Le 16 mars dernier, le Président Macron sonnait le tocsin en martelant son discours à la nation d’un « Nous sommes en guerre » peu crédible. Alors que le Covid-19 nous accorde un armistice printanier qui ne doit rien à l’action publique et dont on ne connaît pas la durée, les congés d’été, conquête sociale de temps de paix érigée en droit syndical absolu de l’homme, sont redevenus la priorité nationale. Tout en appelant « en même temps » à l’urgente relance de l’économie dans un pays muséifié et transformé en parc de loisirs.

Dans ce contexte, faut-il rappeler qu’on ne peut durablement sacrifier la production à la consommation quand les maigres gains de productivité sont détournés par des comportements parasites, dont une gigantesque fraude sociale que l’administration encourage par son inaction. Le recours artificiel à la dette publique ne fait qu’hypothéquer un peu plus l’avenir d’une population qu’on incite à partir en congés après trois mois d’inactivité.

Car, quelle que soit la part du secteur du logement, de la restauration et du tourisme dans l’économie nationale, celui-ci est censé être exploité par des Français qui travaillent, au profit de consommateurs français appauvris censés remettre les autres secteurs de l’économie en marche, et des millions de touristes étrangers. , ceux-ci ne sont pas près de revenir visiter en masse l’un des pays qui ont le plus mal géré la crise, contrairement à ce que le New York Times prétend dans un article célébrant, par ignorance culturelle et mauvaise foi politique, la gestion française pour mettre le président Trump en difficulté.

Par ailleurs, la désastreuse loi socialiste des 35 heures, votée il y a vingt ans, a créé une profonde frustration au sein d’une population insatisfaite d’un surcroît de temps libre sans surplus de revenus. L’illusion gauchiste a entraîné un gouffre financier et une incohésion croissante d’une nation avide d’égalité au moindre effort.

Comme pour toutes les autres crises dont la société française est rongée, l’appel martial à la mobilisation civique a cédé la place à une démobilisation morale généralisée, puis à une contestation sociale communautarisée. On reconnaît bien la petite musique macronienne dans cette manipulation collective qui oppose les communautés nationales pour s’imposer en arbitre. À quand la fin de cette guerre des mots et des nerfs ?

En errance permanente, le régime au pouvoir alterne des phases de rigidité politique, d’autoritarisme législatif et de démagogie opportuniste, comme les propos scandaleux du ministre-pénitent Castaner au sujet du pseudo-racisme français, qui n’engagent que lui. Après trois mois de cafouillages politiques, le se fait dans l’anarchie, incontrôlé par des pouvoirs publics autoritaires avec une majorité de Français qui ne posent aucun problème, velléitaires avec une minorité d’activistes de toutes causes antifrançaises.

Or, le bon sens dicte de reprendre au plus vite une activité productive, de reporter les perspectives de farniente en renonçant aux innombrables occasions d’échapper au travail imposées par la loi et des syndicats inconséquents. Mais au pays des droits unilatéraux, le bon sens n’est plus « la chose du monde la mieux partagée » que décrivait Descartes. Autres temps, autres mœurs, c’était quatre cents ans avant que l’État ne se prétende providentiel et que l’ignorance se fasse davantage entendre que la connaissance. Avant que l’État démissionnaire ne décrète, comme le fait le ministre de l’Intérieur, que « l’émotion dépasse les règles juridiques ».

Enfin, on peut être pessimiste sur l’évolution de la société dont on ne voit rien changer, qui ne semble aspirer qu’à revenir au plus vite aux errements antérieurs. On ne voit toujours pas l’amorce d’une vision politique préfigurant une société nouvelle. En attendant, le mieux à faire est de se mettre au boulot !

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