Réforme polémique des titres-restaurants : le salarié, grand oublié
On pouvait croire que les titres-restaurants resteraient à l’abri des polémiques gauloises, mais une proposition de loi, dont le dépôt sur le bureau de l’Assemblée nationale est prévu avant le prochain été, a suffi à déclencher les hostilités. À la tête des frondeurs, l’Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), qui représente environ 70 % des entreprises du secteur. L’objet de leur colère, c’est l’une des mesures figurant dans la PPL et qui prévoit de rendre définitive la dérogation temporaire instaurée en 2022 du fait de la crise sanitaire, permettant l’utilisation des titres-restaurants pour régler les achats alimentaires dans les commerces alimentaires, grandes surfaces comprises. « Notre part de marché glisse vers la grande distribution », s’insurge Franck Chaumès, président de la branche restauration de l’UMIH.
Les restaurateurs en perte de vitesse
Face aux restaurateurs, il y a Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, mais surtout ancien PDG de Système U et ancien administrateur d’Auchan. Un curriculum vitæ qui a, à lui seul, de quoi rendre méfiant un restaurateur.
La PPL défendue par le ministre propose certes d’étendre la validité d’utilisation des titres-restaurants à tous les jours de la semaine, dimanche compris. Mais pour les restaurateurs, c’est là une fausse bonne nouvelle. « Le ministre nous laisse les miettes », déclare, quant à lui, Frank Delvau, président de l’UMIH Paris Île-de-France. D’autant plus que les autorisations d’ouverture dominicale des grandes surfaces s’étendent, n’assurant donc aucune exclusivité à la restauration. « La vraie mesure ici, c’est que le titre-restaurant est transformé en titre alimentaire », argumente Frank Delvau. En effet, et selon le baromètre réalisé pour Openeat (acteur du secteur des titres-restaurants) par l’institut Selvitys, les bénéficiaires de titres-restaurants les utiliseraient désormais pour 44 % en grande distribution alimentaire, contre 38 % l’an passé, pour 31 % dans les restaurants (contre 35 % en 2025), et pour 25 % dans les boulangeries ou les traiteurs (contre 28 % en 2025).
Serge Papin, ministre du Pouvoir d'achat, annonce que "tous les salariés" pourront utiliser leurs titres-restaurant le dimanchehttps://t.co/c3bL6j7o4a
— BFM Business (@bfmbusiness) April 4, 2026
À ce sujet — Tickets-resto : le gouvernement navigue à vue
Le « resto » : moins bon, plus cher ?
La question est ici de savoir si ce grignotage de parts de marché par les grandes surfaces alimentaires est dû à la dérogation accordée en 2022. Il est assez probable que ce soit le cas, mais tout aussi probable que cette dérive révèle aussi un changement plus profond des habitudes. L’étude « Restauration – Les Habitudes des Français », menée par Qualimétrie et Vertone, publiée en février 2020, donc juste avant le début de l’épidémie de Covid-19 en France, est à ce titre instructive. 56 % des actifs y déclarent fréquenter encore des restaurants lors de leur pause de mi-journée, mais la moitié disent raccourcir le temps qu’ils y consacrent.
Et, fort logiquement, ceux qui n’y vont pas (ou plus) sont 52 % à se sustenter avec un repas acheté tout prêt dans les commerces ou préparé à la maison, et 22 % à l’acheter dans les commerces de restauration rapide. Par ailleurs, la même étude montre que les principales raisons de la moindre fréquentation des restaurants « traditionnels » relèvent de la qualité perçue, autant des plats qui y sont servis que du service lui-même. Dès lors, les salariés bénéficiant de titres-restaurants ne peuvent que s’interroger sur la pertinence du restaurant du midi au quotidien, si l’on y mange et y est servi moins bien qu’avant, et qu’en plus, son coût est élevé (coût qui s’accroît sensiblement lorsque l’on travaille en région parisienne ou dans des endroits où les prix sont élevés).
