Pour finir en beauté, Macron penserait à une dissolution avant la présidentielle !

Tout faire pour empêcher l'alternance et nuire au Rassemblement national, bien sûr !
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On le sait, un Président en fin de mandat a une préoccupation : montrer qu'il préside jusqu'au bout, malgré l'échéance qui le frappe d'impuissance. Chez Emmanuel Macron, cela se dit : rester le « maître des horloges ». Mais, dans son cas, il y a une seconde obsession : tout faire pour empêcher une alternance sous l'égide du RN. Et pour cela, tous les verrouillages institutionnels sont bons, tous les projets de loi sur le contrôle des réseaux sociaux. S'il y a un sujet sur lequel il n'aura pas manqué d'énergie, c'est bien celui-ci. Et voilà qu'une indiscrétion du Figaro nous apprend que le Président songerait à un coup ultime, juste avant la présidentielle : une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale ! Rien que ça ! Quoi qu'il en soit de la réalité du projet (et l'entourage du président de la République « dément clairement » cette hypothèse auprès de BFM TV, ce samedi 20 juin), le seul fait qu'il l'ait envisagé en dit long sur la déconnexion de ces gens.

« Ça peut tous nous sauver ! »

Pour un Président qui avait présenté sa folle idée de dissoudre en 2024 comme une « grenade dégoupillée » lancée dans les jambes de ses adversaires, ce bégaiement paraît complètement insensé. Et pourtant, ils y auraient pensé. Cette dissolution serait d'abord une dernière affirmation de pouvoir de la part d'un Président démonétisé depuis la précédente. Réussie, elle effacerait l'humiliation. Ensuite, elle contraindrait le nouveau Président élu dès le début de son mandat. Ne serait-ce que par l'impossibilité de dissoudre pendant un an, quelle que soit la couleur du Président et de l'Assemblée. Mais bien sûr, l'idée serait d'influer sur les deux scrutins, présidentielle et législatives. En dramatisant, en poussant au barrage républicain au bénéfice du bloc centriste. On peut imaginer que l'idée serait vendue, avec une super promo du type : alignement des quatre tours, rationalisation, économies, etc. En effet, selon la source citée par Le Figaro, l'hypothèse ne serait « pas totalement folle d’un point de vue constitutionnel » car « les deux scrutins - la présidentielle et les législatives - seraient organisés en même temps, sur deux semaines : les premiers tours en même temps, puis les seconds tours le même jour » et « le Conseil constitutionnel ne pourrait rien dire, d’autant qu’il est totalement à la botte de Macron » : ça, on le savait.

Il serait toutefois difficile, sans modifier la loi, de faire coïncider parfaitement les quatre tours, puisque le délai entre les deux est de deux semaines pour la présidentielle et d'une seule pour les législatives. L'hypothèse n'est pas totalement farfelue, non plus, sur le plan politique : un député cité prétend que cela « mettrait tout le monde sous pression, en tentant un dernier coup tactique pour empêcher le RN d’arriver au pouvoir ». Mais cela mettrait surtout sous pression les élus macronistes, qui doivent fortement douter et qui seraient ainsi appelés à faire campagne pour le candidat à l'Élysée s'ils veulent leur propre réélection. Tel est le calcul qui peut en effet mobiliser les troupes et pousser aux alliances : « Ça peut tous nous sauver ! », comme ils disent. Et pour la présidentielle, cela pourrait avoir un effet rassembleur et marginaliser Glucksmann et Retailleau au profit du candidat centriste.

Une idée folle et dangereuse constitutionnellement

Dans cette Macronie en folie, un peu de lucidité, tout de même : « Moi, je pense au contraire que si Emmanuel Macron faisait ça, confie un député interrogé par Le Figaro, non seulement un Président RN serait élu, mais en plus, il aurait la majorité absolue. »On ne voit pas pourquoi ce tripatouillage institutionnel bis n'aboutirait pas aux mêmes conséquences : nette victoire en voix et en sièges du RN à l'Assemblée sans l'effet barragiste Attal-Mélenchon, discrédité depuis 2024. La manipulation et l'incompréhension qu'elle susciterait se retournerait contre son promoteur, déjà très impopulaire, et jetterait de l'huile sur le feu des rancœurs et des colères : le bébé Macron candidat, qu'il soit Attal, Philippe ou X, en subirait les conséquences à ses dépens.

Mais, surtout, cet ultime accroc aux institutions de la part de Macron créerait un grave précédent, marquant une rupture avec la tradition républicaine. Aucun Président en fin de mandat, depuis de Gaulle, n'a eu la prétention, l'orgueil de verrouiller la suite, de lier les mains de son successeur, d'imposer ses vues au peuple souverain. En tout cas, pas à ce point. Dans un pays que Macron a lui-même rendu hautement inflammable, l'annonce d'une nouvelle dissolution plongerait la France dans une véritable crise de régime.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 28/06/2026 à 5:30.

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

100 commentaires

  1. Vous n’évoquez pas les conséquences d’une majorité législative RN juste avant la présidentielle : la rue et ses répercussions possibles sur le planning.

