Quand l’ADEME glorifie un modèle allemand au bilan carbone… catastrophique !

Le raccourci lunaire de son directeur adjoint sur les "mérites" de l’éolien allemand n’a pas échappé aux spécialistes.
Photo de Andreas Geissler: https://www.pexels.com
Photo de Andreas Geissler: https://www.pexels.com

Dans la droite ligne des méthodes d’influence qu’affectionne l’ADEME, son directeur adjoint, Éric Vidalenc, a commis récemment sur son compte LinkedIn un raccourci qui n’a pas manqué de faire réagir les observateurs sérieux.

Souhaitant moquer les spécialistes de l’énergie ayant fait le constat de l’échec pourtant patent des choix stratégiques allemands, et principalement la sortie du nucléaire voulue par Angela Merkel et le pari du renouvelable (surtout éolien), Éric Vidalenc a d’abord rappelé qu’en 35 ans, « les renouvelables électriques sont passées de quelque 3 % à plus de 60 % ». Jusque-là, les statistiques confirment. Mais sur sa lancée, le directeur adjoint de l’ADEME en conclut que « cela a permis de baisser sur la même période les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l'énergie de 60 % ».

Or, si les émissions carbonées du secteur de l'énergie ont en effet été réduites de 60 % sur ces trois décennies et demie, la tournure du propos laisse penser que le développement de l’éolien en est le seul responsable. C’est là, au mieux, ce que l’on appelle un raccourci.

Le charbon, grand oublié

C’est omettre notamment que cette réduction des émissions de gaz carbonique (ce que l’on appelle l’intensité carbone) dans la production allemande d’électricité est due, pour une bonne part, à la diminution de la part du charbon dans le mix énergétique, le charbon étant très fortement émetteur de carbone. L’intensité carbone du charbon est en effet de 1.130 g par kWh d’électricité produite, quand elle est de 35 g pour le solaire, 13 g pour l’éolien, 11 g pour l’hydroélectrique et 5 g seulement pour le nucléaire. Cette donnée, qui n’intéresse visiblement pas Éric Vidalenc, est pourtant aisément vérifiable sur le site electricitymaps, dont les historiques remontent à 2017. Il nous apprend que la part du charbon dans la production électrique était alors de 36,93 % et qu’elle est tombée à 19,07 % en 2025. Rappelons, d’ailleurs, que cette part était déjà tombée à 23,34 % en 2023, année de l’arrêt du programme nucléaire allemand. Ce qui signifie que l’éolien n’a fait que continuer une politique d’abandon du charbon qu’avait entamée depuis longtemps et avec succès le nucléaire.

Éric Vidalenc omet aussi de préciser que la France (avec son nucléaire) n'est pas non plus pour rien dans les chiffres qu'il rapporte. L'Allemagne nous achète en effet de l'électricité (nous sommes son second fournisseur), dont la production (et, donc, la trace carbone) n'entre pas dans ses statistiques d'intensité carbone.

Il oublie, enfin, de rappeler que l'Allemagne est si contente de son « modèle renouvelable » qu'elle vient d'en couper les aides...

L’Allemagne, dernière de la classe carbone

Mais si le propos d’Éric Vidalenc a pu être jugé lunaire par les observateurs connaissant la réalité de la situation énergétique allemande, c’est qu’il donne la dérangeante impression de faire l’éloge d’un modèle germanique (du fait de son choix du tout renouvelable) qui ne mérite pourtant pas tant de louanges. Lorsque l’on prend en compte dans les calculs la totalité du cycle de vie des équipements, on constate que l’intensité carbone globale de la production d’électricité allemande atteint 342 g par kWh produit (gCO₂eq/kWh), contre 32 g en France. La production électrique d’outre-Rhin est donc plus de dix fois plus émettrice de gaz carbonique que la nôtre. Si l’objectif du directeur de l’ADEME était de vanter le choix allemand du tout renouvelable, c’est pour le moins manqué.

Cette publication, à la limite de la malhonnêteté par la façon dont elle présente les choses, est cependant cohérente avec la « méthode ADEME », largement éprouvée, et qui nous vaut des perles qui seraient comiques si tout cela ne relevait pas au final de la pure propagande écologiste punitive, comme en témoigne, entre autres, la tristement célèbre campagne « Plante ton slip », aussi ridicule que coûteuse pour le contribuable. Cette gabegie avait d’ailleurs fait l’objet, en mars dernier, d’une question écrite du député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, qui demandait un chiffrage de ces campagnes à répétition, que le gouvernement s’est soigneusement gardé de faire dans sa réponse.

Il est vrai qu’en regard du milliard d’euros que pèse l’ADEME dans les impôts des Français, la surprenante germanophilie de son directeur adjoint semble bien négligeable.

Vos commentaires

67 commentaires

  1. Par ailleurs, le dérapage du directeur adjoint de l’Ademe, dérapage qui semble idéologique, peut s’analyser sous un autre angle. Celui de la compétence de l’ensemble de nos dirigeants. A tenir de tel raisonnements superficiels volontaires qui relèvent de l’enfantillage, il nous est possible de croire que ce dirigeant n’est pas à sa place. Ajoutons qu’il est sous l’autorité d’un directeur qui a permis cette bévue, lequel, lui aussi, n’est pas à sa place. Extrapolons à tout ce qui touche à l’énergie sous tutelle gouvernementale, nous comprenons mieux le coût de cette énergie imposé aux français et notre dérive par rapport à la concurrence.

