Le temps passe et revient sur ses pas : se pose très sérieusement la question de savoir s’il ne faut pas revenir sur la mixité dans les classes. Et il ne s’agit pas des « quartiers sensibles » où la condition des filles n’est pas toujours enviable, mais de l’exemple de la très respectable institution Saint-Jean-de-Passy, dans le dossier du Point de cette semaine consacré au “nouvel essor des femmes”.

En effet, dans cet établissement mixte, du primaire aux prépas, garçons et filles sont séparés au collège, quatre années pendant lesquelles les classes fonctionnent en parallèle. La raison est clairement exposée et assumée : il ne s’agit pas de protéger les filles, mais les garçons qui, dans ces années, sont plus indisciplinés qu’elles, étourdis – immatures, en un mot. D’où un désavantage que la séparation annule, les garçons cessant ainsi de mépriser le travail et les bons résultats comme « trucs de fille ». En tenant compte des spécificités des uns et des autres, il est constaté que la séparation profite aux garçons qui, en général, décrochent plus que les filles.

Et si, en , la séparation n’existe que dans certains établissements privés, d’autres pays se sont posé plus sérieusement la question d’un enseignement différencié. Or, la mixité avait été, dans les années 70, ardemment réclamée et obtenue au nom de l’égalité et surtout du droit des unes et des autres à « vivre ensemble ». Avaient aussi été supprimées, dans les concours de la fonction publique, les listes distinctes entre hommes et femmes : les concours devenaient mixtes en 1974. Conséquence fâcheuse : dans l’enseignement primaire, il n’y a quasiment plus que des femmes, et elles sont majoritaires dans le secondaire. Les hommes réussissent moins bien et plus le ratio féminin augmente, moins ils ont envie apparemment de se diriger vers ces métiers. Même constat dans la magistrature. Résultat fâcheux : les garçons, dans un monde où les divorces sont nombreux et les familles monoparentales (femme + enfants) se multiplient, ne se trouvent entourés, jusque dans l’adolescence, que de femmes – mères, nounous, institutrices, professeurs de collège… De plus en plus d’observateurs et chercheurs se préoccupent du phénomène sans aller, pourtant, jusqu’à réclamer des quotas ou, mieux, car plus juste, le retour à des listes distinctes aux concours. Ce n’est pas, en effet, que les femmes soient plus intelligentes ni plus créatives, ni qu’elles seront de meilleurs enseignants : elles travaillent plus et surtout plus régulièrement et se conforment plus aisément aux codes et aux exigences des examens. En séparant les voies, on recrute les meilleurs des deux sexes ; en les confondant, les femmes sont favorisées. Or, si elles réclament des quotas partout où elles sont minoritaires, elles se gardent bien de céder du terrain quand elles l’emportent. Le bruit qu’elles font autour de la parité des salaires et des fonctions, le fracas des porcs balancés cachent bien ce qu’une philosophe citée dans le même hebdomadaire appelle “nouvelle obsolescence des hommes” : autrement dit, l’installation d’un matriarcat que favorise la maîtrise de la procréation et où se rencontrent la dénonciation de l’Occident et surtout celle du « mâle blanc ».

On voit donc que la remise en cause de la mixité scolaire va plus loin que le désir de protéger ces pauvres collégiens trop agités, distraits, travaillés plus par leurs hormones que par le souci de faire leurs devoirs.

24 mai 2018

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