Reconquête repart en campagne dans 330 circonscriptions

©Inès Chopard
©Inès Chopard

« Le courage de la vérité ». Non, il ne s’agit ni de François Fillon et encore moins de Michel Foucault, mais bien du nouveau slogan de la campagne des législatives de Reconquête. Au lendemain de l’échec d’un accord électoral avec le Rassemblement national (RN) et sur fond de grave crise interne, le parti d'Éric Zemmour relève le défi des législatives. « Pour la victoire de nos idées et contre l’islamo-gauchisme, Reconquête investit 330 candidats aux élections législatives », écrit le président de Reconquête, sur X. Des candidatures qui pourraient coûter de précieux bulletins aux candidats de l'alliance RN/LR, plaident ces derniers. Cette inquiétude est dissipée d'un revers de main par un responsable local de Reconquête dans l'Oise : « Nous l'avons promis, nous n'avons placé que des candidats qui ne porteront pas préjudice aux listes de droite en difficulté dans certaines circonscriptions face à la gauche ou l'extrême centre. »

Quid de l’union ?

Sur son compte X, le président du parti – Éric Zemmour a d’ores et déjà annoncé qu’il ne serait pas candidat, comme ce fut le cas en 2022 – n’épargne pas le RN : « Nous aurions voulu faire campagne dans une véritable union nationale, mais le Rassemblement national a refusé à plusieurs reprises notre proposition que tant de Français appellent de leurs vœux. » L’union des droites s’est faite sans Reconquête. Mais l’ancien journaliste star du Figaro promet : « Après avoir examiné avec attention la carte électorale, nous avons décidé de ne nous présenter que dans 330 circonscriptions sur 577, afin d'être certains de ne pas nuire aux autres candidats de droite engagés dans cette campagne. »

Même posture face aux candidats Les Républicains fidèles à Éric Ciotti. « Nous avons également refusé d’investir des candidats devant les artisans de l’union nationale, annonce-t-il encore. Reconquête apporte donc son soutien à Éric Ciotti, Nicolas Dupont-Aignan, Christelle D'Intorni, Charles Prats ou encore Guilhem Carayon. » Pas un mot pour Marion Maréchal ni même pour les candidats Rassemblement national. Pourtant, il l’assure sur Europe 1 : « La trahison est derrière moi. »

« Deux candidats m’émeuvent particulièrement : Évelyne Reybert et Patrick Jardin »

Parmi les 330 candidats Reconquête, deux noms portent une histoire douloureuse. Évelyne Reybert, mère de Julien, victime d’une attaque terroriste en avril 2020 à Romans-sur-Isère, et Patrick Jardin, père de Léa, victime de l’attaque du Bataclan, seront tous deux candidats aux législatives pour le parti d’Éric Zemmour. Respectivement investis dans la 4e circonscription de la Drôme (face à Thibaut Monnier, fidèle parmi les fidèles de Marion Maréchal et co-fondateur de son école l'ISSEP), et la 4e circonscription du Nord, ceux-ci déclarent, dans un communiqué commun publié sur X le 17 juin 2024 : « Nous sommes candidats Reconquête pour la mémoire de nos enfants tués par le djihad. » Sur Europe 1, face à Cyril Hanouna, le président de Reconquête exprime sa reconnaissance : « Deux candidats m’émeuvent particulièrement : Évelyne Reybert et Patrick Jardin. »

Tous deux le lui rendent bien. « Grâce à Éric Zemmour, nous appartenons au même parti. C’est aujourd’hui avec fierté que nous annonçons notre candidature aux élections législatives sous les couleurs de Reconquête », lancent les candidats, avant de conclure : « Nous faisons cela pour la France, pour nos enfants, pour Julien et pour Nathalie, pour que cela n’arrive plus jamais. » Reconquête repart en campagne.

Julien Tellier
Julien Tellier
Journaliste stagiaire à BV

Vos commentaires

84 commentaires

  1. En cas de victoire de la gauche il est possible que quitter le pays devienne inévitable pour pouvoir sereinement observer la catastrophe à la télé, un peu comme les inondations ou les tsunamis, c’est mieux quand c’est loin.

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