L’intérêt supérieur doit rester celui du salarié
À Serge Papin, qui défend sa réforme en invoquant la nécessité de répondre au problème de pouvoir d’achat dû à la guerre en l’Iran, Franck Chaumès répond que « cela ne réglera rien sur le pouvoir d’achat, il n’y a que 15 % des Français qui bénéficient de titres-restaurants »... Mais, conscient sans doute que la désaffection des restaurants par les salariés constitue un choix contraint, l’UMIH semble se concentrer sur une nouvelle ligne de défense, celle de plafonds de dépenses différenciés couplés à une TVA identique : « Nous voulons le fixer à 25 euros pour la restauration, 15 euros dans la grande distribution », comme cela avait été temporairement instauré pendant la crise du Covid-19.
Que chacun des métiers qui le peuvent cherche à profiter au mieux d’un marché de six millions de clients potentiels, cela peut se comprendre, mais en gardant en tête que les titres-restaurants sont avant tout au service de ces six millions de salariés. Lesquels ont l’absolu besoin de pouvoir vivre de leur métier. Qu’il s’agisse du repas de la mi-journée au travail ou du carburant pour s’y rendre puis en revenir, la question est bien de pouvoir travailler pour vivre et non l’inverse.
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35 commentaires
Manifestement, le ministre a trouvé comment faire monter la pression chez les gargotiers.
Ces tickets dits restaurant sont une belle arnaque dont certains (les créateurs) s’en sont mis plein les poches. Dans ma jeunesse (les années 60) je travaillais dans le bâtiment et on bénéficiait sur la fiche de paye de ce que l’on appelait la prime de panier réservées à ceux qui travaillaient sur les chantiers. C’était très bien mais certains ont trouvé là un filon pour s’enrichir en créant ces fameux tickets cadeau dont Stéphane Cherki maire d’Eze dans les A.M. et Jacques Borel empereur de la mal bouffe.
Il suffit de savoir lire: chèque RESTAURANT
Suppression pure et simple de ces trucs qui ne servent qu’à taxer un peu plus ceux qui produisent pour bénéficier aux assistés. Trop de redistribution tue la charité.
Quand on perd ses racines on va à la dérive, en droit il en est de même si on ne remonte pas aux sources on ne sait plus pourquoi cela existe et alors on improvise et on a perdu de vue l’utilité première
« Le salarié oublié » … et encore combien de petits salariés ‘en n’ont pas de ces tickets restants
J’en connais beaucoup qui n’en n’ont jamais bu ne serait-ce que la couleur.
Ils ne savent même pas comment ça marche.
Un avantage réservé payé par qui ?
citez moi quelque chose qui vas dans se pays qui donne la priorité a l’étranger
Papin bosse pour sa gamelle et celle de ses potes, les restaurateurs pour la leur. La grande distribution a des droits, ds privilèges que l’état refuse aux petits commerçants, aux restaurateurs, en effet, tu ne peux acheter ton pain le 1er Mai dans une boulangerie du coin, mais tu peux le faire dans le centre commercial d’a côté ouvert ce jour là. Le ticket restaurant le dimanche est une aberration, tout comme l’ouverture des centre commerciaux ce jour là. Je connais nombre de restaurateurs qui font le plat du jour à 10 euros, leur établissement est bondé en semaine. Mais je crains qu la volonté étatique soit de détruire ce qui fait el charme de notre pays avec ses petits restos, ses bistrots, que l’on déniche au détour d’une départementale. L’état aimerait des restos de la malbouffe ces trucs de chaine dont on ne connait pas l’origine des produits, tout comme l’état veut imposer le pain industriel, ce truc immangeable vendu dans les supermarché.
Pour finir, comment l’état pourrait il affirmer que les tickets resto utilisé dans un supermarché ont servis à acheter exclusivement à manger? Les journalistes qui invitent Papin ne lui poseront jamais la question, c’est très ennuyant que eux aussi soit si éloignés de la vie du quidam moyen.
