Ils étaient 10.000 à 15.000, samedi 8 août. Il en resterait, ce lundi, plus de 5.000. Des milliers de fêtards à avoir envahi, en toute illégalité et faisant fi de l’interdiction des rassemblements de plus de 5.000 personnes, en plein parc national des Cévennes, un terrain agricole privé. Que font les autorités ? Elles encadrent, elles soignent, elles distribuent, elles laissent faire.

Plus de vingt ans que les rave-parties ont vu le jour. Des milliers de « raveurs », parfois venus de l’Europe entière, en bagnole, en vans, en 4×4, à prendre d’assaut des terrains de particuliers, à la campagne, sans demander leur avis et qui les retrouvent saccagés, y planter leur tente, se pinter et se trémousser jour et nuit sur de la musique techno à plein tube. Sur la commune de Hures-la-Parade, samedi, pour s’installer sur l’objet de leur convoitise, ils ont coupé, quasiment au nez et à la barbe des propriétaires, les barbelés du pâturage destiné à faire brouter leurs brebis.

Le maire de la commune est très remonté. Il affirme que les terres seront pour la saison « inutilisables » et parle de « conséquences économiques ». En effet, sous l’effet de millions de piétinements, les bêtes, qui n’auront plus le moindre petit brin d’herbe à se mettre sous la dent, devront « être nourries autrement ». Une saison anéantie en quelques jours pour leurs propriétaires par des individus sans scrupule, dont il est à parier que beaucoup d’entre eux se prétendent écologistes…

Le responsable régional de la coordination agricole est furax : « Quand je vois les contraintes que l’on impose aux agriculteurs qui ne peuvent pas déplacer un caillou du causse sans être verbalisés, et ces 15.000 personnes qui font absolument ce qu’elles veulent sur le causse, sans porter de , je me dis que cela doit changer. »

Avec les décisions prises par les autorités, il peut toujours l’espérer ! Deux escadrons de gendarmerie mobile (120 hommes), 50 gendarmes départementaux non pas pour faire déguerpir les milliers d’indélicats mais à « se relayer pour éviter que des véhicules ne repartent pour des questions sanitaires liées au risque de propagation du Covid-19, et aussi de sécurité routière ». Logique ! On ne va pas s’attendre, de la part d’individus qui violent la propriété privée pour faire la fête, qu’ils respectent ni les gestes barrières ni ne s’abstiennent de picoler ou de se droguer avant de repartir !

Et madame le préfet du département, elle en pense quoi, de ces raveurs ? Qu’ils « ne respectent rien, que les Lozériens sont profondément choqués », que trois éleveurs sont « lésés » et qu’« après le confinement, des inondations et maintenant la sécheresse, ils sont excédés ». Et donc ? Elle va ordonner illico l’évacuation de leur terrain ? Bah non, la préfète se préoccupe du sort des fêtards. « Il y a des gens qui consomment des stupéfiants, des gens avec de très jeunes enfants, et donc nous, nous assurons aussi, par cette grosse chaleur, qu’ils ne manquent pas d’eau ». Mais que ces très jeunes enfants traînés par leurs parents en pleine rave manquent, forcément, de sommeil, ça ne choque pas la préfète ?

Ce n’est pas tout. Si, toutefois, les gendarmes veillent à barrer l’accès à des raveurs retardataires, madame le préfet a aussi envoyé « un poste médical avancé » et la Croix-Rouge. Et, cerise sur la , « les autorités ont aussi distribué des masques – 15.000 ! – et du gel hydroalcoolique… » pour des gens qui se fichent des gestes barrières comme de leur première sauterie.

Le maire conseille aux habitants de se calfeutrer chez eux et de verrouiller leurs granges pour cause de cambriolages et de vols, comme il y a vingt ans, pendant une rave-party. Madame le préfet, en plein risque sanitaire, préfère laisser faire et détruire une pâture plutôt qu’interdire une rave-party. Douce France…

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