Rima Hassan : des méfaits, des plaintes… et le silence des juges

Alors que ses dérapages gagnent en gravité, Rima Hassan continue de jouir d’une étonnante impunité judiciaire.
Capture d'écran Le Figaro.
Capture d'écran Le Figaro.

L’ère de l’incroyable impunité de Rima Hassan arriverait-elle enfin à son terme ? Ce mercredi 4 février, l’eurodéputée pro-palestinienne s’en est violemment prise à Laurent Duplomb, élu républicain à l’origine d’une initiative visant à réintroduire l’utilisation de certains insecticides dans un nouveau texte parlementaire. « Plus de deux millions de Français et Françaises s’y opposent, mais cette ordure revient à la charge. Je me demande combien il a pris des lobbies de l’agro-industrie », a-telle persiflé, sur X. Et l’égérie d’extrême gauche d’inciter les internautes à « poser la question » au sénateur en pointant vers son adresse mail. « Dans une démocratie qui va bien, sa place est en prison », a-t-elle encore ajouté, dans un autre tweet.

Insulté, le parlementaire Laurent Duplomb a annoncé saisir la présidence du Sénat. Il a également tenu à répondre directement à Rima Hassan. « La seule chose, Madame, qui guide votre action politique est le chaos. Car seul le chaos est finalement votre projet politique », a-t-il accusé. Pour le sénateur LR, il n’échappe « à personne que tous les moyens sont bons, et surtout la défiance vis-à-vis des institutions UE, pour alimenter le projet anti européen de LFI ».

Vers une levée d’immunité ?

Les Républicains ne souhaitent pas en rester là. C’est le cas, notamment, de Céline Imart, qui avait déjà été confrontée elle-même à des attaques du même acabit. Effarée par les insultes adressées à son collègue sénateur, la vice-présidente des LR pointe des propos « inacceptables ». « Ce qu’elle dit est clairement une incitation à la haine, une inversion totale de toutes les valeurs du débat démocratique. Je ne comprends pas que les élus de tous bords ne soient pas déjà en train de réagir ! », s’indigne Céline Imart.

Rima Hassan pourrait-elle voir son immunité parlementaire menacée par ses multiples dérives ? Pas sûr. Il n’est pas possible, pour un parti, de demander une telle levée d’immunité tant qu’une juridiction française n’entame pas la démarche en France. Et comme chacun sait, la magistrature ne manifeste guère d’empressement à donner suite aux procédures visant certaines figures d’extrême gauche. Néanmoins, les Républicains estiment que le dossier de l’eurodéputée dite « insoumise » est suffisamment chargé en matière de plaintes pour justifier une action. « Il faudra bien que la Justice sanctionne de tels comportements destinés à pourrir le débat public, qui ne peuvent que nourrir des fractures, voire un appel à la guerre civile », espère Céline Imart.

Il se trouve qu’en août 2024, déjà, une cinquantaine de députés Renaissance avaient demandé la levée de l'immunité parlementaire de Rima Hassan. Ils lui reprochaient sa participation à une manifestation pro-Hamas en Jordanie. Les élus du camp présidentiel estimaient que l’eurodéputée LFI s’était « rendue coupable de provocation à la haine raciale, mais également d'apologie du terrorisme » par « ses nombreuses déclarations et par sa participation récente, le 16 août 2024, à une manifestation antisémite pro-Hamas en Jordanie ». Le groupe Renaissance avait déposé un signalement devant le procureur de la République sur la base de l'article 40 du Code pénal, des sanctions disciplinaires avaient été demandées à l’encontre de l’intéressée, une députée belge avait elle aussi demandé l'ouverture d'une enquête et François-Xavier Bellamy avait déposé plainte pour « menaces de mort » et « incitation à commettre un crime contre un élu »… en vain. En dépit des éléments à charge, les poursuites n’avaient pas abouti et Mme Hassan s’en était tirée sans le moindre accroc.

La mise en danger d’un journaliste

Comme le savent les spécialistes de la délinquance, l’absence de sanction engendre la récidive. Cette maxime pourrait également s’appliquer à certains élus d’extrême gauche : à défaut de butée réelle et dissuasive, ils vont toujours plus loin. Après les élus, Rima Hassan s’en prend désormais aux journalistes. Mercredi 4 février, la députée européenne a ainsi publié, sur X, un message dans lequel elle nomme et désigne comme cible l’un de nos confrères, employé au service « international » du Parisien et auteur d’un article sur les liens de Jeffrey Epstein avec la Russie. Ce journaliste, écrit-elle en taguant son nom, « a signé ce papier. Pour mieux nous faire oublier la piste du Mossad. » Dans une autre mention, elle persiste dans son obsession antisioniste et suggère à sa communauté de taper « Israël » puis « génocide » sur le compte du journaliste incriminé. Une mise en danger dénoncée par la SDJ du Parisien. « Cet appel à peine déguisé au lynchage en ligne a été reçu 5/5 par des propagateurs de haine qui ont, dans les heures qui ont suivi, envoyé à notre confrère des dizaines de messages d’une violence inouïe, pour beaucoup à caractère antisémite, et pour certains des appels au meurtre. […] Nous sommes d’autant plus indignés que la personne à l’initiative de ce torrent nauséabond est une élue de la République qui devrait – plus que n’importe quel citoyen – s’attacher à défendre, ou à tout le moins respecter l’État de droit et la liberté de la presse. »