Si les salariés avaient un salaire décent, il n’y aurait pas besoin de tickets-restos.
C’est bien joli de vouloir les ticket restaurant uniquement dans les restos. Mais les restaurateurs arrêteraient de jouer les pleureuses ca irais deja mieux. Deja il y a quelques années la TVA a ete baissée pour les restaurants mais on a jamais eu la repercussion sur les prix mais des qu’il y a une hausse quelconque sur un prix la oui ils repercutent. Donc perso les tickets resto qui servent pour les courses en supermarche je suis plutot pour.
Et surtout on n’a jamais vu d’amélioration au niveau de l’emploi comme les restaurateurs s’y étaient engagés. Par contre combien on changé de voitures ?
Pas question pour moi de m’apitoyer sur les restaurateurs :
Ils ont obtenu une baisse de la TVA voici quelques années. Les clients en ont-ils vu un quelconque effet?
Tout à fait, baisse de TVA pour soi-disant pour créer des emplois ?……
Il n’y a plus de limites à l’idiotie et à l’assistanat dans ce pays France qui profitent toujours aux mêmes ! il doit y avoir une raison que seul la haute voyoucratie publique parisienne peut expliquer.
Une bonne réforme à envisager est la suppression pure et simple de cette usine à gaz que seule notre parlement bien conseillé par la bureaucratie est capable d’inventer. Réintégrons cette dépense des entreprises dans le salaire, baissons un peu les charges et laissons les salariés utiliser leur salaire comme ils l’entendent. Cela éliminera les intermédiaires assoiffés, les restaurateurs qui en profitent. un petit pas vers la réduction de nos dispositifs absurdes.
A l’origine ça avait été créé pour que les salariés dont l’entreprise n’avait pas de restauration ne soient pas pénalisés et ça évitait aussi à l’entreprise de s’équiper, puis petit à petit le but a été perdu de vue et c’est devenu un avantage social comme un autre, évidemment c’est mieux de faire son marché le dimanche si l’entreprise vous paie une partie du repas dominical.
Vous avez peu de chances d’être entendu car vous parlez » bon sens et simplicité » !
Le Ticket Restaurant ont été instaurés comme une petite réponse aux charges excessives sur le travail…
Les ré-intégrer dans les salaires, baisser très légèrement les charges salariales pour que tout le monde en profite, et mettre fin à cette usine à gaz serait de la. plus grande utilité !
On imagine pas le pognon gaspillé en gestion administrative, impression des tickets… et puis est-il normal que ces fameux tickets soient réservés aux salariés des grandes entreprises qui ont les moyens de les gérer, aux fonctionnaires… bref tous ceux qui ne sont pas les plus mal lotis !
Nos dirigeants schadoks adorent ces usines à gaz issues de cerveaux sous-utilisés de quelques législateurs démagogiques qui ne font qu’augmenter les inégalités du monde du travail !
L’origine des tickets restaurants c’était pour que ceux qui n’avaient pas de cantine dans leur entreprise ne soient pas pénalisés et ça évitait aux entreprises une structure pour les déjeuners
Du jour où j’ai compris que les restaurateurs faisaient de gros bénéfices grâce aux « employés NON déclarés » et qui en même temps demandaient des « ristournes » patronales, j’ai arrêté de me servir des tickets restaurants … au restaurant ! …
Ce ne fut plus que dans des magasins de nourritures que je les dépensés ! …
Pas d’amalgame comme on aime à nous le répéter, seuls certains restaurants et on les connait ne déclarent pas leurs employés. Pour avoir fait la comptabilité des restaurateurs pendant 40 ans je peux dire que ça c’est fait de moins en moins ça existait sans doute à une certaine échelle dans les années 60 mais avec la législation du travail, les risques encourus ça a pratiquement disparu sauf dans une certaine catégorie de restaurants qui ont du mal à s’adapter à notre mode de vie.
Il vaudrait mieux supprimer l’existence des titres restaurants et verser en salaire ce que ce type d' »avantage » coûte à l’entreprise.