Economie - Editoriaux - 30 novembre 2019

Pour un optimisme économique

J’écris ce billet pour répondre aux prophètes de la crise qui s’emballent aujourd’hui autour des théories boursières du Titanic et du Hindenburg dont les voyants sont au rouge.

N’en déplaise à certains, je me considère comme étant un optimiste viral recherchant la croissance plutôt qu’un pessimiste prêchant le fameux prochain . À en croire de nombreux articles économiques, publiés ici et là, il faudrait presque aller se mettre à l’abri dans un bunker antiatomique en ayant prévu des rations de combat pour les années à venir.

Je n’affirme en rien ma connaissance aiguë de l’économie et je ne suis en aucun cas le défenseur de l’économie de marché capitaliste. Je suis simplement réaliste et optimiste quant à la réalité des marchés.

Certains prévoient un prochain krach et décèlent des « cygnes noirs ». Cependant, ces événements peuvent être globalement anticipés (cf. The Big Short, de Michael Lewis, pour la crise de 2008, ou bien Le Cygne noir. La puissance de l’imprévisible, de Nassim Nicholas Taleb) mais ne peuvent en aucun cas être datés, car c’est ce qui les définit : ils surviennent lors d’une cristallisation du marché qui surprend tous les acteurs.

En remontant l’annonce d’un krach prochain à début 2017 à peu près, le CAC 40 a crû, depuis, de plus de 25 %. Tandis que sur des valeurs qui « performent » davantage, comme Air liquide, il était possible de faire plus de 40 % de plus-value, sans compter les dividendes et actions gratuites fournies par le groupe. Libre à vous d’attendre la crise comme le Messie, quoi qu’il arrive, la croissance se poursuivra, que vous en profitiez ou non. Quitte à attendre la crise, préparez-vous des réserves pour réinvestir au plus bas sur des valeurs indémontables.

Je suis pleinement conscient que les indicateurs de toutes parts sont mauvais, que la dette et les déficits sont au plus haut, que la croissance est nulle et le marasme proche. En revanche, je remarque aussi que des secteurs se portent bien et ne sont pas en reste en matière d’opportunités et d’innovations prometteuses : énergie (hydrogène, notamment), sécurité/défense, aéronautique, 5G, santé, nouvelles tendances alimentaires, etc.

En économie, les indicateurs sont intéressants et permettent de se faire une idée macroéconomique, mais ce qui compte avant tout, c’est le climat général. Aujourd’hui, le climat est au plus bas, je le concède volontiers, c’est bien pour cela que je rejoins les économistes dans la considération des maux de notre système.

Alors oui, une crise arrivera, c’est évident, car l’on va de crise en crise ou, je dirais plutôt, de corrections en corrections. En revanche, prévoir la crise, c’est comme prévoir la prochaine pluie en se basant sur l’état d’assèchement de la terre : l’économie réelle a beau être bien asséchée, l’on ne connaît pas forcément la profondeur des racines et la taille des nappes phréatiques qui abreuvent les entreprises. La question n’est pas de savoir quand cela va arriver mais comment s’y préparer pour ne pas la subir.