Sans prétendre que le suspense était insoutenable, on attendait tout de même le millésime 2020 du prix Nobel de la paix avec impatience. Les bookmakers anglais, toujours en pointe dans ce genre d’événement, avaient rendu l’oracle, quasiment sûrs de leur coup.

Dans leur tiercé de tête, l’Organisation mondiale de la santé, Greta Thunberg (qu’on ne présente plus) et Jacinda Ardern, le Premier ministre néo-zélandais. Pas de chance, c’est le Programme alimentaire mondial (World Food Programme dans la langue de Benny Hill), organisation internationale luttant contre la faim dans le monde, qui est sorti du chapeau.

Les pronostics des parieurs avaient néanmoins de quoi laisser dubitatif.

L’OMS ? Un choix hasardeux, étant donné la manière passablement erratique dont cette organisation internationale gère la pandémie coronavirienne. Mais après tout, pourquoi pas, on a déjà vu plus incongru.

En revanche, Greta Thunberg… Pourquoi une telle distinction ? Pour son minois de hamster constipé ? Pour son sourire si doux qu’on la verrait bien dans un remake de L’Exorciste, le chef-d’œuvre de William Friedkin ? Si, bien sûr, on allait oublier : il y a son action en faveur de la planète. Un hobby tout bénef que de sauver l’humanité, qui prend tant de temps qu’elle ne doit même plus avoir celui de ranger sa chambre, sans compter que ça permet de passer à la télé – le rêve de tous les gamins. Pas de chance, les 950.000 euros lui passeront, eux, sous le nez. Quand on pense au nombre de caramels mous et de roudoudous qu’elle aurait pu se payer avec un tel argent de poche, c’est vraiment pas juste.

Jacinda Ardern ? Toujours la même question : pourquoi ? Certes, les médias la prennent déjà pour une sainte ; logique, cette écologiste parle comme si elle marchait sur l’eau. Elle fait même des miracles, étant tombée enceinte durant son mandat, laissant ces mêmes médias tout esbaudis devant un tel tour de force. Son autre fait de gloire ? Après les attentats perpétrés contre deux mosquées de Christchurch, elle a déclaré : « Beaucoup de ceux qui auront été directement touchés par la fusillade pourraient être des migrants en Nouvelle-Zélande. Ce sont peut-être même des réfugiés ici. Ils ont choisi de faire de la Nouvelle-Zélande leur maison et c’est leur maison. Ils sont des nôtres. » C’est mince. Mais après tout, Barack Obama a bien reçu ce prix après seulement neuf mois d’exercice à la Maison-Blanche.

On notera que, l’année dernière, le palmarès de cette fashion week humaniste était un peu plus présentable, avec la mise à l’honneur du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, qui avait réussi à conclure un début de paix avec son turbulent voisin érythréen ; ce qui n’est pas tout à fait rien. Pour ce cru, de deux choses l’une. Ou le jury était en panne d’imagination, ou il a signifié une certaine lassitude vis-à-vis du culte planétaire dont Greta Thunberg est l’objet et autres dingueries sociétales. À moins – autre hypothèse qui fait froid dans le dos -, voulant qu’il s’agisse d’un complot mêlant misogynie, racisme anti-suédois et écolophobie. Pour en savoir plus, il convient d’attendre la réaction d’Alice Coffin.

En attendant, et ce, malgré la légitime méfiance qu’on est en droit d’éprouver à l’égard de ces machins supranationaux dont le moins qu’on puisse prétendre est qu’ils ne sont pas toujours les meilleurs amis des nations, on dira que nous avons échappé au pire. Ainsi, cet organisme fondé en 1961 et intégralement financé par des contributions volontaires a, pour la seule année 2019, distribué quinze milliards de rations à quelque 97 millions de petits Terriens dans 88 pays différents.

Voilà au moins qui est tangible. Grâce à ce Programme alimentaire mondial, il y a des malheureux qui mangent. Tandis qu’une Greta Thunberg et Jacinda Ardern auraient plutôt tendance à se goinfrer d’honneurs médiatiques tout en nous gavant, telles des oies.

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