Les occasions de rigoler ne sont pas si fréquentes, alors quand il en passe une, il ne faut pas l’ignorer.

Dans une époque qui en regorge déjà, un nouveau comique nous est né : il s’appelle Raphaël Glucksmann. C’est un jeunot dans le « stand-up », pas encore tout à fait au point dans l’impro mais touchant dans son personnage d’anti-héros.

Invité à la grande « Émission politique » de la semaine passée sur France 2, c’est peu dire que notre bonhomme a raté son entrée. Il l’a d’ailleurs reconnu sans ambages, l’a même confessé : « Je ne suis jamais rentré dans le débat. » Déstabilisé, désarçonné, le garçon : « Je regardais et je me disais : si la situation est si grave, pourquoi, Yannick, on n’est pas en train de se battre ensemble, en fait ? Pourquoi on n’arrive pas à faire quelque chose de commun, et je me mettais dans la tête du téléspectateur qui regardait, et on exposait des idées et finalement c’était presque les mêmes. […] Je sais qu’il ne faut pas faire ça, je suis désolé… je sais qu’il ne faut pas écouter les autres quand on va à un débat… »

Petit bonhomme ! Il fait de la peine.

Il faut dire que, pour ses débuts sur la scène nationale, le fils du philosophe maoïste André Glucksmann n’a pas choisi la facilité. A-t-il choisi, d’ailleurs ? Pas si sûr… En vérité, il en fallait un suffisamment naïf pour conduire la liste des moribonds de gauche aux européennes, et c’est tombé sur lui. Pas de bol ! Le voilà donc catapulté dans l’arène pour défendre l’improbable rassemblement de Place publique, du et de Nouvelle Donne.

Quand je dis improbable, c’est parce que le premier, Place publique, est né fin 2018. Le second, le Parti socialiste, est en coma dépassé depuis belle lurette, et le troisième, Nouvelle Donne, inconnu de ma concierge comme de moi-même. Improbable, aussi, parce que ce malheureux Glucksmann fils se fait copieusement dézinguer par les éléphants de son bord (Hollande le premier) et n’a, pour l’instant, reçu comme soutien affiché que celui de son adversaire, tête de liste des Républicains : le jeune François Xavier-Bellamy.

Pauvre Raphaël qui a une tête de pis-aller et des amis qui le soutiennent comme la corde soutient le pendu. Il est vrai qu’il y a dans son pedigree quelques bricoles qui dérangent. Par exemple, le fait qu’il ait été, durant douze ans, le conseiller de Mikheil Saakachvili, le très libéral et controversé président de la Géorgie. Pas vraiment l’ami des socialistes…

Mais alors, me direz-vous, pourquoi envoyer le jeune Glucksmann au casse-pipe ? C’est simple : parce que personne n’a voulu s’y coller. Parce que tout ce beau monde est incapable de s’entendre. Parce qu’il fallait un « couillon » dans le rôle du porte-drapeau et c’est tombé sur lui.

Le point positif de tout ça, c’est une campagne assez surréaliste. Je vous conseille d’aller regarder le petit pot-pourri vidéo qu’en a tiré L’Opinion sur son site. D’ailleurs, pour égayer les soirées électorales, je suggère à une entrée en scène qui ne manquerait pas de panache. Une chanson pour démarrer, en parodiant Annie Cordy, par exemple :

« J’voudrais bien mais j’peux point
C’est point commode d’être à la mode
Quand on est parachuté
C’est pas facile d’avoir du style
Quand on est un gars comm’ moué
Entre le parti et ses figures
Vraies grenouilles de bénitier
La vie est dure quand on aim’ philosopher »…

10 avril 2019

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