Sur X, le correspondant européen à Libération, Jean Quatremer, a lui aussi dénoncé les agissements de l’élue LFI. « L'impunité de la députée européenne Rima Hassan qui viole toutes les valeurs de l'Union doit cesser. Que fait la justice qui est pour le moins inerte dès que LFI est en cause ?, s’est-il interrogé, non sans raison. Cette femme est un danger pour la démocratie ! »

Comme sur tant d’autres sujets, la balle est désormais dans le camp de la Justice. Espérons qu’il reste encore quelques juges insoumis aux « Insoumis »…

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 07/02/2026 à 16:24.
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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

63 commentaires

  1. Il va falloir arrêter avec l’argument tarte à la crème « État de droit ». Personne n’est capable de le définir et tout le monde se réfugie derrière ce terme pour arrêter tout débat et toute action.

  2. Parce que vous croyez vraiment que les juges rouges vont entamer une procédure arrivant à son terme envers cette furie ? Arrêtez de croire au Père Noël et si c’était le cas,le verdict serait un non-lieu. Dans ce pays on préfère condamner les identitaires, Némésis ou autres, mais certainement pas les extrêmes gauchistes. Tout ça c’est du vent la justice.

  3. l’acetamipride est interdit en France mais autorisé dans toute l’UE
    La libre circulation des marchandises permet à des français d’acheter des produits traités à l’acetamipride
    Nos paysans sont donc lésés par rapport aux autres
    Ahh ! Si nous étions chez nous et libres de nos décisions !

    • Oui c’est déloyal, nous jouons avec des dés pipés mais ce n’est pas un jeu mais la vie de nos agriculteurs, viticulteurs qui se jouent et c’est intolérable

  4. Pour les gauchoos tout est permis puisque cette droite (qui n’est pas de Droite) est si molle. Il y a bien longtemps que je les aurais fait raser les murs.

  5. Si la droite (la vraie) prend le pouvoir en 2027 il faudra qu’elle remplace l’ensemble des juges de gauche.

  6. Plus de sécurité, plus de justice. Les français face à eux-mêmes. La gauche les a fait rêver, elle va les faire pleurer maintenant.

  7. Le syndicat de la magistrature est ouvertement à gauche! A force de créer des intouchables, les juges créent de tyrans et des dictateurs.

    • Exactement tout est permis, elle à raison de continuer puisque personne ne l’arrête. Aucune sanction, aucun reproche .. La vie est belle…

    • Absolument, ces gens là sont en tout points préservés par la justice qui ne recule devant rien pour sanctionner un membre d’un parti de droite qui dirait le quart des déclarations de ces racistes haineux.

  8. Elle est une française par naturalisation.
    Il devrait être facile de demander sa dechéance de nationalité française.
    La loi devrait être revue pour interdire, aux binationaux et voir trinationaux la possibilité d’accéder aux fonctions électives et fonctionnariat.
    Certains pays le font .
    Question de loyauté.
    Car en tant que français , je me fous royalement des problèmes des palestiniens dont , je n’ai que faire .
    Les portugais songent voter une loi , obligant les portugais naturalisés et condamnés a 5 ans ferme a être déchu de leur nationalité portugaise. Pour être explusés.
    Ce dimanche auront lieu les élections présidentielles portugaise entre l’extrême droite et les socialistes

  9. Un tiers des juges adhèrent à un syndicat d’extreme gauche , le reste est majoritairement socialiste , donc ils rendent une justice politique , on l’a vu dans l’élimination des candidats qui ne leur conviennent pas aux élections , Fillon par exemple , on a jamais vu les hermines galoper aussi vite , et Le Pen ou le droit est tordu comme il faut afin de la condamner , par contre Mélenchon bénéficie d’une immunité totale .
    Harangue de Baudot aux magistrats qui débutent début des années 70 .
    « Dans vos fonctions, ne faites pas un cas exagéré de la loi et méprisez généralement les coutumes, les circulaires, les décrets et la jurisprudence. Il vous appartient d’être plus sages que la Cour de cassation, si l’occasion s’en présente. La justice n’est pas une vérité arrêtée en 1810. C’est une création perpétuelle. Elle sera ce que vous la ferez. N’attendez pas le feu vert du ministre ou du législateur ou des réformes, toujours envisagées. Réformez vous-mêmes. Consultez le bon sens, l’équité, l’amour du prochain plutôt que l’autorité ou la tradition.
    La loi s’interprète. Elle dira ce que vous voulez qu’elle dise. Sans y changer un iota, on peut, avec les plus solides « attendus » du monde, donner raison à l’un ou à l’autre, acquitter ou condamner au maximum de la peine. Par conséquent, que la loi ne vous serve pas d’alibi. »

    • Donc c’est clair, n’appliquez pas la loi, faites comme bon vous semble. On se demande pourquoi on paie plus de 500 gugusses pour légiférer pour que les lois soient appliquées à la tête du justiciable.

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