Dans ces colonnes, Georges Michel a dénoncé l'entêtement inquiétant de nos gouvernants, en France et dans l'Union européenne, à vouloir toujours plus d'immigration et à vouloir nous l'imposer, en dépit du ras-le-bol des peuples. Eh bien, au lendemain de l'enterrement du jeune Thomas, au lendemain des émeutes anti-migrants en Irlande, au lendemain de la victoire aux Pays-Bas du parti anti-immigration, il s'est trouvé un ministre d'Emmanuel Macron et d'Élisabeth Borne pour venir tranquillement réclamer à la radio 100.000 ou 200.000 immigrés de plus, pour les dix ans qui viennent.

C'est le ministre de l'Industrie, et il s'appelle Roland Lescure. Peu connu, c'est pourtant un homme clef de la Macronie depuis le début. Sa fiche Wikipédia nous apprend que, diplômé de Polytechnique, il prit sa carte au Parti socialiste pour soutenir DSK avant de devenir l'un des premiers contributeurs financiers pour la campagne d'Emmanuel Macron en 2017. Il avait auparavant bien gagné sa vie à la tête d'un des plus gros fonds de pension nord-américain (Caisse de dépôt et placement du Québec, CDPQ). Nous avons parfois du mal à traverser la rue, nous y sommes parfois importunés par l'immigration qu'il veut encore augmenter, mais lui navigue aisément entre ancien et nouveau monde, secteur privé étranger et gouvernement français. Il fut aussi le principal artisan de la loi Pacte sur la privatisation d'Aéroports de Paris pour laquelle l'association Anticor avait alors évoqué un risque de conflit d'intérêts potentiel, la CDPQ faisant partie des potentiels repreneurs d'ADP. Voilà pour le CV de M. Lescure. Celui d'un mondialiste accompli, assumé. C'est le mot qu'il employait quand Mediapart lui faisait remarquer qu'à la tête de ce fonds de pension, il avait doublé les investissements dans les paradis fiscaux.

Notre économiste voit donc les choses de haut, en investisseur mondialiste, en comptable de flux. Il a donc fait ses petits calculs, constaté que la vieille Europe ne faisait plus d'enfants (tiens, à qui la faute ?) et que l'industrie française aurait donc besoin de centaines de milliers d'immigrés supplémentaires pour occuper des postes bien précis. Pas seulement des docteurs ou des ingénieurs, mais des soudeurs et des métalliers.

Les attaques au couteau, les zones de non-droit, les banlieues islamisées, les enseignants égorgés, non, M. Lescure ne connaît visiblement pas : il reste sagement dans son couloir de l'industrie. Je croyais qu'à Polytechnique, on apprenait à mesurer la complexité d'un problème, à ne pas le regarder sous son seul angle économique, par exemple. Roland Lescure a cependant un noble dessein : « réindustrialiser le pays » (tiens, mais là encore, qui l'a désindustrialisé ?).

Il prend même beaucoup de précautions oratoires pour faire passer la pilule des 100.000 ou 200 000 de plus : « Je n’ai pas dit qu’il fallait ouvrir grandes les vannes de l’immigration économique. » Il essaie de minimiser comme il peut : « Ce n’est pas le tsunami. Ce n'est pas le Grand Remplacement. » Non, juste quelques gouttes d'eau supplémentaires dans un verre qui déborde déjà. En ce 25 novembre où la France est sidérée par la tuerie de Crépol et se remémore avec colère toutes celles qui l'ont précédée, M. Lescure est venu nous prévenir que la loi de Darmanin allait voir s'allonger la liste des métiers dits « en tension » qui sont le nouveau prétexte pour faciliter davantage encore l'immigration.

M. Lescure n'a-t-il donc pas compris que ce ne sont pas les métiers qui sont en tension, mais les Français, ulcérés par ce gouvernement qui manque totalement de décence et de retenue ?

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26 novembre 2023 à 20:51

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96 commentaires

  1. « Métiers en tension »?
    Quel est le sens de ces termes?
    Il y a certes des métiers trop pénibles pour être assumés aux fainéants de longue durée !
    Qu’ on supprime l’ assistanat et qu’ on forme les fainéants aux métiers dits sous tension!
    Assez de l’ assistanat qui ruine notre pays!

  2. « …Pas seulement des docteurs ou des ingénieurs, mais des soudeurs et des métalliers…. » Plutôt la version XXIe siècle de l’esclavage « revisité » et rétribué au lance-pierre qui, a fortiori, engloutira la force ouvrière française et/ou européenne. Pas folle la guêpe !!!

  3. Reste à espérer pour l’honneur de la famille que ce pingouin n’ait aucun lien avec Louis-Marie de Lescure, dit Le Saint du Poitou (1766-1793), chef vendéen mortellement blessé au combat, qui déclara sur son lit de mort « J’ai toujours servi Dieu avec piété, j’ai combattu et je meurs pour lui ». Il aurait pu ajouter « Et pour mon roi ». D’un Lescure à l’autre, ce ne sont pas des siècles qui passent, mais des années-lumière!

  4. On sent bien qu’il a beaucoup fréquenté DSK ! Comme quoi on n’apprend pas forcément la réalité à Polytechnique. Il ferait mieux d’aller sur le terrain des Industriels que j’ai fréquentés dans tout le Sud de la France. Ce n’est pas avec ce genre d’individu que les Français ( y compris les Chefs d’Entreprise et les Artisans et Agriculteurs ) s’en sortiront.

  5. Après avoir désindustrialisé notre pays au profit de la « matière grise »(merci à Mr TCHURUK), nous voici revenus trente ans après avec un nouveau polytechnicien qui prône l’exact contraire de cette politique. Il est vrai que la France désormais réduite presque à un pays du tiers monde et à défaut d’ingénieurs et de chercheurs, se doit de revenir à des temps plus anciens où la main d’œuvre à bon marché et exploitable à merci, pourra fabriquer l’invention du siècle: la voiture électrique. Celle qui consomme de l’électricité « énergie propre!  » mais dont personne ne connaît l’empreinte carbone de son stockage ni de sa production. Retour à l’usine qui a laissée de mauvais souvenir à bien des générations , l’immigration n’est-elle pas la nouvelle trouvaille de nos élites déconnectées pour remplacer un monde ouvrier trahi dans l’illusion d’un monde nouveau ?

    1. En réponse à Personne : « Métiers en tension » en plus de la coutellerie certainement, l’électricité mais, quoi de plus normal. A voir le CV de ce monsieur, l’intelligence ne se mesure pas aux diplômes mais bien, à l’observation et aux bons gestes à y apporter. Tel notre Président, nous sommes gouvernés par des gens bombardés de diplômes mais, incapables de redresser une entreprise quand bien même celle-ci s’appelle France.

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