[L’ÉTÉ BV] Qu’on se le dise : le remède au Grand Remplacement, c’est le Grand Enfantement
Cet article a été publié le 13/01/2026.
Comme si l'hiver démographique n'était pas assez alarmant, un nouveau courant apparaît : le gender disappointment, ce sentiment de déception à l'idée d'attendre un garçon. Quand cessera-t-on de détester la maternité ? alerte Gabrielle Cluzel.
Les chiffres de l’INSEE sont tombés et sont - hélas - historiques : pour la première fois, la France compte plus de décès que de naissances. Les Échos parlent de « grand basculement démographique ». Le Point évoque une natalité « en chute libre ». Indice de fécondité : 1,56 enfant par femme. Un record… à la baisse, inédit depuis 1918. À l’époque, au moins, les raisons étaient évidentes.
Qu’on se rassure : il ne s’agit ni de sommer chacun d’avoir dix enfants, ni de jeter l’opprobre sur ceux qui n’en ont pas, par choix ou pas. Mais simplement de tirer la sonnette d’alarme. On peut ne pas avoir d’enfant et comprendre qu’une société sans enfants est une société sans avenir.
Une baisse de 23 % des naissances : alerte maximale !
En 2010, dernier « point haut » selon l’INSEE, la France était encore à 2,02 enfants par femme. La baisse atteint près de 23 %. C’est massif. L’exception française s’est dissoute dans la moyenne européenne. Certes, la population augmente encore un peu, mais uniquement grâce à l’immigration. Quant à l’âge moyen à la maternité, il dépasse désormais 31 ans. Or, on ne renouvelle pas une civilisation au même rythme quand les générations se succèdent tous les 25 ans ou tous les 40.
Désormais, comme au Japon, et en Chine, les ventes de couches pour adultes dépassent, chez nous, celles des bébés. En dix ans, ces dernières ont chuté de plus de 20 %. Un indice « consommation » aussi parlant que l’indice pizza du Pentagone (quand les livraisons du pizzaïolo d'à côté explosent, c’est qu’une opération se prépare). Alerte maximale.
Nous n'en sommes qu'à l'apéritif...
Et en France, nous n’en sommes encore qu’à l’apéritif. La génération du baby-boom, devenue papy-boom, est encore vaillante : elle s’occupe des associations, des petits-enfants, parfois même, pour la queue de la cohorte, de ses propres parents. Mais quand cette génération aura disparu, que restera-t-il ? On a réformé les retraites sans jamais poser la question démographique. Le Président a bien lâché, un jour, l’expression « réarmement démographique », mais les faits racontent un désarmement continu. Les Égyptiens ont inventé la pyramide de Khéops, les macroniens la pyramide de Ponzi. Cette boutade anonyme fait mal, car c'est toute l'histoire de notre modèle social redistributif. Sur le plan matériel comme sur le plan affectif. Un enfant dans une chambre d’EHPAD, c’est des sauts sur le lit ou dans le fauteuil roulant, des dessins sur le menu et la télécommande confondue avec l’alerte infirmière. C’est la vie. Et c’est irremplaçable.
Au Japon, la mort solitaire, le kodokushi, est devenue un phénomène de masse. En France, 750.000 personnes seraient déjà en situation de mort sociale. Pendant ce temps, on a méthodiquement détricoté la politique familiale. Hollande et la modulation des allocations ont marqué un tournant. Macron n’a pas corrigé la trajectoire. On aurait dû se méfier de son ministère des Familles qui était un ministère "dé-famille".
La réforme des retraites a ignoré les mères quand elles auraient dû en être le cœur du réacteur. Aujourd'hui, les mères qui ont élevé les cotisants de demain survivent aujourd’hui avec des retraites de misère.
Plus qu'un manque d'argent, la détestation de la fécondité
L’argent ne fait pas tout, mais il compte. La Hongrie ou l’Italie, avec des politiques natalistes volontaristes, montrent qu’on peut infléchir - doucement - la courbe. Surtout, elles envoient un message clair : ce que vous faites pour vos enfants est utile à toute la société. Une aide financière, c’est aussi une reconnaissance symbolique.
Mais le cœur du problème est culturel. Notre époque entretient une véritable détestation de la fécondité. Un féminisme idéologique a fait croire que utérus et cerveau étaient inversement proportionnels. On apprend aux jeunes filles à se méfier de leur fécondité comme d’une maladie chronique. La grossesse est hypermédicalisée, l’enfant présenté comme un danger pour le portefeuille, la planète et la silhouette. Angela Merkel n’a pas d’enfant, Ursula von der Leyen en a sept : la première, comparée à l'autre, est-elle vraiment une sylphide ?
On déteste aussi l’âge adulte, la transmission, l’autorité. Le marketing du « No Adults » en dit long : rester éternellement jeune, sans attaches, sans héritiers. C'est pourtant le meilleur moyen de rester jeune, de mettre un pied dans l'éternité. Vous ne pourrez, sauf à être parfaitement ridicule, passer sous la table pour tirer la galette à 40 ans passés. En revanche, renouant avec ce rituel pour vos enfants, vous n'aurez certes plus jamais la fève (elle ira au plus véhément ou au plus tricheur), mais vous serez comme un roi (parfois fatigué, certes) entouré par votre progéniture.
