Un petit point sur le port du , histoire de rester dans l’ambiance qu’il ne faudrait surtout pas casser. Donc, depuis ce vendredi, 8 heures du mat’, le port du masque est obligatoire pour les piétons dans tout Paris et les communes de la petite couronne.

L’obligation se répand comme une traînée de poudre à travers le pays et l’on attend avec impatience le décret qui nous obligera à le porter sur la banquette du salon pour regarder le JT, et plus si affinités. D’ailleurs, pour , en visite dans un laboratoire à Villeneuve-la-Garenne, c’est « une contrainte raisonnable que nous devons accepter pendant un temps, parce qu’elle permet de ralentir la circulation du virus et […] à l’activité économique de repartir dans de bonnes conditions ». S’il le dit. Après les accommodements raisonnables de Juppé, la contrainte raisonnable de Macron.

Au-delà de ce combat retardateur contre la bête, on ne dira jamais assez combien le port du masque obligatoire dans la rue a des avantages secondaires qu’on ne pouvait imaginer au départ. Nous évoquions, la semaine dernière, le cas d’Avignon qui a ouvert des pistes cyclables « Covid ». Aujourd’hui, l’on découvre un autre bienfait inattendu : le port du masque condamne, de facto, sinon de jure, le fumeur de rue à l’abstinence. Anne Souyris, adjointe à la mairie de Paris, chargée de la santé, l’a dit autrement sur CNews, mais c’est tout comme : « De fait, il est interdit de fumer dans les rues car il est interdit d’enlever le masque. » Logique. Une façon, d’ailleurs, d’éviter l’empilement réglementaire. Donc, pas moyen de souffler deux secondes. Ce qui n’est pas sans rappeler l’interdiction de glander sur la plage au tout début du déconfinement. Il est donc aussi interdit de manger, si l’on a bien suivi, à moins, peut-être, à la limite, de le faire avec une paille. Là aussi, c’est que du positif. D’abord, parce que c’est mal élevé de manger en marchant. Mais, surtout, c’est pas bon pour la santé. Une étude réalisée par des chercheurs britanniques, en 2015, n’avait-elle pas révélé que le fait de manger en marchant augmente le risque de se goinfrer. Pire qu’en regardant la télé, c’est dire…

Mais l’on peut trouver encore tout plein d’autres avantages au port du masque. Prenez cette vilaine manie de siffler les filles qui passent dans la rue. C’est mal élevé et, comme le rappelait Mme Bourdelle à son fils Guy-Hubert dans Papy fait de la résistance, on ne siffle que dans les écuries. Ensuite, ça tombe sous le coup de la loi depuis l’instauration des outrages sexistes par Marlène Schiappa. Le port du masque permettra sans doute de définitivement éradiquer cette pratique machiste d’un autre temps. Ne parlons même pas de cette sale habitude de cracher dans la rue.

Enfin, un tout dernier avantage à porter le masque. Au niveau du vivre ensemble et du principe d’égalité si cher à notre vieux pays. Plus de visages disgracieux ou de belles gueules. Que des masques. Non, franchement, à bien y regarder, le port du masque ne présente que des avantages.

C’est pourquoi, du reste, on peut s’étonner que cette obligation du masque n’ait pas été étendue aux cyclistes, ne serait-ce que pour l’éducation des populations. Alors comme ça, le vélocipédiste va donc pouvoir manger et fumer en pédalant, à la barbe masquée du piéton. Est-ce bien raisonnable ?

28 août 2020

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