Rafael Nadal s’est imposé, le dimanche 9 juin, pour la douzième fois sur le court central de -Garros, à l’issue d’une finale sans véritable suspense (6-3/5-7/6-1/6-1) : à la différence de l’actuel numéro deux au classement ATP, l’Autrichien Dominic Thiem n’avait point bénéficié d’une journée de récupération, sa précédente rencontre face à Novak Djokovic étant interrompue par la pluie à plusieurs reprises. Ainsi, l’adversaire du Majorquin (le même que l’année dernière) était trop émoussé, physiquement, pour pouvoir opposer une réelle . À tous les points de vue, l’ex-numéro un mondial (de 2008 à 2009, de 2010 à 2011, de 2013 à 2014, mais aussi en 2017) est un bulldozer (vainqueur quasi systématique du prestigieux tournoi de la porte d’Auteuil depuis quatorze ans, de 2005 à 2008, de 2010 à 2014 et de 2017 à aujourd’hui).

À 33 ans, Nadal conserve le physique de ses premiers succès : muscles d’acier, visage de jeune guerrier cheyenne et un regard noir de colère. Car, derrière l’icône, se cache sans doute une idée, voire une idéologie. En effet, les Espagnols ont toujours mis un point d’honneur à imprimer leur marque sur la terre battue française : une résistance inégalée dans l’échange au point de pouvoir jouer plus de cinq heures sous le cagnard (à l’image de Sergi Bruguera, Carlos Moyà et Arantxa Sánchez). D’authentiques taureaux programmés pour écrabouiller l’adversaire dès que ce dernier tombe au sol. Étant, de plus, neveu d’un ancien joueur du FC Barcelone (Miguel Angel) ainsi que d’un coach de tennis (Toni), « Rafa » semble investi de la mission de terminer ce que ses prédécesseurs avaient réalisé. Gaucher sur le court et droitier dans la vie pour qu’aucun angle de la géométrie du court n’échappe à ses frappes de mule. Tel le minotaure, Nadal est une machine à broyer. Résultat, à ce jour : 18 couronnes en Grand Chelem.

Malgré l’éclatement de « l’affaire Puerto », en 2006, concernant autant le cyclisme professionnel (dont le team Once, auquel appartenait le coureur français Laurent Jalabert à cette époque) que le et le tennis (« Puerto » fut le nom de code de l’opération généralisée de dopage imaginé par le docteur Eufemiano Fuentes), le sport espagnol reste peu soupçonné. Les journalistes spécialisés sont, manifestement, obligés de se taire. Un sport sans idole est, de fait, un sport sans gloire. Et sans recettes…

Pour que l’honneur soit sauf, Nadal se devait de pointer du doigt la de son pays en charge de l’affaire en question (comme le rapporte Christopher Buet sur le site de L’Express, le 3 mai 2013). Pourtant, rien n’empêchera l’inconscient collectif (Carl Gustav Jung) de voir en Nadal l’équivalent ibérique du personnage qu’interprétait Dolph Lundgren dans Rocky IV (film américain sur l’univers de la boxe, écrit et réalisé par Sylvester Stallone et sorti en 1985) : le soldat pur-sang menant un soft power, autrement dit « une guerre de persuasion ».

Un nouveau conquistador pour un nouveau monde : là où le gladiateur, homme-outil, est supplanté par l’exécuteur, homme-machine. En attendant l’avènement des humanoïdes…

11 juin 2019

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