Editoriaux - Polémiques - 16 juillet 2019

Rugy, un ex-ministre d’État qui ne connaît pas la « Marseillaise » !

Si d’aucuns pensaient, il y a deux jours, que Rugy avait été limogé, ils ont eu la preuve contraire télévisuelle, confirmée par de longues séquences en gros plan lors du défilé du 14 Juillet à Paris.

Placé immédiatement derrière le Président, à gauche – protocole ou symbole ? -, des images répétitives des différentes chaînes d’info nous ont imposé le cadrage sur les deux têtes, alors que l’on cherchait en vain celle du Premier ministre.

Macron détendu, ou souriant, ou attentif, puis totalement intériorisé, les yeux clos, lors du dernier refrain de la « Marseillaise ». Rugy, arrogant, bouche close, scrutant l’objectif de la caméra et apparemment ailleurs. Entonnant l’hymne national avec une curieuse bouche en cul-de-poule sur les voyelles finales pourtant ouvertes. Comme à contrecœur !

Mais las, après le premier couplet, blocage total et bouche cousue pour les autres – que l’on n’entend pas souvent, il faut bien l’admettre. Je pensais, cependant, que le CV d’un président de l’Assemblée et d’un ministre, et a fortiori d’un ministre d’État, exigeait ce symbolique bagage républicain, à défaut d’autres qualités nommément désignées ou avérées.

Depuis l’avènement de Macron, il y a eu quatre ministres d’État, que furent François Bayrou, Nicolas Hulot, Gérard Colomb avant l’actuelle vedette de Mediapart. Les trois premiers ont quitté le gouvernement, avec petites casseroles pour le premier, sans préavis et fort peu courtoisement pour le second, avec sa bonhomie toute provinciale pour le troisième.

Et écrivant mon petit pamphlet, j’apprends que le quatrième vient de présenter sa démission. Bingo !

Quel destin ou mauvais sort s’acharne donc sur ces fauteuils surélevés du gouvernement Philippe ? Est-ce à cause de la dignité et prééminence protocolaire qui les mettent en lumière sous les spots médiatiques ou la prérogative que leur attribue le titre de pouvoir organiser des réunions interministérielles ? Autour d’une table ronde, en salle de réunion ou à la cantine du ministère.

Vite, attendons la nouvelle nomination ! Au rythme de ce jeu de massacre gouvernemental, ce sont six têtes qui pourraient tomber dans les trois ans qui nous séparent de la fin du mandat de Macron.

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