Dans le domaine de la facétie électorale, on n’arrête pas le progrès, et ce progrès nous est venu récemment d’une pétition d’intellectuels et d’artistes engagés dans la gauchitude permanente. Pétition à peine écrite et, aussitôt, retombée dans le néant où elle aurait dû rester.

Le site Mediapart publiait, en effet, il y a quelques jours, un appel pressant et désespéré pour que Christiane Taubira, la conceptrice de la loi sur la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité et la mère porteuse du mariage pour tous, réunisse, sous sa bannière arc-en-ciel, les forces de la gauche plurielle et soit candidate aux élections présidentielles.

« Nous pensons », écrivaient-ils, « que vous pouvez être décisive dans la réalisation de ce mouvement [la réunion des forces progressistes] car votre parole est unique ».

Et l’on se demande ce qui peut pousser des gens à faire ainsi appel à tous ces vieux totems de la la plus politicarde, et faut-il qu’ils ne sachent plus à quel saint électoral se vouer pour prendre pareille initiative ! Car lorsqu’on voit l’état de délabrement ou de déliquescence dans lequel ces gens ont mis notre pays, que peuvent-ils espérer, en un temps où il faudrait un grand homme d’État, d’une présidence pareille qui l’enfoncerait un peu plus dans la ruine et le ridicule, alors qu’il y est déjà suffisamment ? Qu’elle fasse voter une loi autorisant la GPA et l’identité transgenre ou homo-bicéphale ? Ou une autre légalisant la polygamie et le confinement de salut public ? Ou une autre instituant le 25 km/h sur les autoroutes et la multiplication de dos d’âne à l’entrée des villages, alors qu’il y en a déjà tellement de face dans les villes ?

Cependant, il m’est apparu que cette pétition, si elle semble totalement dénuée de bon sens, ne manquait pas de vertus hilarantes. Et comme rien n’est plus réjouissant et relaxant que de rire un bon coup lorsque l’occasion nous en est donnée, je me suis dit qu’il y avait sans doute là un terrain propice et une piste à creuser. Et, cherchant à mon tour d’autres vieux totems venus des profondeurs d’un passé révolu, j’ai imaginé plusieurs autres candidats qui pourraient donner toute satisfaction à nos pétitionnaires et, par là même, nous faire rire un moment, si notre icône de la démocratie au Festival Py d’Avignon déclarait forfait.

Dans la série des vieux totems qui se sont longtemps desséchés au soleil et à la pluie des plaines du Far-West et ont reçu les coups et blessures des tomahawks, pourquoi pas la bravissima Ségolène, la déesse des pôles ; pourquoi ne pas demander, aussi, le retour de Manuel Valls de Barcelone afin d’instaurer le culte de Tartarin et des valeurs de la République ?

Ou, encore mieux, car il viendrait de plus loin encore dans le temps, sinon dans l’espace, pourquoi ne pas appeler Jack Lang, en voie de sultanisation à l’Institut du monde arabe, pour qu’il revienne défendre les valeurs de l’intelligence et de la beauté dont il se voulait, à une époque, l’incarnation ; et l’on verrait l’ex-beau ministre, vibrant et se trémoussant comme une libellule au-dessus du plan d’eau du jardin du Luxembourg, scandant de sa voix chevrotante :

Allons idées, allons redonner l’espérance !

Allons idées, allons sauver la France !

24 novembre 2020

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