Quand un préfet stigmatise les « Kylian » et les « Andréa »
Un serviteur de l’État ne devrait pas tweeter ça. Le 20 août, le compte officiel de la préfecture de la Loire a publié, sur X, un étonnant « avis de recherche ». « À tous les "Kylian" et les "Andréa" de nos routes », débutait le message. Suivait une longue liste de mauvais comportements : absence d’arrêt au stop, usage délictueux du téléphone au volant, non-respect de la priorité à droite… Le tweet se concluait par un rappel cinglant : « Le Code de la route s'applique à chaque mètre parcouru, sans exception ! » Les Kylian et les Andréa apprécieront cette attention.
🚨 Avis de recherche ! 🔍
À tous les « Kylian » et les « Andréa » de nos routes : ceux qui pensent que le stop 🛑 ou le clignotant 💡 est une simple suggestion, que leur téléphone 📱 est une extension de leur main au volant, que la priorité à droite est une option… 🤦♂️
📢 Un… pic.twitter.com/npYYrBbgj4
— Préfet de la Loire (@Prefecture42) August 20, 2026
Cette plaisanterie n’a manifestement pas fait rire tout le monde. « D'où sortent ces deux prénoms ? Parce qu'en ce qui me concerne, ce ne sont pas ces deux prénoms qui me viennent naturellement à l’esprit », a commenté un internaute. « Que des prénoms européens… Vous êtes des racistes anti-Blanc ? », s’est inquiété un autre. Sur X, le lanceur d’alerte Damien Rieu a posé une question des plus légitimes : « Et pour les cambriolages, les vols et les agressions sexuelles, on peut avoir les prénoms ? »
Une polémique qui en rappelle d’autres
Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures, et celle-ci tend malheureusement à s’éterniser. Lorsqu’il s’agit de choisir une population à railler, les Français de souche font des dindons parfaits. Ils n’existent pas, paraît-il, mais chacun connaît parfaitement leur faciès et leurs prénoms. En novembre 2023, Île-de-France Mobilités et la SNCF avaient lancé une campagne contre les incivilités dans les transports. Le personnage choisi pour représenter l’ensemble des importuns avait largement indigné. Il s’agissait d’une femme entre deux âges, d’allure bourgeoise et prénommée… Séverine. « Ben voyons ! Comme chacun sait, c’est Séverine qui nous emmerde avec ses lasagnes dans les transports ! », avait alors ironisé le militant patriote Stanislas Rigault.
Ben voyons !
Comme chacun sait, c’est Séverine qui nous emmerde avec ses lasagnes dans les transports ! pic.twitter.com/kPOhDKBaq6
— Stanislas Rigault (@stanislasrig) November 20, 2023
Le problème s’était aussi retrouvé l’année précédente à Toulouse, dans une campagne de sensibilisation contre le harcèlement et les violences faites aux femmes. Dans le rôle de l’agresseur en chef, un homme blanc prénommé « Paul »… Le collectif féministe Némésis avait dénoncé ce déni du réel et avait détourné le visuel toulousain en proposant une version un peu différente.
La stigmatisation autorisée
Notre société est décidément celle du mensonge permanent. À la télévision, sur les panneaux d’affichage, dans les communications des autorités publiques, tout est fait pour cacher la réalité. Chacun sait, pourtant, que ceux qui hurlent au téléphone dans les transports, ceux qui commettent des « incivilités », ceux qui harcèlent dans la rue, ceux qui conduisent sans rien respecter ne se prénomment pas forcément Paul, Séverine ou Andréa. Mais on ne donnera pas les petits noms des contrevenants habituels ni leur profil vestimentaire ou ethnique. Dans la presse non plus. On s’en gardera bien, afin de ne surtout pas les « stigmatiser », ces pauvres chéris. On se refusera à communiquer leurs prénoms - comme dans l'affaire du meurtre de Thomas à Crépol - on on leur fournira des alias moins exotiques - comme dans l’affaire du meurtre d’Elias à Paris. Sauf qu’à force de vouloir à tout prix épargner certains profils de délinquants, on finit par en stigmatiser d’autres injustement.
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49 commentaires
La bonne vieille stratégie de la fausse fenêtre: détourner l’attention sur un autre danger (fictif ou réel) afin de cacher ce que l’on ne veut voir.
Ces prénoms comme , Brian (prononcé « Braillane » car il ne sont généralement pas brillants et reflète un manque de culture et de connaissance des traditions nationales dûs à une influence excessive des pseudo artistes multiculturels qui tuent les cultures régionels
Kevin et Matéo ont donc encore quelques beaux jours devant eux…A moins qu’ils ne se fassent dézinguer dans une « rixe de village »…
Ça va faire plaisir à Éric Zemour, que des prénoms comme il les aime..
Ils nous considèrent des gogols, on sait tous que ce sont les Kevin et les Matéo !
Ils devraient porter plainte pour diffamation et utilisation de leur prénom sans leur permission
Comme Sandrine et ses lasagnes et une autre campagne (il y en a tellement) où un prénom français était utilisé, l’anti racisme on en a marre, , leurs mensonges aussi
Absolument et c’est possible…quand un candidat à une élection propose une musique, il y un compositeur qui s’insurge pour l’utilisation de sa musique. Quand un individu se voit sur une affiche de droite ou patriote, il dépose plainte. Idem pour celui qui se trouve sur une liste de droite ou patriote, il est là à son insu, mais serait sans doute resté muet si c’était pour de l’extrême- gauche, on peut deviner…car ces plaintes sont gracieusement annoncées dans les médias pour gêner la droite, donc pour la gauche, omerta !
On se pince…
L’état utilise une technique de gauche, l’inversion accusatoire ; ça se retourne contre les français qui n’ont rien à se reprocher
Tout bascule dans une médiocrité générale, les préfets comme les autres …
C’est le même préfet récemment nommé.
Qui a fait annulé l’arrêté du maire lr de Saint chamond.
Arrêté municipal qui interdisait la sortie après 23h des mineurs âgé de moins de 16 ans .
Au grand dam du maire
c’est pas les Kilian ou les Andréa qui ne s’arrêtent pas et commettent des délits de fuite, roulent a 17 ans sans permis, font du rodéo urbain …
Excellent
Les prénoms ont peut être été changés (comme ils le font souvent) pour rester politiquement correct .
L’exemple vient de très haut : Déjà Darmanin avait détecté des hooligans au stade de France et des tas de Kevin et Matteo pilleurs de magasins après l’affaire Nahël. Il faut croire que la DGSI est quelque peu daltonienne ce qui perturbe la réalité dans ses rapports transmis aux autorités….
Kevin et Matteo, c’est déjà obsolète. Aujourd’hui, il faut dire Laurent et Gérald.
Les préfets sont nommés par Macron : quoi d’étonnant. Comment il s’appelle celui là ? Ben quelque chose ou simplement soumission ?