    Allons plus loin. Le couple Hollande/Macron a amorcé la pompe à co….. . En premier réduire nos potentialités en énergie nucléaire dont l’arrêt d’études et expérimentations dans la réutilisation des déchets, nous étions en pointe, et l’arrêt d’une centrale vitale. Ce qui a eu pour effets collatéraux, la perte de savoirs faire exceptionnels, tant chez nos ingénieurs que chez les professionnels, la perte de marchés potentiels aujourd’hui servis par d’autres constructeurs de centrales. En bilan économique, une catastrophe pour la France. Macron en est fier.

  2. L’éolien, c’est peut être du vent. Mais le principal c’est que l’Allemagne continue à réduire sa consommation de charbon.
    Boulevard Voltaire semble faire des progrès et considérer, enfin , la responsabilité très probable des émissions humaines de CO2 liées de la consommation des énergies fossiles depuis l’être industrielle dans les changements climatiques récents.

    • L’Allemagne nous achète en grande quantité notre courant a bas prix et ce sont les français qui payent la facture avec des augmentations permanentes.
      Quand au changement climatique vaste embrouille , à l’age des dinosaures il y a eu des hausses de températures et des refroidissement bien plus important (la géologie et les glaces des pôles en porte les témoignages ); l’homme n’était même pas née .

    • Boulevard Voltaire, comme beaucoup d’autres que l’on cloue allègrement au pilori, n’a jamais nié la part de l’humain dans les émissions de gaz à effet de serre. Mais il ont remis cette part à son juste niveau. Et il serait stupide croire que la réduction des gaz à un niveau local permettrait d’éviter tous les problèmes de changement climatique à ce même niveau. La France fait des efforts mais le problème climatique est planétaire et seule un politique mondiale de réduction sera à même d’inverser la tendance. Mais les plus gros pollueurs ne semblent pas dans cette dynamique.

  3. Quand on omet sciemment une catastrophe, ça s’appelle du révisionisme. L’Ademe qui nous dicte quand laver nos vêtements est complice de l’Allemagne qui nous pollue. A l’instar du fameux nuage de Tchernobyl, ceux chargés de volutes de charbon franchissent bien le Rhin alors que notre électricité décarbonnée le franchit en sens inverse.

  4. Ces propos de ce monsieur Vidalenc ne seraient-ils pas concernés si une loi « anti ingérence intérieure » était votée ? Dans un monde honnête oui probablement. Mais en Macronie moribonde à l’idéologie ecolo socialisante, rien n’est moins sûr.

  5. Rapport accablant mis de côté : « Les panneaux solaires accélèrent le réchauffement climatique » (11 Août 2026)
    Un rapport interne d’un groupe de travail semi-gouvernemental suscite une vive polémique aux Pays-Bas. Selon ce rapport, environ 95 % des panneaux solaires installés ces trois dernières années ne compensent même pas les émissions de CO₂ générées lors de leur production et de leur installation, et ce, durant leur durée de vie. Ce document explosif, finalisé fin 2024, a ensuite disparu au sein du ministère néerlandais des Affaires économiques. Il n’est rendu public que maintenant.
    Les centrales solaires sont considérées depuis des années comme un pilier central de la politique climatique néerlandaise. Selon le discours officiel, elles sont censées contribuer significativement à la lutte contre le réchauffement climatique en produisant de l’électricité sans CO₂.
    À ce jour, environ 10 millions de panneaux solaires, d’une capacité installée totale de 30 gigawatts, ont été installés aux Pays-Bas. Par temps ensoleillé, elles produisent désormais environ deux fois plus d’électricité que le pays n’en a besoin. Des terres agricoles fertiles ont été sacrifiées au profit d’immenses parcs solaires, et les toits se sont couverts de panneaux solaires à une vitesse record grâce aux subventions gouvernementales. Au total, ils couvrent aujourd’hui une superficie d’environ 20 kilomètres carrés.
    Mais un rapport récemment publié dresse un tableau bien différent.
    Un temps d’amortissement carbone supérieur à la durée de vie des panneaux

    • Et s’il n’y avait qu’elle. La France prêterait de l’argent au Qatar et à l’Arabie saoudite si elle ne balançait pas le sien comme elle le et l’a fait. Cela me fait penser qu’il y a des Assos et un parti qui se préoccupent de la chose. Cela ne fait pas beaucoup.

  6. Il n’y a pas de transition énergétique : trois chercheurs du FMI enterrent le dogme (13 Août 2026)
    Ce document aurait mérité la une partout. Il est finalement passé inaperçu, et ce n’est pas dans les médias mainstream que vous le trouverez.
    Fin juillet, trois chercheurs ont publié sous le sceau du FMI un article de recherche au titre quelque peu aride, « The Generalized Jevons Paradox and the Future of Energy » (Le paradoxe de Jevons généralisé et l’avenir de l’énergie). Son contenu, lui, est explosif et risque de troubler celui qui n’y est pas préparé : La transition énergétique, ce pilier de trois décennies de politiques publiques, de taxes et de sermons, n’existe pas dans les données.
    Premier constat : à l’échelle mondiale, les énergies ne se remplacent pas, elles s’additionnent. Le charbon n’a jamais chassé le bois, le pétrole n’a jamais chassé le charbon, et les renouvelables ne chassent pas les hydrocarbures. Détail savoureux relevé par les auteurs, l’humanité brûle davantage de biomasse aujourd’hui qu’en 1800.
    Deuxième constat : plus on gagne en efficacité, plus on consomme au total. C’est le paradoxe formulé par Jevons en 1865, que les auteurs généralisent à l’ensemble des énergies et des matériaux. Conclusion logique et dérangeante, la part des fossiles peut baisser dans le mix pendant que leur consommation absolue continue de grimper. Ce qui est exactement ce qui se passe aujourd’hui.

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