcèlements et les pressions psychologiques insoutenables » de son conjoint, la jeune femme résiste. Mais un soir, ce dernier lui enfonce la pilule abortive dans la bouche. Un geste d'une violence inouïe qui a laissé en elle « des traces indélébiles ».

« On ne garantit pas le vrai choix des femmes »

Contactée par nos soins, Charlène nous présente la pétition qu’elle a lancée, demandant au Parlement européen de garantir qu’aucune femme ne soit contrainte de faire un choix motivé par l’isolement, la violence, le jugement moral ou la précarité. « Je constate que le Planning familial dispose de ressources importantes, tandis qu'en revanche, les associations qui tentent d'aider les femmes enceintes sont réduites à peau de chagrin et sont très peu soutenues, voire parfois dénoncées, souligne-t-elle. En France, en tout cas, on ne garantit pas le vrai choix des femmes et on n'écoute pas tous les choix des femmes et toutes les voix des femmes, mais plutôt celles qui veulent avorter. » Effectivement, on aimerait entendre les féministes adeptes du mantra « mon corps mon choix » se prononcer sur ce libre choix de ne pas avorter.

Sa pétition a été jugée recevable au point d’être auditionnée devant les eurodéputés qui l’ont écoutée avec beaucoup de dignité. Las, la France a encore brillé par sa perspicacité ! Et de fait, Charlène raconte que seule l’élue française a mal accueilli son discours : « Elle m'a accusée de remettre en cause le droit à l'avortement. » Sans surprise, donc, il s’agit d’une socialiste, Murielle Laurent, qui, alors que Charlène témoignait d’une expérience extrêmement douloureuse qui l’a meurtrie, n’a pas trouvé mieux que de répondre, avec idéologie : « Le droit à l'avortement n'empêche personne de mener une grossesse désirée à terme. Lutter contre l'avortement, c'est lutter contre le droit des femmes. Sous couvert de neutralité, cette pétitionnaire se présentant comme apolitique est en fait liée à des groupes d'extrême droite. Instrumentaliser la santé des femmes, y compris des plus vulnérables, à des fins idéologiques est inadmissible. C'est pourquoi nous souhaitons que cette pétition soit clôturée. »

Où Charlène a-t-elle donc bien pu « instrumentaliser la santé des femmes », alors qu'elle demande simplement que l'avortement ne soit plus « la seule option que la société offre aux femmes enceintes vulnérables » ? Mais dans un pays qui a gravé dans le marbre de sa Constitution le droit à l’avortement, il semble impossible d’argumenter ou d'entendre ce type de violence faite aux femmes. « J'ai le sentiment que ces femmes qui se battent de manière hystérique pour défendre un droit qui n'est pas menacé (le droit à l'avortement) ont vraiment en horreur la maternité, qu'elles considèrent comme une aliénation », se désole la pétitionnaire.

Un nouveau rapport de l'ONU

Dans le même temps, à l’ONU cette fois, c’est dans un silence assourdissant que le rapporteur spécial sur la violence faite aux femmes publiait, le 10 juin, un nouveau rapport sur « la violence à l'égard des mères », dénonçant l'avortement pour cause économique et l'avortement sous contrainte. Ne cherchez pas l’information dans la presse, vous ne la trouverez pas ! Pourtant, selon une enquête IFOP (Institut français d’opinion publique) réalisée pour le Planning familial, en septembre 2024, 29 % des femmes ayant eu recours à une interruption volontaire de grossesse déclarent avoir ressenti une forme de pression en faveur de cette décision lors de leurs échanges avec un professionnel de santé.

Un rapport « qui ne crée pas d’obligation juridique », détaille, auprès de BV, Nicolas Bauer, juriste au Centre européen pour le droit et la justice, mais qui a au moins le mérite d’aborder ce sujet si sensible de manière pragmatique. Quant à l'affaire de Charlène, celui-ci décrypte la suite de son audition : « La commission des pétitions a décidé de poursuivre l’examen de la pétition. Il est probable qu’elle sera transmise à la commission des libertés civiles ainsi qu’à celle des droits des femmes. Ces commissions pourront décider de lui donner une suite politique, législative ou budgétaire. »

Les femmes qui souhaitent garder leur bébé demain seront-elles mieux accompagnées ou quasi systématiquement aiguillées vers l’avortement ? Le simple fait de s’interroger vous expose déjà à être privé de débat. Il y a des sujets auxquels on ne touche pas…

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 26/06/2026 à 12:21.

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Iris Bridier
Journaliste

Vos commentaires

29 commentaires

  1. Pour vivre, les féministes ont besoin d’argent. Accuser un pauvre migrant n’a aucun sens puisqu’il n’est pas solvable…… même s’il est violeur. Seuls sont intéressantes les affaires mettant en cause des gens aisés. Auxquels ont peut réclamer des espèces sonnantes et trébuchantes. Beaucoup d’associations dites féministes ne vivent que de çà.