Enfin, hasard ou non, les familles nombreuses résistent là où l’enfant est accueilli comme une bénédiction : chez les catholiques pratiquants en France, comme chez les juifs orthodoxes en Israël. Non par ignorance de la pilule - ces femmes ne vivent pas sur la Lune - ou parce qu'elles auraient un plus grand appartement et une plus grande aisance financière, mais parce qu’il existe un climat favorable à la vie. La dénatalité n’est donc pas une fatalité. Elle est le produit de choix politiques et culturels.
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124 commentaires
C’est quand même curieux que le spécialiste du jet-ski proclame le « réarmement nataliste » et que son gouvernement diminue les allocations familiales. Ils lui ont fait dans le dos ou obéi à ses ordres ?
Ça ne serait pas la 1ère fois qu’il annonce une mesure et fasse faire son contraire.
La gauche est au pouvoir depuis 2012…..Au tout début de l’arrivée de Sarkozy au pouvoir la natalité avait un peu repris. Non que Sarkozy fit des miracles avec une vraie politique de droite, mais il les avait promis. Cela suffit. La gauche est un éteignoir à espoir, les gens le sentent même quand ils votent pour eux. Ils sont comme ces gens malheureux en ménage mais qui se persuadent que leur conjoint est exemplaire, « ils n’ont rien à leur reprocher »…..Où j’habite à La Rochelle, paradis des bobos en goguette, les familles aisées de bobos ont souvent plusieurs enfants. Tous les jeunes couples qui ont des situations convenables et sans trop d’incertitude font des enfants. Le problème est que la précarité sociale et l’insécurité font peur…..
Quand je lis cela et en même temps comme dirait l’autre, je vois partout des immeubles en construction pour des logements privés, je me gratte le menton…
Il faudrait changer la politique, remettre les aides familiales, et cesser les critiques sur la famille. Cela fait près de trente ans que les jeunes femmes ont été fragilisées par l’état de notre pays, toute confiance en l’avenir est partie.
Même si c’est largement sous-entendu, les « bons chiffres » de la France sont gonflés par les communautés étrangères.
Qui osera faire les comtes ?
Dans ma petite commune rurale du Gard, quand sur le bulletin municipal il y a le carnet des naissance (et celui des morts) l’évidence est là.
Quand osera-t-on le diré ouvertement ?
Tout comme vous je suis attentive à l’état civil en fin du journal de la ville trimestriel, et je constate tout comme vous la même chose hélas ….
La France est déjà surpeuplée, nous sommes trop nombreux en France et sur la planète. Mais c’est normal de se marier et avoir au moins deux enfants.
Le progressisme nous aura dégoûté de tout : de nous unir, de faire des enfants, de vivre. Plus destructeur que le communisme.
Allez , hop sous la couette !
Le grand enfantement se pratique déjà en France, certains en ont bien compris les enjeux.
Quant à celui qu’on souhaite, c’est ailleurs que j’espère que mes fils l’envisageront, puisque ils ont quitté le pays et même l’Europe.
Il y a une solution: la Naprotechnologie. Qui cessera de la censurer ?
Les Britanniques de souche seront minoritaires dans les écoles britanniques d’ici 2036…
Ils le sont déjà
Bravo Gabrielle ! Je te cite :
» Le féminisme a fait croire que utérus et cerveau étaient inversement proportionnels »
Con ! clusion: les jeunes filles, de nos jours , possèdent 60 % des diplômes universitaires !
Pour leur future carrière, elles mettent en panne leur utérus au moment où leur fécondité est maximum !
Puis, elles veulent un enfant à plus de 30, voire 40 ans ! Avec combien de difficultés !
C’est le moindre des paradoxes de ce » victimisme » .
Car pour faire un enfant, il faut un « Homme » = un « prédateur » celui qu’on leur a apprit à fuir, à mépriser ,à tenir en haine, le « toxique » !
Bref, les politiciens du « victimisme » ne manquent pas de mots pour dénigrer l’ennemi, comme l’extrême gauche!
Ces jeunes qui ne veulent pas d’enfants aujourd’hui pleureront parce qu’il n’y aura personne pour payer leur retraite demain… Z’ont pas fini de pleurer. « La cigale ayant chanté tout l’été SE TROUVA FORT DEPOURVUE LORSQUE L’HIVER FUT VENU…
Evidemment ! Quelle porte ouverte !!!
Mais relancer la natalité est une autre paire de manches : Aucun pays n’y est parvenu.
Entre la dénatalité et un monde se reproduisant sans fin , avec la même raison chez nous en France .
Faire des enfants à l’époque à laquelle on vit, médiocrité, corruption, l’ère du voyou et de la canaille … tout s’effondre, tout part à vau de l’eau … gouvernements pourris … je comprends que certains réfléchissent à deux fois avant de mettre au monde des malheureux qui vivront dans un enfer … ne seront pas soutenus et risquent fort de crever de faim … tout le monde n’est pas maso.
OUI juste qu’à la place de gouvernements pourris il faut ajouter « politiques et gouvernements pourris » à l’heure je ne voie plus un(e) seul pour sauver l’autre.