Coup de tonnerre après la décision de la Cour suprême américaine. En France, plusieurs manifestations ont vu le jour pour pointer du doigt ce qui se passait de l’autre côté de l’Atlantique.

Même mobilisation sur les réseaux sociaux, où la jeunesse de France a fait entendre sa voix en affichant des propos comme ceux de la journaliste Salomé Saqué : « N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Face à ce recul historique des droits fondamentaux des femmes, cette phrase de S. de Beauvoir résonne particulièrement. Nous ne lâcherons rien. » Comment interpréter ces propos liés à une situation américaine qui n’a pas d’égal en France ? Même la porte-parole de la Marche pour la vie, Aliette Espieux, reconnaît que « ce qui se passe aux USA n’est pas possible chez nous ».

Une jeunesse progressiste

La France semble acquise à toutes les « avancées » sociétales. Le climat, Black Lives Matter, les Ouïghours en Chine ou encore l’IVG font un large consensus au sein de la jeunesse française. L’avortement est perçu comme positif par une écrasante majorité de la population. De Macron à Mélenchon, d'Élisabeth Badinter à Caroline Fourest en passant par Line Renaud, de nombreuses personnalités ont pris position. Selon une étude menée par l’IFOP en 2020, 49 % des Français jugent normaux les 230.000 avortements par an « car avorter est un acte auquel les femmes peuvent être exposées au cours de leur vie ». De plus, en 2014, 75 % des Français se disaient favorables à une IVG sans restriction. La porte-parole de la le déplore : « L’avortement est vu comme un droit fondamental et féministe [...] parce que ça touche à l’intime et il y a une peur de heurter les personnes quand on parle de ce sujet. » Autant dire que la remise en cause de l’avortement en France n’est pas pour demain. Même si certains jouent à se faire peur en indiquant que tout ce qui se passe aux États-Unis arrivera un jour ou l’autre en France...

Les États-Unis ne sont pas la France

Au-delà de l’opinion publique, le monde politique est unanime ou presque. En témoigne la proposition de la majorité présidentielle, soutenue par la gauche, d’inscrire dans la Constitution le droit à l’avortement. En France, les mouvements pro-vie ne peuvent pas être aussi virulents qu’au pays de l’Oncle Sam. « On ne peut pas remettre en cause l’IVG, c’est tabou ! » affirme Aliette Espieux. La jeune femme prend pour exemple ce soir où Émile Duport, porte-parole des Survivants, était invité sur le plateau de Cyril Hanouna — en 2018 — pour débattre de l’avortement. Le présentateur à succès a reçu avant la fin de l'émission un message de Marlène Schiappa pour lui signifier son étonnement de voir un pro-vie s’exprimer. Autre différence avec les États-Unis, les valeurs chrétiennes encore très présentes outre-Atlantique. « Le grand problème des catholiques en France, c’est qu’ils sont mous, incapables de revendiquer leur foi ! », confie Aliette Espieux.

Pourtant, une jeunesse décomplexée se lève et ne se décourage pas. « On a de plus en plus de militants au sein de la génération pro-vie », constate Aliette Espieux. Chaque année, ils sont plusieurs milliers de jeunes à battre le pavé pour défendre la vie. Ils savent que les minorités font l’Histoire. Et ils espèrent bien incarner cette minorité.

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27 juin 2022

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19 commentaires

  1. Une bonne partie des « bonnes âmes  » françaises s’accordent et acceptent plus de 230.000 décès par avortement en France par an. Combien d’entre elles s’offusquent tous les jours des morts en Ukraine. Or combien savent que le chiffre des morts en Ukraine est depuis février inférieur de plus de la moitié aux avortements français ? Suicide collectif !

