« Protégeons les filles » : la mystérieuse campagne pro-excision qui fait débat au Mali – et en France

La persistance de l’excision en Afrique fait écho à une réalité française : 139.000 femmes sont concernées.
Capture d'écran.
Capture d'écran.

Vous avez peut-être vu passer ces affiches de campagne sur les réseaux sociaux. Réalisées à l’aide de l’intelligence artificielle et ouvertement provocantes, avec le dessin d’un rasoir accompagné des slogans paradoxaux, « Oui à l’excision » et « Protégeons les filles », elles font le tour d’Internet, ces derniers jours, et suscitent les débats qu’elles semblent précisément chercher à provoquer.

Arborant les visages de plusieurs personnalités maliennes, dont certains imams ou se présentant comme « Dr imam », ces posters semblent promouvoir le maintien de la pratique des mutilations génitales féminines au Mali, au nom de la nécessité de « construire l’avenir » des jeunes filles grâce à la « sensibilisation », à « l’éducation » et à « la mobilisation communautaire ». Une pratique qu’il est difficile d’éviter dans ce pays où « décider de s’en défaire peut revenir à s’exiler socialement », explique, au Figaro, la directrice régionale du Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles (GAMS), Alissata Ndiaye.

Une campagne en réponse à celle lancée en France ?

Vraie ou fausse campagne en faveur de l’excision ? Accusées par certains sites pro-russes d’être une tentative de déstabilisation du pouvoir malien en place, ces affiches semblent surtout faire écho à une autre campagne, déployée cet été en France par le gouvernement sur un millier d’Abribus™, pour alerter sur les risques d’excision lors des séjours dans les pays d’origine où cette pratique demeure répandue, notamment pendant les vacances estivales.

Dans le monde, et majoritairement en Afrique noire, pas moins de 230 millions de femmes sont en effet concernées par les mutilations génitales, selon l’UNICEF. Et au Mali, qui ne les interdit toujours pas explicitement malgré des campagnes de prévention, elles seraient 89 % à les avoir subies.

Devant ces publications, les associations féministes africaines se sont vite emparées du sujet pour rappeler les dangers de l’excision, mais, à l’image de la popularité de cette pratique rencontrée dans nombre de pays d’Afrique, certains commentaires publiés sous les affiches donnent un aperçu des mentalités qui ne sont pas prêtes à accepter l’abandon de cette tradition culturelle et religieuse. Sur Facebook et Instagram, plusieurs internautes francophones en prennent ainsi la défense :

« Nous ne sommes pas des Occidentaux mécréants mais plutôt des musulmans avec un esprit, une vision et un regard musulman », rétorque, ainsi, un utilisateur sur Facebook, qui cite plusieurs fatwas pour appuyer son propos, tandis qu’un autre écrit : « L’excision n’est pas une obligation mais le prophète Muhammed ne l’a pas interdite mais plutôt il a enseigné comment faire pour la femme et cela sera bénéfique pour son mari. » Un troisième fait valoir le poids des traditions et des croyances qui « méritent le respect [car] vis-à-vis de l’excision nous devons respecter ce que dit notre religion et notre coutume tout en respectant la santé de nos filles ». Et un autre y voit « un sujet de déconcentration pour nous faire oublier l'essentiel ».

Montage BV.

En France, 139.000 femmes concernées par l'excision

Des réactions qui peuvent sembler éloignées des préoccupations françaises, et pourtant, l’excision est, en France, une réalité en expansion. Près de 139.000 femmes excisées y vivent aujourd’hui, selon le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, qui mène depuis plusieurs années des campagnes de prévention, notamment avant les départs en vacances.

Un constat qui soulève encore chez les élus des interrogations sur l’efficacité de la lutte menée en France. Dans une question au gouvernement déposée en janvier 2025, le député RN René Lioret alertait déjà sur le peu de moyens consacrés à la prévention et demandait à l'État des comptes sur l'inefficacité des poursuites contre les familles soupçonnées de complicité. Ce 19 août, le député UDR Alexandre Allegret-Pilot a d'ailleurs annoncé déposer « une proposition de loi pour que les parents exciseurs ou complices soient IMMÉDIATEMENT déchus de la nationalité française et de l’autorité parentale ». En attendant que des décisions politiques efficaces soient prises, le phénomène ne fait que croître. En Île-de-France, il n’y aurait pas moins d’une femme sur dix concernée par l’excision en 2026.

Vos commentaires

116 commentaires

  1. Le député udr lance une pétition en ligne .
    Pétition lancée par Alexandre Allegret-Pilot. Elle sera remise, avec la liste des signataires, aux présidents des groupes parlementaires et aux commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat.
    Loi Allegret-Pilot : déchéance de nationalité et d’autorité parentale pour les exciseurs et leurs complices

  2. pourquoi tout ce bruit contre cette methode ???alors que bientôt ils serront les plus nombreux en France grâce a nos élites de gauche ,ils porront dicter leurs lois en France comme déja dans certains de nos quartiers et il y a des Françaises qui n ont pas ecore compris

  3. Voir tous ces hommes sur les affiches, prônant la mutilation des femmes est un véritable scandale ! Surtout en sachant à quel point l’excision affecte les femmes dans leur chair ! La peur, les pleurs, la souffrance puis les souffrances qui sont le lot de ces mutilations sont occultées par des propos qui tendent à présenter ces actes archaïques, cruels et dangereux, comme bénins et salvateurs. Le mensonge à l’état pur ! Ce qui est également incompréhensible c’est que grand-mères et mères soient complices sur leurs filles, petites filles, de ce supplice ! Des douleurs et conséquences dans la durée, sur toute leur vie de femme ne s’oublient pourtant pas ! Dès lors, on se demande comment faire pour que la mentalité des femmes, elles-mêmes, change, évolue dans le bon sens. Et il est intolérable de savoir que ces pratiques ignobles sont pratiquées, aussi, en France. Restez dans vos pays obscurantistes !

    • Ce sont les femmes qui pratiquent cette horreur, les hommes ne devant pas être là en théorie, oui vu qu’elles y sont passées comme vous dites, les autres doivent le faire, en plus lame pas toujours bien propre, au point de vue sanitaire on repassera sans compter des fillettes qui meurent d’hémorragie

  4. « vis-à-vis de l’excision nous devons respecter ce que dit notre religion et notre coutume ». Prochaine étape : le grand retour de l’anthropophagie. Dépéchez-vous, les respectueux, les pères blancs, mets de choix dans la marmite, sont en voie de disparition.

  5. Comment une femme saurait-elle que son mari est nul comme amant, puisqu’elle ne saura jamais ce qu’est le plaisir ? Ainsi, elle ne risque pas de le tromper. DONC c’est la peur d’être cocufiés qui incite les hommes à promouvoir l’excision. CQFD.

    • Peut-être qu’il n’y a que des hommes qui s’expriment sur ce sujet, donc les paroles, mais les actes ce sont les femmes, et c’est là le problème. J’ai lu que pour leur faire subir cette horreur les petites filles sont maintenues de force par plusieurs femmes du village, parfois leurs propres mères ou grands-mères !

  6. Ces publicités anti excision sont aussi peu compréhensibles que les publicités à Paris pour inciter à jeter mégots et encombrants convenablement : « votre armoire n’ira pas seule à la déchetterie » accompagné d’un dessin rigolo.
    Les publictaires doivent comprendre que le second degré est inaccessible à une majorité et à plus forte raison à des gens qui maîtrisent peu ou mal notre langue.

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