  2. On peut tout de même attendre de la part du Planing Familial qu’on tente de faire garder l’enfant et non le contraire. ll me semble qu’il y a beaucoup trop de facilité pour avorter en France par rapport en Allemagne. C’est trop rapide. Une femme peut avorter et le regretter ensuite parce qu’elle n’a pas eu assez de conseils pour faire autrement.

  3. N’en déplaise à certains hommes, l’avortement est un droit. N’en déplaise aux autres, ce n’est pas une obligation.
    Mais, quand une femme journaliste reproche à un footballeur d’avoir préféré être auprès de sa femme pour son accouchement, « qui est un moment dégueulasse », plutôt que d’aller taper dans un ballon, fût-ce pour le Mondial…

  4. La loi Veil est un droit et non une obligation. Liberté. Il y a cependant une contradiction dans le discours gouvernemental, d’un côté : il faut « faire des enfants » et de l’autre, favoriser l’avortement… Mais je ne suis qu’une « pov vieille » de 83 ans et je suis un peu perdue dans tout ce cirque, bien qu’étant du corps médical…

      • Certes, La loi Veil nous disait même qu’avec la libéralisation des moyens de contraception, les demandes d’avortements finiraient par disparaître. J’y ai cru un moment, et sans doute Mme Veil a-t-elle été dupe également.
        N’empêche que 50 ans plus tard, l’avortement est bel et bien considéré comme un moyen de contraception pour celles qui proclament leur droit au ‘choix’, mais continuent à négliger tous les autres, et l’inviolabiité de leur corps, alors qu’il s’agit de violer celui d’un autre individu.

  5. Encore une raison de plus de ne pas voter pour le RN qui ne s’opposa pas à l’inscription de ce droit dans notre constitution .Ces députés et ses chefs de file ne sont que des résistants de pacotille qui n’agiront que sur les marges des problèmes fondamentaux , voire , pour ce qui concerne notre catastrophe de dénatalité , repousseront les solutions qui ont été mises en oeuvre sous Orban en Hongrie et par Poutine en Russie .

    • Heureusement que nous avons réussi à inscrire le droit à l’avortement dans notre Constitution tant le risque d’arriver au pouvoir d’un mouvement d’extrême droite est réel.
      Rappelons qu’il s’agit d’un droit et non d’une obligation.
      Les femmes peuvent avoir en France autant d’enfants qu’elles le souhaitent.
      Le droit des femmes à disposer de leur corps est un droit fondamental.
      Merci à Simone Veil.
      Nous avons vécu trop longtemps dans l’hypocrisie, des femmes allant se faire avorter à l’étranger au risque parfois de perdre la vie, avant que cette loi offre une alternative sérieuse.

      • Un tout petit détail que vous oubliez ! Il ne s’agit pas de leur corps ! Et ne me faites pas le coup de « l’amas de cellules ». Ou alors vous aussi vous n’êtes qu’un amas de cellules et le château de Versailles n’est qu’un tas de briques !

      • Oui merci à Simone Veil mais elle n a certainement pas pensé que l avortement deviendrait une méthode de contraception pour certaines.

  6. « …ces femmes (les féministes) qui se battent d’une manière hystérique… ». Le qualificatif hystérique s’appliquant à ces forcenées est presque un oxymore dans la mesure où sa racine grecque « hystéron » signifie « qui est en rapport avec l’utérus ».

  7. À quand un délit d’entrave au droit de poursuite de la grossesse et l’inscription de ce droit dans la constitution ? Il existe une asymétrie flagrante entre la protection de la grossesse et la protection du « droit » de l’interrompre et elle est bien dénoncée dans cet article. Tout est fait avec l’argent public pour aider les femmes qui désirent avorter mais il n’y a que de petites associations isolées pour aider les femmes à garder leurs enfants et les protéger parfois de leur conjoint ou de leur famille.

  8. Il n’est pas possible d’aborder cette question de manière dogmatique comme le font nos très chers gauchos (ceux qui défendent « en même temps » le port du foulard islamique et l’égalité de la femme, sans y voir de contradiction).
    On ne peut forcer une femme à avorter si elle souhaite garder un enfant, mais, je pense, que si le mari ne veut pas de cet enfant, il doit être déchu de ses droits et la future maman s’engager à ne pas en faire père de force. Il a a beaucoup de cas de femmes qui ont piégé les hommes, les droits des uns ne peuvent être en opposition avec le droit des autres.
    Nous ne devons cependant pas oublier que nous avons un problème de natalité et que la bataille pour l’avortement ne doit finir en guerre contre l’enfantement.

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