  2. Que cette règle soit inscrite dans le marbre de la constitution serait une bonne chose , l’avortement étant interdit et impossible chez les musulmans , cette règle nous protègerait de l’invasion musulmane qui nous attend, ou pour le mieux la retarderait

  3. L’avortement légal et remboursé, c’est le droit pour (certains) hommes de ne pas assumer leurs responsabilités.

  4. Les Etats unis ne sont pas la France …. et il faut savoir distinguer l’ ivg d’urgence qui est un bien de l’ivg de confort faisant office de contraception et qui n’est pas souhaitable car elle banalise trop l’acte …

    1. je suis bien d’accord et puisqu’il y a la contraception, il ne devrait plus avoir d’avortement sauf en cas de viol ou d’inceste, toutefois je ne juge personne !

  5. « Une foule importante à Paris pour défendre le droit à l’IVG et pour dénoncer la décision de révocation à l’avortement aux Etats-Unis. »

    Donc une foule importante à Paris pour défendre le droit au meurtre des enfants et dénoncer le réveil de certains états américains de cette pauvre amérique en décadence tant sur le plan moral qu’éthique.

    Mais l’article me donne une note d’espoir :  » « On a de plus en plus de militants au sein de la génération pro-vie », « plusieurs milliers de jeunes »

  6. La France semble acquise à toutes les « avancées » sociétales…
    C’est juste l’impression donnée par les médias unanimes… qui finissent par réduire au silence les opposants.
    Les opinions dont façonnées par les médias qui créent l’opinion et bien peu d’esprits libres osent le dire.

  7. La gauche et les féministes sont d’une mauvaise foi totale : les juges américains ont simplement dit que cette  »question de santé » (selon les avorteurs eux-mêmes) relève constitutionnellement de chaque état : c’est pas çà la démocratie aux USA ? Hereusement la gauche est bête. Malheureusement la droite(en France) l’est encore plus…
    En France la démocratie c’est le RIC : aucune de nos mauvaise loi n’aurait été votée par les Français. Vite le RIC !

    1. Merci de rappeler la réalité de la décision de la cour suprême américaine qui n’a rien aà voir avec l’interdition de l’ivg.

  8. Si mon cerveau ne me joue pas de tour, faire entrer l’IVG dans la constitution, c’est constitutionnaliser la peine de mort…par ailleurs, les US par la décision de la Cour Suprême, n’interdisent pas l’IVG, mais le renvoie aux différents états, ce qui n’est pas la même chose, et si les femmes appliquaient la contraception libre gratuite et socialiste, serait ce trop demander quand on connait les dégâts de l’IVG.

    1. Merci de rappeler la réalité de la décision de la cour suprême américaine qui n’a rien aà voir avec l’interdition de l’ivg.

    1. Et porter pendant neuf mois le résultat d’un viol ou d’un inceste, ou un monstre malformé, c’est beau ? Je refuse que l’on utilise l’avortement comme moyen de contraception, mais il y a des limites à la soi-disant défense de la vie.

  9. Certes la France est loin de l’Amérique mais à entendre tous les médias, experts et donneurs de leçons Français j’arrive à me demander si on ne fait pas parti de ce pays d’Amérique qui nous envahi et nous pille de tous nos biens pour survivre faut-il aller jusqu’à la guerre pour refaire leur gloire perdue et effacer leur dette que plus personne ne peut payer. La France étant sur la même ligne avec les mêmes groupuscules mafieux qui ont tous leurs origine en Amérique.

  10. Combat d’arrière garde que celui contre l’IVG. Un embryon n’est pas un foetus. Dans le temps lorsque l’on n’avait aucune idée de comment se faisait la procréation, qu’on invoquait un acte divin passe encore, mais aujourd’hui, il faut se calmer. Autant il faut lutter contre la légalisation des avortements tardifs, dans les 2 premiers mois, il n’y a pas encore d’enfant, juste des cellules.

    1. Oui, et deux mois ça fait huit semaines, donc la limite à 12 semaines était largement suffisante.

  11. La loi de Simone Veil a été dénaturée de son sens premier qui était d’éviter que les femmes avortent dans des conditions dangereuses pour elles. Ôter la vie est un acte grave qui ne doit pas devenir une banalité car ouvrant tout le champ des possibles. La sénatrice américaine a raison de rappeler les valeurs chrétiennes des USA. Puisse en France quelqu’un s’élever pour revenir à la loi initiale et mettre fin à ces infanticides.

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