Emmanuel n’a jamais vraiment renoncé à son ancien métier de banquier d’affaires. Depuis qu’il est arrivé aux affaires (de l’État), et pas seulement à l’Élysée, mais aussi avant, comme conseiller de François Hollande, et comme ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, il a organisé la vente à la découpe du commun des Français : ses grandes entreprises. Dernier épisode : la privatisation en cours d’ADP et d’Engie.

Difficile de trouver, aujourd’hui, quelqu’un pour défendre la privatisation des autoroutes orchestrée il y a quinze ans par Dominique de Villepin. Les 15 milliards d’euros déboursés alors par Vinci, Eiffage et Abertis pour mettre la main sur 9.000 kilomètres d’autoroutes déjà amortis pèsent bien peu au regard des quelque… 27 milliards d’euros de dividendes que ces concessionnaires ont versés à leurs actionnaires depuis les privatisations !

27 milliards d’euros, ponctionnés dans la poche des Français, en particulier ceux qui doivent prendre leur voiture et l’autoroute pour aller travailler, et qui, au lieu d’atterrir dans les caisses de l’État et de contribuer à le désendetter (on peut toujours rêver), ont servi à enrichir des rentiers.

La privatisation de la Française des jeux (FDJ) engagée brutalement par le gouvernement parce que celle d’Aéroports de Paris (ADP) patinait, en raison de la levée de boucliers qu’elle suscitait, est de la même veine. Comment expliquer, justifier, comprendre que le monopole d’État de l’organisation de loteries et jeux de hasard, monopole institué pour protéger les citoyens des dangers de l’addiction au jeu en limitant l’offre, puisse avoir été abandonné du jour au lendemain ? L’excuse de l’ouverture du capital au public ne leurre évidemment personne.

Sans compter que la plus-value facile réalisée par 500.000 contribuables plus malins que les autres, mais surtout, plus en fonds que les autres (il faut avoir de l’argent devant soi pour acheter des actions, aucune banque ne finance à crédit l’achat d’actions, c’est évidemment interdit), est doublement choquante. Plus-value réalisée sur le dos de l’État.

Il n’y a pas beaucoup de « Français périphériques » parmi les nouveaux actionnaires de la FDJ. Il suffit de demander à n’importe quel directeur d’une petite agence Crédit agricole rurale pour le vérifier. Il n’a pas passé un seul ordre d’achat pour ses clients, alors que l’on faisait la queue devant les agences bancaires pour passer des ordres place Victor-Hugo, rue de Bassano et avenue de la Motte-Picquet à Paris.

À suivre…

31 décembre 2019

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