    • Parce qu’il ne s’est rien passé depuis l’élection de ce triste sire en 2017 ? Pas de grosses manifestations sans débordements stratosphériques, pas de chaos avec l’affaire Nahel (quasi une Révolution) et les Gilets jaunes, mais aussi le confinement obligatoire pour la COVID. Nous avons déjà tout eu pendant 10 ans alors…

  2. Au pays des aveugles le borgne est roi et Macron est borgne. Quoi de plus normal que d’essayer de bloquer ceux qui ont leurs deux yeux et que l’on appelle patriotes ou résistants. Les pouvoirs se sont nourris de l’ignorance des peuples et rien ne leurs fait plus peur que des gens intelligents avec du bon sens? Il se sent comme un cancre qui veut garder son pouvoir de harcèlement pour exister.

  3. Pour moi la meilleure solution est la 6e République ou toutes les lois et ordonnances peuvent être modifiées comme la présidence à vie !!!

  4. S’il faisait une dissolution le RN passerait majoritaire c’est cela que la majorité des Français voudrait; d’ailleurs le RN voulait la dissolution pour virer ce gouvernement d’incapables .

  5. Philippe de Villiers s’interrogeait vendredi soir sur CNEWS , pourquoi Macron n’a pas indiqué la date de l’élection présidentielle en 2027 ?, et le suspectait de vouloir faire comme Zélensky , déclencher une guerre avec la Russie pour supprimer l’élection et rester au pouvoir . Cela en parfait accord avec l’impératrice Ursula, pour accélérer de force la construction d’une Europe fédérale .

  6. La photo lui donne bien l’air de réfléchir à quelle vacherie il pourrait faire aux Français qu’il déteste, avant de partir.

  7. Il n’est pas a une c…..près, la dernière fois, cela lui a rapporté, alors pourquoi ne pas recommencer ! ! !

  8. Peut être espère t il une guerre au côté de l’Ukraine ce qui bloquerait la présidentielle 2027

  9. MERCI de rappeler ici [… ]Pour un Président qui avait présenté sa folle idée de dissoudre en 2024 comme une « grenade dégoupillée » lancée dans les jambes de ses adversaires,[…] et il aurait rajouté …. on va bien rigolé !
    Il a compris que le RN est à la porte de l’Elysée, et vous le voyez remettre les clés à Marine Le PEN ou J. BARDELLA …….. quelle HONTE pour lui.
    Donc il a compris le que RN va gagner, alors, il fera tout pour l’empêcher d’avoir la majorité à l’Ass. Nat…. et mélenchon va l’aider !

  10. Une dissolution dans les semaines qui viennent ne serait pas inutile pour bloquer le passage en force du funeste projet de loi sur « l’aide à mourir ».

    Je n’ai toujours pas compris en quoi la loi Claëys Léonetti actuelle serait insuffisante. Elle permet déjà que l’équipe soignante, sans tuer le patient qui ne souhaite plus vivre, décide de le placer sous sédation profonde et continue jusqu’au décès. La décision d’accéder à la demande du malade appartient à l’équipe soignante, en lien avec sa famille.

    Certes, avec le projet de loi bientôt soumis au vote, la décision appartiendra au malade qui pourra décider du jour de sa mort et imposer sa décision à l’équipe soignante.
    Donner cette ultime liberté aux malades justifie-t-il une nouvelle loi ?
    Elle va dénaturer le rôle des soignants (qui est de soigner), et des politiques (qui est d’aider à vivre). Ecrivez à vos députés (NB : une lettre perso vaut mieux que 100 lettres « types »)

  11. De sources obscures Brigitte va faire connaître sous peu sa candidature. Aidée par la presse pipol et tous les médias l’affaire est dans le sac (Vuiton). Le couple machiavélique reste 5 ans de plus à l’Elysée.

  12. Il y a un 14 juillet FRANCAIS qui s’organise à Montparnasse, alors boycottons l’officiel pour lui donner tort une dernière fois !
    J’attends toujours la date des prochaines présidentielles, maintenant je comprends mieux.

    • @devez jose

      C’est fin avril 2026 que Macron devait, selon l’usage de TOUS ses prédécesseurs, annoncé les dates pour 2027. Cela fait donc deux mois que Macron fait traîner les choses. Et ce n’est pas un oubli, car un oubli cela se rattrape. Macron mijote certainement un très mauvais coup en vue de faire du Zelensky. Le type d’Ukraine aurait du faire des élections depuis 2024 et se maintient au pouvoir depuis. Macron, en jouant à la guerre avec la Russie, aurait le parfait prétexte de jouer, à nos dépends et quoi qu’il nous coûtera, le mec qui se maintient au delà de 2027. La « démocratie » est désormais un paillasson sur lequel la caste s’essuie les pieds! Plus cette caste parle de « démocratie » davantage elle en piétine les principes de base.

  13. Pour reprendre l’oiseau de passage, il ose tout, et c’est d’ailleurs à cela qu’on les reconnaît !
    Mémorable définition d’un certain type d’individu dans les Tontons Flingueurs de glorieuse mémoire

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