Le préfet de police a décidé, au dernier moment, d’interdire une manifestation organisée par le collectif Marchons enfants ! et prévue pour se tenir le 25 février 2020, à 19 heures, sur la place Georges-Clemenceau à Paris, en protestation contre le projet de loi Bioéthique. La Manif pour tous, membre de ce collectif, annonce intenter un référé-liberté contre cette décision qui tombe moins de 24 heures avant l’événement.

Depuis 2012, de très nombreuses manifestations, dont certaines de très grande ampleur, ont été organisées par la Manif pour tous. Ces manifestations ont été calmes, familiales, paisibles, sans dégradations, sans autre violence que celle parfois importée par des groupuscules LGBT (et des policiers infiltrés jouant le rôle de provocateurs ?). Il est profondément révoltant de voir qu’après tant d’années où ces manifestations ont été irréprochables, elles sont brimées par un arbitraire policier. Devra-t-on déplorer, dans les prochains jours, des mises en garde à vue préventives pour port de sweat-shirt « Liberté Égalité Paternité » ? Verra-t-on, de nouveau, des forces du désordre pulvériser le contenu de leurs bombes lacrymogènes sur des enfants ? Devra-t-on déplorer de nouveaux coups de tonfa sur des Veilleurs ou des Sentinelles pacifiques ?

La « République en marche forcée » veut sans doute réformer, au pas de charge et tous azimuts, sans se soucier le moins du monde de ce qui rend la vie en société harmonieuse : le débat. C’est vrai pour les retraites où le court-circuit du recours à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution est de plus en plus ouvertement envisagé et préconisé par des barons de la Macronie. C’est aussi vrai pour le funeste projet de loi Bioéthique qui ouvre la porte à maintes transgressions : sans père, congélation des ovocytes, diagnostic préimplantatoire, etc. La nomination d’Olivier Véran, très clivant, est à ce titre un fort mauvais signal.

Il faut postuler que les responsables politiques, même atteints de « hors-solisme », sont capables de percevoir combien le tissus social est éclaté, déchiré, émietté. Le chaos du tous contre tous, déjà insupportable sous les très clivants Sarkozy et Hollande, devient chaque jour pire. Il est alors absolument sidérant que, sans se soucier de recoller les morceaux, la Macronie accélère, s’exonère de respecter l’éthique du débat et méprise son opposition au risque de fragmenter toujours plus.

Mon dernier billet donnait partiellement raison à Brune Poirson, qui criait au loup du totalitarisme. Cette décision liberticide est une confirmation, et l’autoritarisme – n’en déplaise à – est bien là, qui pèse sur les dissidents insensibles aux lumières du progressisme et du transhumanisme labellisé En Marche !

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